Premier matin du monde
Vallée de peau tremblante
Tes jambes immenses, fumée cachée
Par une brume enrobée immobile
De douleur bleue
Premier matin d’été pentu
Deuxième été de toi-même
Éternité Lumière
Des années perdues
Ta peine,là
Noces folles du ciel et de la terre
Grand oui solaire
Chaud baiser polaire
Tes seins, larmes de chair
Dans le désert vert coulant
L’amour fou des larmes
Fontaine secrète au milieu
Du sang nocturne répandu
Je savais, je sais, j’ai su
Entre vie et mort d’âme
Rendez-vous d’été rêvé
Où rendre armes et larmes
Sur lit de mousse confortable
Dormir enfin sans fin sa mort
Sans cette épée de Damoclès
dans l’aine bleuie
Au pied du mur, sans honte, bue
l’Arbre Maudit libéré
Sanctifié, bénédiction verticale
Et transversale en toi
Tu sais
Seul mât de vie restante
Aimée en forêt vierge napalmée
Premier matin d’été montant
Sur les calcinations sociales
Loin des Golgotha
La Croix Celtique en son granit
De vieux cadran solaire
Défie les temps nouveaux
Des mêmes hégéliens malades
Ses menhirs sauvages dispersés
Brisés sur ta lande lunaire
Prenant leur temps perdu d’avance
Broutent notre paix cachée
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