Les Fragments étaient un contre-point, kerouaquiens, pourquoi pas, à
des sentiments plus maritimes, ou non commerciaux au sens
philosophique si on veut, tels qu'Eliade en parle si bien dans son
Océanographie. Il serait satisfaisant de dire qu'Océanographies et
Fragments font l'amour dans la tête d'une libre et appétissante
sagesse naturelle, mais apaisée et même détachée absolument. Un
Oui retenu par delà la tragi-comédie, comme volonté de
non-puissance. Océanographies sont un Oui ouvert, une plage
submergée à découvert, avec tout dépôt de la vie telle
quelle, pas le dépotoir supposé des tenants logomachiques de son
« latrinaire » cirque romain. Perçus sous un angle
spirituel, ils sont la matière, première au sens strict, de cette
mesure mère. Son Orient.
« L'argent
va à ceux qui l'honorent. » Alain
Évidemment,
Alain a raison. Le seul problème est de ne pas pouvoir conserver sa
religion dans un monde où la financière est d’État : on est
obligé de faire semblant de l'honorer, et elle voit
cette simagrée du haut de son imposture, de sa dictature, du
haut de son ciel moderne : son « autorité spirituelle »
nous punira, Big Brother, « nous regarde. » Ou plutôt
ses fonctionnaires, ses factionnaires. Pour que son monde
technicien fonctionne, il lui faut quelque chose, à cette idole, –
paradoxe ! – dont elle ne reconnaît pas l'existence :
notre âme, notre conscience, notre cœur.
Ces
gens-là, qui n'ont plus tout ça, ne sont plus des gens. Nés pour
diriger, formés et vivant entre eux, ils sont nés handicapés
sévères : graves, ils vivent mal, pensent mal, fabriquent
le mal et finissent mal. Il faut avoir la charité bien ordonnée de
dire leur vérité, celle qui n'est pas bonne à entendre, au
sens de comprendre. La vérité est qu'ils sont loin des gens, très
loin des gens, loin des yeux et du cœur, ce qui leur permet de juger
l'humanité citoyenne positive et libre, ou aspirant à l'être dans
un besoin fondamental éternel nié, comme une pure
trahison du devoir d'obéissance qui leur est dû à eux,
« trahison » tellement éloignée, ici-bas, de
leurs intérêts magistraux,
qu'ils imaginent supérieurs et
non négociables.
A
cette distance-là de
la réalité humaine, ils croient comme
des martiens, pensent, et
légifèrent, martiaux,
en son nom – pour son bien. Si loin de la réalité,
dont ils se réclament, du côté
fantasmé de la leur, la supérieure matérielle avec monopole légal
de la violence pour asseoir son décor imaginaire et
obligatoire au
beau milieu d'un
réel établi comme un
comptoir colonial dans les
têtes. Pour
s'asseoir sur elle, comme sur un meuble, puisque tout n'est qu'un jeu
de dupes et de vitesse sur sa prétendue mobilité
adaptative, évolutive, progressiste, productive.
« Tout
est permis » pensent les financiers
de droit divin, tous les coups (…) pour le pouvoir et l'argent,
nommés respectivement intérêts du pays, finance ou
économie, à cette altitude de
vérité raréfiée et
réservée. L'argument
suprême étant la « mondialisation » de la pratique
nommée logique de
marché, concert des nations, commerce international,
concurrence, besoin d'investisseurs, retard et sous-développement du
pays, productivité (…). Le
politique, à les croire, comme l'économie, n'ont pas d'autre
définition que celle de la
guerre, ni d'autre raison, ni d'autre nature, ni d'autre fin :
la puissance illimitée pour pouvoir
le plus possible être ce que l'on est – agents
consentants et même héroïques
de cette idéologie et de ces pratiques. Non seulement il faut
collaborer à cette négation historique
de la nature humaine, mais il faut remercier ces messieurs
du mal qu'ils se donnent et surtout,
nous donnent.
Ils
n'ont pas, croient-ils, de comptes à rendre : le
secret des affaires, en effet,
rend pour le moins difficile, incertaine et contre-productive cette
comptabilité-là, opaque comme les vitres teintées de leur voitures
ou de leurs lunettes.
