"Si vous créez certaines conditions pour amener quelqu'un à agir d'une manière donnée, vous verrez beaucoup plus clairement toutes les implications du problème et, en manipulant certains facteurs, vous pourrez obtenir un effet."Skinner
"Est-ce qu'il y a dans l'homme une liberté et une dignité suprêmes ? Est-ce que la condition humaine peut être transcendée ? Est-ce que la condition sociale peut être transcendée ? (...)
Crânes lisses, têtes ovoïdes, dépourvues d'organes des sens "mais sur lesquels le signe mathématique de l'infini dessine parfois l'emplacement des yeux absents..."M. Lancelot, M. Jean
Tout oublier : non
pas effacer, mais laisser se graver l'éternité au fond de
soi – inconscient non formaté – seule, sans moi ni
personne.
Ne pas savoir ce que l'on
sait, sans le renier, dans un acte spontané formel. Exprimant
simplement l'inexplicable vertu d'une mémoire non diluée, intacte.
Laisser l'issue visuelle
et sonore seules ouvertes au passage. Fleur exotérique naïve,
porteuse discrète d'immortalité traquée par les machines dans la
nuit systémique enveloppant le monde de sa toile huilée comme une
arme de guerre.
Tout absolument tout
oublier – refuser la puissance de la mémoire enregistrée,
l'ignorer comme l'enfance de l'art ignore l'expérimental canonisé
des solidifications massives de vies pétrifiées et empêtrées
de conscience malheureuse.
Être conscient n'est
pas avoir conscience. Seule la grâce de la vie et de la mort
crée cet être-là-avec, le restitue à la lumière, révélant
l'ouverture et l'élargissement.
Il n'y a que la politique
pour prétendre s'instituer en valeur acquise. Qu'est-ce qu'une
mémoire libre sous un crâne ordinaire, sinon une conscience jamais
éteinte ? La conscience n'a pas de fesses pour s'asseoir sur un
concept de, ni de jambes à son cou pour fuir ce qui est. Elle est
avec, par delà la fusion ou l'effusion, ni mobile ni
immobile. Elle ne brûle pas d'être : elle est ce qui
brûle, avec ou sans douleur, selon le temps ou le lieu. Face au
statique étatique comme au flexible fuyard.
Flamme errante dans les
circuits nerveux et neuronaux, sentimentaux et génétiques, logiques
et intuitifs, physiques et métaphysiques, insaisissable essence sous
son enveloppe naturalisée. Pour que vive une vérité,
si rien n'est jamais acquis, tout est perpétuellement donné
et pardonné, à la condition taoïste de savoir sans savoir et
d'être sans être dans un avoir sans avoir. Libre comme le loup ou
le cheval sauvage des steppes perdues d'un imaginaire in-construit,
fondateur, initiateur final, déposé au fond de tout vent
comme réponse dans la question qu'il ne faut plus formuler.
Celle de la vie avec la vie : la vérité est l'eau vive et
subtile des montagnes insurmontables. L'eau ne parle pas, elle
chante en courant.

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