dimanche 24 mai 2026

PREMIER MATIN DU MONDE

 

 

Premier matin du monde

Vallée de peau tremblante

Tes jambes immenses, fumée cachée

Par une brume enrobée immobile

De douleur bleue


Premier matin d’été pentu

Deuxième été de toi-même

Éternité Lumière

Des années perdues

Ta peine,là


Noces folles du ciel et de la terre

Grand oui solaire

Chaud baiser polaire


Tes seins, larmes de chair

Dans le désert vert coulant

L’amour fou des larmes

Fontaine secrète au milieu

Du sang nocturne répandu

Je savais, je sais, j’ai su


Entre vie et mort d’âme

Rendez-vous d’été rêvé

Où rendre armes et larmes


Sur lit de mousse confortable

Dormir enfin sans fin sa mort

Sans cette épée de Damoclès

dans l’aine bleuie


Au pied du mur, sans honte, bue

l’Arbre Maudit libéré

Sanctifié, bénédiction verticale

Et transversale en toi

Tu sais


Seul mât de vie restante

Aimée en forêt vierge napalmée

Premier matin d’été montant

Sur les calcinations sociales


Loin des Golgotha

La Croix Celtique en son granit

De vieux cadran solaire

Défie les temps nouveaux

Des mêmes hégéliens malades


Ses menhirs sauvages dispersés

Brisés sur ta lande lunaire

Prenant leur temps perdu d’avance

Broutent notre paix cachée


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