Pas de valeur autre qui compte
pour eux et leur système
que les leurs, au chaud pour l'hiver à
venir de leurs « mesures »,
en paradis artificiels.
Toute forme d'humanité est en effet choquante, manque à gagner,
déloyale, dérogeante, insécure et contre-productive à tous les
termes, surtout le court.
Quoi de mieux ficelé qu'un plan comptable, ce magnifique permis
de trahir et de tuer ?
Ils
trahissent, ils haïssent,
bien sûrs, mais comme
de bons agents
doubles (…), peuvent-ils faire autrement ? On t-ils le choix,
ces nouveaux
aristocrates-serviteurs
d'intérêts de haut vol ? Cette basse-cuisine n'est que
banale, normale, frottée de réalité
– la plus forte, surtout en odeur. Ils n'ont pas peur, eux, de se
salir les mains pour faire le boulot
que les autres ne veulent pas faire : n'est pas un héros qui
veut, si on n'est pas prêt à tout
pour être efficace.
Nimier parla bien de cette collusion idéale, toujours
célébrée par Hollywood,
de l'homme d'affaire et du gangster, du
bankster d'aujourd'hui
(…) On ne peut plus
qu'applaudir, désormais : le monde a changé, interverti
les modèles en douce. Les durs-à-cuire vont le refaire à
leur sauce pimentée ! Rien
du tout
n'est trop tard pour eux, curieusement.
Ils
n'ont pas le choix, ces héros modernes : ils sont contraints,
une fois passé du côté qui corrompt absolument.
Pour avoir des contrats, il faut en passer, passer par là, et au
passage, fustiger, ridiculiser ou terroriser, quand on ne peut pas
les acheter, ceux qui veulent changer le monde des affaires,
l'assainir, l'humaniser, avec leurs
opérations mains propres (…),
ou respecter
les lois sans les détourner. Non.
Ce
qu'il faut changer, c'est le monde des non-affaires, tout ce qui
n'est pas encore de marché, pas
encore privé. Là
on peut cogner. Le seul
réalisme qui vaille
est la violence, et plus c'est violent, plus c'est vrai !
A les écouter, dans « le monde impitoyable dans lequel nous
vivons », pour vivre, être, agir, être pris en compte et
respecté, il faut en
passer par là : fini le bon temps des gens heureux, payés
à ne rien faire qui rapporte
un maximum pour un minimum d'investissement,
assimilé à de l'anarchie et
du privilège, dont ils ont, désormais, avec leurs
méthodes, acquis,
conquis le monopole et les
brevets d'exploitation.
De la Saint Barthélémy à la Saint Valentin, le
chemin finalement, fut court.
Le
pouvoir, son exercice ? Monter les gens les uns contre les
autres : les morts sur le champ de bataille, gueule ouverte,
offrant
naturellement leurs
plus belles dents
en or, il n'y a qu'à se baisser. Plus que des idées
donc, plus ou moins rentables, profitables. Remplacés,
les idéaux, trop lointains.
Les
détours… Non, il ne faut
plus que des désir de démocratie commerciale
directe. Du désir
pur et simple contre la réalité,
prendre celui-ci pour elle, tant
pis pour la facture : on recommencera sans fin, esclaves trop
tard « affranchis ».
Tout
tout de suite, toujours plus que
tout, toujours plus vite. Des
idées pures, comme
dans la publicité ou la propagande, de l'idéel à modéliser, à
« mettre en œuvre ». Images mentales et sentimentales
qui détruisent tout : les structures
contre l'instinct d'humanité, contre l'instinct de vie. La raison
pure, défaisant le monde au nom d'un prétendu principe de
fonctionnement aussi irréaliste
qu'irrationnel, comme si l'être de l'humanité n'était qu'une
machine à régler une fois pour toute ou à chaque seconde, ce qui
revient à la même
chosification. Une
machine à désirer, à vivre, une
machine à rêves.
