Et lorsque nous apprenons à mieux nous réjouir, c'est alors que nous désapprenons de faire du mal aux autres et d'inventer des douleurs.
Nietzsche
Il
ne faut ferrailler ni avec les maître du fer ou de l'or, ni avec les
traîtres. Ne pas se perdre dans des polémiques intellectuellement
truquées. Remember K. Dick à propos du futur – point
barre. Rester fidèle à quelques vérités de base, comme le paysan
s'accroche à sa terre, comme une bête, et préfère y mourir, seul
dans son coin, mais debout. Résister c'est être ce que l'on est
sans concession ni violence d'aucune sorte. Comme l'arbre qui
persiste et signe autant par les bouquets de ses poussées
supérieures que par l'enracinement le plus absolu et profond.
Cette
poignée de vérités vitales éternelles qui seront toujours le
patrimoine inaliénable d'une humanité accomplie et augmentée sans
l'aide d'aucune illusion post-humaniste, qui en aucune circonstance
ne peut être remise en question : l'humanité est une réponse,
pas son absence, présence en acte et en être. Cet être-là
n'a pas besoin de théorie des ensembles, c'est une qualité, pas un
objet. Qualité définitive de l'être, partagée avec tout le
vivant, à n'importe quel niveau donné, pas construit, sans
nulle hiérarchie extérieure plaquée par l'esprit de
système.
Que
l'esprit de cette qualité universelle concrète, matérielle,
incarnée, exprimée soit méthodiquement partout remis en question
par une bande organisée au niveau mondial de criminels intellectuels
est un fait sans importance véritable, au fond : les nazis
n'ont pas gagné la guerre commencée en 14 : pour ceux qui
continuent à les combattre, l'important n'est pas de la gagner, mais
de ne pas la perdre, de ne pas se perdre, de ne pas tout perdre.
Perdre la vie est un moindre mal : il n'y a pas de vie
sans être, il n'y a que le vide du mal, bien en dessous de la vie
animale, qu'il ne sait que salir.
Ce
qu'il faut dire à ceux qui ont peur, c'est qu'il n'y a rien à
vivre dans l'esclavage, sinon le mal, la maladie et le malheur de
n'être plus qu'un avoir en banque. La vie n'est pas jouissance,
c'est une réjouissance qui se transmet librement. Et
à ceux qui n'ont pas peur : on ne se bat pas pour avoir raison,
mais par obligation pure, sans contrainte. Donner n'est pas une
contrainte, c'est un honneur, un bonheur, une liberté suprêmes :
il faut plaindre ceux qui en sont privés par un système purement
marchand. Ne pas pouvoir donner, c'est ne rien
avoir, ni en soi ni hors de soi.
Cet
état d'esprit – et
non cet esprit étatique – dont les meilleurs d'entre nous (...)
ont toujours montré qu'il n'était fait que d'obligations,
de respects et de combats – respect fondamental vital qui
définira toujours l'honneur ordinaire
ou extraordinaire, comme
l'ont vu les meilleurs d'entre nous (...),
qui le coiffe infiniment en chacun. Ne
rien lâcher, ni sur sa vérité, ni sur celle de l'autre en les
rendant une, les tenir
ensemble, augmentées en valeur humaine ajoutée,
travail et combat tout à
fait suffisants pour
faire face à toute « circonstance », de la vie à la
mort. Le reste est mensonge officiel ou non-officiel, et lâcheté
collatérale.
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