Il
ne peut y avoir d'investissement sans sens de l'essentiel. La
praticité de ce sens est un repère d'orientation avant d'être
investissement productif, lui-même conséquence de ce choix
existentiel dans l'action de la vie. Le Tao dit ce sens essentiel est
comme l'eau vive.
Essentiel
non défini par l'homme, mais reconnu et suivi comme une évidence
vitale ou non. Son non respect et sa non reconnaissance
n'engendrant pas seulement un effondrement des valeurs, mais encore
le chaos et les catastrophes les plus naturelles qui soient
dans la mesure exacte de l'impact de toute intervention humaine par
rapport à la nature, qui comme le dit le Taoïsme encore, est immense et
sans doute incommensurable malgré la petitesse apparente du
poids humain dans la balance sur une échelle d'évaluation
rationnelle, analytique.
Toute
économie n'est définie que dans l'ordre de ce sens allant
vers chacune de la plus infime de ses expressions ordinaires vitales,
chaque besoin métaphysique immanent, immergé. Seul les besoins
intrinsèques à un système étranger à cet essentiel vital
reconnu sont superflus, émergés,
échoués, inutiles et
contre-productifs, comme tout désir lié à cette extranéité
systémique à la vie, directe ou indirecte, rationalisée.
Toute
rupture de transmission de ce sens ne
peut qu'entraîner une rupture généralisée des équilibres
primaires et secondaires naturels et humains. Comment lire ce sens à
haute voix intérieure ?
Lire le livre de la nature plutôt que celui de comptes truqués ?
Ne faut-il pas cesser d'abord d'être en compte, précisément ?
Et pour se rendre compte, cesser de rendre des comptes ? De
rendre compte hors soi
en conscience ? De rendre compte à une science qui s'en est
existentiellement
affranchi pour croire et faire croire pouvoir
être sans soi ?

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