Le
cerveau plutôt que le cœur, là où loge la trahison de
Winston dans 1984, le ver,
partant de la foi idéologique
en l'homme pour le mener à
sa perte pure,
logique. Une machine à penser ferait l'affaire, mais elle ne la fait
pas : il y a l'inconnu, l'enfoui, ce qui se cache, l'ombre
de la lumière humaine, spectre
suspect, caché au fond de la
démocratie de carton-pâte.
L'humanité finalement défie
encore et toujours l'humanisme matérialiste des deux mains. Avec son
désordre humain
véritable, accompli en soi et sur soi, comme moyen heureux
de sa transcendance au, et avec le monde et l'univers comme milieu
naturel et surnaturel. Catastrophe ! Les gens heureux n'ont pas
besoin de besoins, de désirs, de
rêves, ils n'ont que des idéaux intérieurs
(…) C'est une hantise de la trahison : ce moyen
heureux est l'humain lui-même,
dans sa part divine renouvelée à chaque génération, sans
rupture de continuité,
non dans les changements, nécessaires ou pas, mais dans ses
aventures et voies de confirmation, de
vérification, autant vitales
que de destination finale pleine et entière.
Nous
n'aurions besoin que d'argent, cet Omni-Médiateur,
nous n'aurions besoin que de faire de l'argent avec de l'argent, que
du nombre pur, du nombre d'or
du rendement financier, de sa
règle d'or, et de sa prêtrise grise.
D'un arbitre raisonnable « entre nos désirs, nos
avoirs et nos dettes ». Infaillibilité
du système, assurée par la logique pure et dure de l'efficience
en soi, kantienne ou
lockienne, « démocratique »,
et de sa sainte trinité : autorégulation, équilibre,
moralité. Nous n'aurions pas vraiment le choix : l'argent ou la
guerre, dont il n'est pas le nerf, mais un simple révélateur –
croyez-le ! –
un pur accélérateur accidentel,
rien de plus, vous savez...
L'argent n'est qu'un instrument, il
n'instrumente personne, et
s'il est une fin en soi,
c'est parce c'est le plus
heureux moyen,
ou le moins malheureux, le
plus scientifique, entre chaos et stabilité, de nos passions trop
humaines, et qu'il qu'il
faut le chérir pour ça,
pauvres pêcheurs !
La
nécessité d'une démocratie authentique ne peut s'imposer avec
justice que dans la justesse d'une fin inclusive positive,
maintenue ouverte et possible, face aux limites de la réalité du
monde et de la vie, non le contraire : quand on part
des limites, on ne fait que
limiter les possibles, ce que Dieu lui-même ne fit jamais dans ses
exigences les plus folles,
– tout du moins tant qu'il y eut la figure d'un
Christ pour décalquer celle de l'humain. Face à lui, la
face du mal nécessaire,
rationnel, l'oubli de cet humain
comme mesure, la démesure de l'oubli
au nom de la guerre de tous contre tous comme fin exclusive. Le mal
le plus subtilement lourd : oublier
les gens en ne les faisant, obsessionnellement, penser qu'à eux,
inoubliablement, à leur
désir, avoir et dette. Moi
sans l'autre, impérial et paradisiaque, dans son faux quant à soi,
unique dans son genre.
Un soi générique, général, génétique, eugéniste, sans
générosité ni gens.
Cet
oubli toujours en
mémoire est la racine, du côté
des deux mains, du mal, son socle ancien et futur, l'unique racine
des trahisons, de la trahison des élites perpétuée
contre l'éternité, le nœud
d'une perpétuité, d'une perpétuation, d'une perpétration jamais
tranché, au contraire, ce
nœud coulant est
question sans réponse,
puisqu'il n'y a plus personne pour y répondre et qu'elle n'est plus
posée que par un processus extérieur anonyme,
comme la société moderne.
Quel
est ici le processus extérieur anonyme ? C'est que l'argent, de
monnaie qu'il était, est devenu finance incontrôlée de
droit divin, culte monothéiste en ses temples-empires.
Du temps de la monnaie sonnante,
Mammon, ce dieu, sans doute médiocre et malheureux dans un certain
sens avaricieux trébuchant,
n'était pas l'Olympe ni le
Panthéon, il n'était qu'une
figure tutélaire parmi d'autres de la comédie humaine, sans
monopole de toute-puissance : il avait ses quartiers
réservés, c'est tout. Il
faisait la fierté naïve
d'une bourgeoisie exemplaire
qui se voulait honnêtement humaniste,
au moins dans l'intention réformiste affichée ou pas, de supprimer
une certaine aristocratie de droit divin pour la remplacer par une
autre, apparemment plus modérée et éclairée, celle du droit du
travail et de son prétendu
mérite, retourné contre la
noblesse du travail lui-même.
Ses rejetons actuels continuent d'ailleurs d'espérer et de prêcher
un bon capitalisme bien vertueux, raisonnable, moralement
auto-limité et équilibré par la distance d'une « sagesse
économique » de bon aloi, qui
exista bien un peu chez nous, mais
autrefois, ou ailleurs chez les « premiers »
(sans même parler d'utopie),
tout en affirmant se
désolidariser des abus, de la délinquance, de la criminalité
contre l'humanité du système mystico-économique qu'ils défendent
comme un credo
intouchable.
La réalité que leur crédulité douteuse cache derrière
leurs bons et beaux principes, c'est que le monde a changé : il
n'est déjà plus que mafia financière, mafia obèse d'ombre,
qui se sert d'eux comme elle se sert de Dieu pour bénir ses
« familles ». La différence entre bourgeoisie d'affaire
(…) et mafia financière, ou capitalisme financier, est venue de la
nature de la valorisation des valeurs autant que de celle des
valeurs de la valorisation, déjà contenue en germe dans les
principes réels du capitalisme marchand de départ, le
financier n'étant que l'aboutissement moderne et industriel de son
processus profond. La machine mafieuse dépasse de façon
indéterminée tout ce qu'on aurait pu imaginer : elle
fait l'histoire et la définit désormais comme quelque chose de
total et incontrôlable, que personne ne plus ni comprendre ni
arrêter dans son mouvement. Nous ne pouvons plus que suivre
son mouvement de chute et d'écrasement de l'humanité et de la
nature, après la période finissante de destruction de leurs valeurs
– réputée pour l'instant comme révolutionnaire, pour se
rassurer un peu et tenter de dormir la nuit avant la révélation
à venir – , en répétant des prières automatiques,
incantations de paix et de prospérité, alternées avec des
supplication et sacrifices rituels de plus en plus sanglants et
barbares, mais nécessaires.
-
Le caractère spécifique du capitalisme est la recherche privilégiée de l'efficacité économique.
- La condition première de la maximisation de l'efficacité économique est la libération de la société civile par rapport à l’État ;
- Cette condition est remplie lorsqu'une aire culturelle est divisée en plusieurs unités politiques souveraines.
- Pour que ces virtualités donnent toutes leurs conséquences, il faut aussi que le système des valeurs se modifie au détriment des valeurs religieuses, militaires et politiques, et que les besoins soient libérés.
- Seul l'Occident a connu une évolution qui a tendu à remplir toutes ces conditions : l'ordre féodal issu de la décadence des provinces occidentales de l'Empire romain ignorait les échanges ; lorsque ceux-ci ont réapparu, ils ont produit un être original : le bourgeois, voué aux tâches économiques et démuni de toute légitimité. L'absence d'un ordre politique européen a entraîné l'anarchie de marché et l'impossibilité de créer un ordre économique. La dévalorisation des fonctions religieuses, politiques et militaires a concentré les énergies sur les activités économiques. Enfin la destruction des genres de vie à libéré les besoins et produit le consommateur moderne.
Pour « produire le consommateur moderne », il a donc
fallu détruire les valeurs culturelles existantes, celles que
leur disparition historique jette et rejette dans l'obscurantisme
d'un passé simplement autre ou différent de la
pseudo-culture capitaliste, comme ennemies du « progrès »
du même nom, défini pour et à la place des gens eux-mêmes, par le
système, comme une sorte de dieu de
remplacement, de panacée universelle. Mais quel système de valeurs
propose donc le capitalisme ? Un progrès humain ? et si
oui, de quel type, par delà la satisfaction apparente et
revendiquée des besoins primaires par une société de consommation
fantasmée comme un rêve paradisiaque, hédoniste, comme récompense
bien méritée du dur labeur et souvent des sacrifices
ascétiques de producteur ? Comme un paradis terrestre
réalisé ?
Voici la réponse du système :
« Or, il n'y a a pas de besoins naturels ou élémentaires. Sont élémentaires les besoins considérés tels dans une société donnée (…) Même la simple satisfaction des besoins élémentaires est susceptible de prendre une infinité de formes, étant donné que, jusqu'à présent, aucune collectivité ne s'est contentée d'avaler simplement des calories. Par conséquent, plus une société diversifie et multiplie les biens qui peuvent être l'objet du désir, plus les besoins, illimités par nature, puisqu'ils sont limités par la culture, s'accroissent. (…) la raison profonde pour laquelle le système industriel a trouvé les travailleurs qu'il lui fallait, est la libération des besoins. (…) la logique profonde du système (…) [est] la production de consommateurs de plus en plus nombreux et de plus en plus prospères. Étant entendu que la libération des besoins repousse toujours plus loin le point de satisfaction et accroît parallèlement l'insatisfaction.(…) La genèse des besoins dans le capitalisme occidental s'identifie donc à la dissolution des genres de vie traditionnels (…) [et à la fabrication] d'un consommateur élastique, capable d'absorber toutes les nouveautés.(…) le changement est devenu lui-même une valeur. (…) l'obsolescence des objets, des biens, des institutions, des idées… ne cesse de s'accélérer et est perçu comme comme un progrès. (…) la société capitaliste [a] réussi à produire en nombre croissant des individus qui s’adaptent moralement à un mode de vie, dont le rythme haletant découle de l'absence de rythme profond. (…) les désirs ne sont pas enraciné dans la nature humaine, mais simplement déterminés par les désirs des autres : ils sont infinis par nature. (…) cette idéologie (…) entraîne le développement constant de la production. (…) à partir d'un certain seuil, le pluralisme culturel est irréversible et se nourrit de lui-même. »
Rien d'autre : pas de
nature humaine, pas d'histoire extérieure ou intérieure,
d'accomplissement, de réalisation, de réalité, encore moins de
vérité, pas d'être, que de l'avoir ou du débit, pas de finalité,
pas de valeurs, pas d'idéal, rien qu'un relativisme matériel,
système social planétaire anonyme qui s'auto-adapte, produit et
reproduit, s'auto-survit comme existant et sur-existant, pas de
personne, pas de développement spirituel, artistique, pas de cosmos,
pas d'humanité ni de divinité unitives, pas de science non-alignée
sur les principes, juste un jeu de miroirs en trompe-l’œil,
offrant un infini fabriqué d'indéfinité et de virtualité pure à
partir de l'exploitation maximale de toute ressource quelle qu'elle
soit : elle finira figée, normalisée, stabilisée et
réorientée dans le grand mouvement d’horlogerie de la Matrice
Économique, avec ses cycles de naissance-mort-renaissance, sortis
enfin du temps et de l'espace premiers, avec une seule
fonction globale : produire et reproduire le même dans le
différent, dans l'autre-même-moi-moule. Rien. Nihil. Nada.
Une fonctionnalité pure de
rouages et de rouerie. Renvoi absolu au vide moteur de
vie et de mort, mais pour se remplir les poches, sans axe,
boussole ni assise, sans assiette, ni stabilité ni verticalité :
un pur mouvement horizontal objectif, circulaire, séparé, en orbite
autour de lui-même. Un astre mort. Un ramassis, un synthèse, un
vestige, une reconstruction, une reconstitution, un si précieux
pluralisme culturel de matière première et dernière, finie,
recyclage permanent, une anthropophagie culturelle jouissive,
auto-dévoration cultuelle noire, mais blanchie.
Soft Kali Yuga. Un précipité de néant. Bravo l'Alchimiste ! A
la vôtre !

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