Post initialement mis en ligne sur darkhaiker pearltrees, notamment en lien avec deux textes de Clausd dans le dossier : http://www.pearltrees.com/darkhaiker/economie-solidaire-ou-guerre/id14820434
De supposition en supposition, ils en arrivent
à offrir un membre, à sacrifier un peu de leur
peau pour sauver le reste. Chacun choisit sa
blessure : un œil, une main, une jambe.
R. DORGELÈS, LES CROIX DE BOIS
Le carburant du système de puissance, c'est le recyclage énergétique en circuit fermé, comme moteur du simulacre en orbite. « On ne peut pas vivre hors du marché. » Dixit un économiste qui parle de notre racine système.
Le
propre du système de puissance matérielle est de ne pas
être, mais de fonctionner,
d'exister : le monde matériel pur sur lequel il est construit
est automatisme de
transformation permanente,
transsubstantiation, auto-dévoration,
recyclage, auto- et
pan-consommation.
Rien ne disparaît, tout subsiste, mais déformé,
détourné, dégradé,
infiniment dégradé,
jusqu'à la fin de la mécanique des cycles descendants
physico-chimiques.
Dans
ce contexte, rien de ce qui est principe vital libre de
ces cycles ou raison supérieure de leur ordre n'apparaît
plus, seul de
dégage un chaos, un
stock brut de formes vidées
de vie propre,
intérieure,
stérilisées
avant recyclage.
Il est vrai que l'énergie disparue
manque tragiquement,
mais elle est comblée par la comédie de
l'énergie dégagée ou
mobilisée par sa
disparition même, celle nécessaire à brûler son cœur
être, tirée de
l'énergie retournée, altérée
de ce même être-force motrice
transmuté en matériau
fonctionnel.
Si
Satan lui-même n'avait été un ange supérieur
d'où, déchu, aurait-il
pu tirer sa puissance ?
L'infinie dégradation
nourrit son propre mal à partir de la valeur première,
illimitée, naturelle
ou divine bonne,
donnée, elle,
dans son absolue
relation unifiée au
monde. C'est pourquoi, comme dans toute propagande et propagation, le
mal est un simulacre du bien, et
le chaos machinique dickien
qui nous attend dans la guerre totale qui se prépare cran après
cran, celui de l'ordre.
« The machine that we built would never save
us » (Jimi Hendrix).
Privée
de ses principes supérieurs, la matière que nous sommes
partiellement, chute. Mais dans l'inversion parodique
sataniste de ces principes universels, elle se dégrade en
monstruosité sous-humaine. Quand les anciens n'étaient que pure
bestialité barbare dans leur guerre primaire, on devine le lien
caché entre une certaine science technicienne et un certain
commerce de guerre, celui qui fait passer le crime et sa paie
du stade artisanal de masse à l'industriel de masse et crée son
économie propre, florissant sur les champs de cadavres contre toute
sagesse supérieure, leur ennemi commun enfin défait.
Cette
alliance officielle, scellée il y quelques siècles en occident sous
le prétexte vertueux de façade ou d'intention, pour les naïfs –
leur lointaines victimes collatérales, d'en finir avec les
horreurs des guerres de religion, a fabriqué la guerre moderne,
rationnelle, pacificatrice par la soit-disant vertu de
l'équilibre des terreurs et des intérêts liés. Elle s'est
construite et développée impunément, cette alliance maudite, dans
l'imaginaire des consciences mêmes : des consciences modifiées
et hallucinées par la peur panique et la
passion avide.
D'un
autre côté, ces illusions d'alternatives révolutionnaires de
justice sociale et de productivité humaniste positivistes, de
« prospérité » et de « paix », ont créé
des pseudo-valeurs de pure inversion. Mais les noces d'un
commerce et d'une science sans conscience ni odeur auront été
finalement de courte durée. Puisque la science financière se
sépare définitivement de la véritable, désintéressée,
fidèle aux vrais principes de réalités que le post-humanisme tente
tragi-comiquement de dépasser et de diminuer, d'atomiser et
finalement de liquéfier avec la robotisation à marche forcée
de la vie raréfiée.
La
contradiction éclate de plus en plus, comme les conflits en
archipels, plus encore que d'intérêt, ceux de conscience
malheureuse. La vraie science, nécessairement
pacifiste, objecte, comme un seul Einstein. Elle est devenue
un frein : la « science humaine » de communication
prend la relève et direction des opérations de conditionnement
de guerre : le moral est décisif.
Ces
noces barbares d'une science et d'un commerce autonomes,n'enfantant
que des bêtes mécaniques de guerre, étaient, dans une large mesure
contre-nature : le commerce ne pouvait limiter la barbarie, il
ne pouvait qu'en augmenter la quantité productive. La science
au service de la pure puissance ne pouvait limiter la mutation
nazie de la technologie, son envahissement progressif par une
mystique d'humanisme de droit divin, national, international
ou libéral socialiste.
Le
post-humanisme de la guerre technologique à venir contre la
résurgence fabriquée des anciennes guerres de religion ne
profitera pas à une vraie science pacifiant a posteriori, après
coup, le retour à un monde où la puissance aurait reculé :
elle aura encore avancé, transformant toute conscience libre
en poussière mémorielle, en scorie virale à nettoyer. Il
ne restera plus que des devoirs économico-civiques transformés en
droits de l'homme, comme si l'Hitler des progammes spéciaux
(atome, eugénisme...) avait, finalement, gagné la 3ème guerre
mondiale depuis sa tombe virtuelle.
Ainsi,
toute opposition matérielle à la guerre barbare moderne de masse
ou spécialisée la renforce et fortifie, la vivifie, la
fertilise de son sang. Seule une objection non matérielle la
relativise, la fait flotter dans le bain sale son mensonge,
dans son simulacre médiatique et son imaginaire psychologique. Seule
une objection non personnelle, non égoïste la remet en
question radicalement : il n'y a aucun intérêt en jeu, pas
même celui de l'humanité, il n'y a que des valeurs non-comptables
donc impondérables et imprédictibles.
Comme le remarque
Clausd, elle vient du cœur, pas du sentimentalisme de la petite
enfance de l'humain, mais de cet ancien synonyme de courage.
Ce que les anciens savaient être l'humain dans sa force
illimitée, – limitation que le post-humanisme
psy cherche à lever.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire