Un
très proche m'accusait, plus par dépit, mais sans haine – bien
que parfois, si l'on n'y prend garde, l'incompréhension puisse virer
au mépris, le mépris en haine quand un psychisme, fatigué comme un
poisson, est travaillé de
savante façon par certaines techniques de manipulation qui nous
dépassent autant qu'une pression sociale anonyme nous cerne
sournoisement dans le sourire entendu de son visage de
société incarné ou instituée –
m'accusait de
« trahir ma culture » par amour du Jazz.
Aurais-je
dû avouer et révéler que l'une des racines du Blues est très
certainement arabe
et qu'elles ont donc aussi,
dans ce mystère
de l'art, une dimension musulmane ?
Que l'Islam est certainement un des piliers conscient
de ma culture – inconscient
pour ceux qui ignorent dans tous les sens du terme – ce qu'il peut
avoir d'universel ?
« Après 13 années d'appel à l'Islam, et de souffrance de la part d'Arabes anciennement païens, Mohammed devient chef de l’État, Yathrib devient Médine, "la Ville illuminée". Là l'Islam peut à nouveau s'épanouir, prendre son essor, et un nouvel ordre social va naître, ayant pour socle, pour centre la mosquée…Ses idées se condensent tout-à-coup en un ensemble de visions élevées, morales et sociales, embrassant une communauté se voulant immense – mondiale si c'est possible –, et qu'il veut unie, il la veut consciente d'une paix générale, il la veut aussi tolérante, envers tous, musulmans et non musulmans, de quelque race qu'il s'agisse…Et ce fait est impressionnant. On peut penser aux Perses, qui ont initié cette idées de "Droits de l'homme" au VIè siècle avant J.-C., et plus tard, au hasard, à la"Déclaration des Droits de l'homme" elle-même, en 1789, et même en dernier, à la "Déclaration universelle des droits de l'homme", en 1948... » R.
Jusqu'où aurais-je dû aller
pour défendre cette culture que ce très proche attaquait en croyant
défendre celle, la bonne pour lui, celle qu'il considère comme
« sienne » ? Au moins jusqu’à lui dire qu'une
vraie culture n'est ni propriétaire ni d'appartenance. Que ce
ne peut être construction d'un objet ni pur héritage. Que le
spirituel n'est pas patrie nationale, mais de cœur. Que ce
cœur est un illimité, n'ayant rien à voir avec l'histoire
de ses petites histoires, pour le dire poliment.
Mais on ne sait plus parler –
sous la pression sociale, croissante en période de guerre
psychologique et culturelle, de la vérité officielle d'un prétendu
monde émergeant défendant « autrement »
l'ancienne culture particulière du groupe humain
« d'origine » – sans plus d'humanité,
auquel on nous enjoint d'appartenir sans réserve ni réflexion,
puisque toutes deux ennemies du combat « culturel » pour
la domination ; on ne sait plus parler à ses proches,
dont on finit, comme tout le monde, par craindre les reproches
directs de non-conformité au système de pensée
unique qui nous tient en laisse familiale et professionnelle.
Pour finir, il faudra bien
avouer un jour à tous nos proches sans exception – au
risque même du divorce spirituel – sans crainte ni langue de bois
domestique, que si l'humanité en tant que qualité humaine
n'est plus une référence et que, comme la dignité, parce
qu'elle devient de jour en jour l'objet d'un mépris de plus en plus
ouvertement partagé et parfois celui des plus abjectes
moqueries et humiliations, il devient aussi et autant
du plus haut devoir moral et intellectuel de refuser absolument
cette ignominie de la prétendue modernité explicative
des temps, cette chose abjecte et sous-humaine que nous
finirons un jour ou l'autre par accepter comme une fatalité
atmosphérique.
Et rappeler encore, dans le
même temps qu'aux caricatures affichées du juif
d'un temps qui semble avoir finalement beaucoup de mal à passer « de
mode », répondent insidieusement autant qu'officiellement –
ce qui marque déjà une limite inacceptable en soi –
quelles que soient les raisons instrumentales ou idéologiques
invoquées – répondent donc celles du Prophète en tant que
symbole implicite de civilisations et du peuples visés dans
leur ensemble par une mafia intellectuelle internationale
osant se dire « démocrate », et que ceci est
accompli, comme tant d'autres actes ailleurs au nom de la religion,
au nom de la liberté citoyenne et d'une institution
proclamée de cultures et de peuples finalement déclarés
supérieurs, à laquelle nous sommes implicitement sommés
de nous rallier comme citoyens de base intégrés du cosmopolitisme
commercial et financier dominant la planète.
Il est grand temps de dire non
à cette terreur politico-médiatique sournoise et fascisante qui
justifie d'ores et déjà quasiment toutes les guerres du
nouveau siècle avant de valider les civiles et culturelles à
venir ici en France, en Europe ou ailleurs.
Pour ceux à qui l'humanité,
au le sens plein du mot, ne parle pas – et il y en a de
plus en plus – il n'est que de leur rappeler, simplement, la
condition qui fut faite à ceux qu'on parqua dans les camps
d'extermination avant destruction de leur vie et la
négation de leur être, pour « en finir ».
Et comment tout cela commença, dans l'air empesté du
temps et du quotidien des têtes.
Ces exterminés-là
auraient, mieux que quiconque, "expert" ou pas, put définir ce qu'est
la négation de l'humain, autant qu'aujourd'hui, ceux qu'un
certain fascisme pseudo-islamique détruit avec une ferveur morbide
et une jouissance psychologique obscène, fascisme tout aussi
« révolutionnaire » que celui de leurs ancêtres et
précurseurs européens nazis.
Comment avons nous pu faire –
en 30 ans seulement de formatage psychologique, de la
jeunesse d'abord – pour oublier, nous, leurs petits enfants
spirituels ? De combien de millions de morts et d'horreurs
allons-nous payer ce négationnisme mou, mondialisateur,
moralisateur, et contre-universaliste collectif dur ?
Aujourd'hui le jazz fait
partie du business obligatoire établi, mais demain, qui
écoutera encore, libre en eux-même, comme d'autre le
firent de Radio Londres, une « musique de dégénérés
contre-culturels » en résistance, issue pour partie du sang
spirituel d'une « sous-culture barbare »
du Moyen-Age, quand le monde progressiste-fasciste pseudo-chrétien
aura été provisoirement réactivé par ce même business établi
en ses comptoirs de l'éternel autre côté du
manche ou de la batte, pour jouer sur les deux tableaux à la fois ?
De quels « traîtres »
faudra t-il donc logiquement applaudir la pendaison en
musique ou se taire ?
Qu'avons-nous donc tant à
dire des actes de dictatures lointaines non-autorisées que nous ne
pratiquions déjà en esprit et « morale » moderne,
économique et financière appliqués au monde conquis
sous couvert de civilisation, comme nous le faisions
allègrement il y si peu déjà, dans tant de nos colonies oubliées,
et comme nous n'avons cessé de le faire depuis, avec nos associés
et partenaires « officiels », sous
couvert de modernisation, de normalisation et de
mondialisation ?
On connaît la musique :
les meilleurs polars, joués en blues mineur, lancinante
mélodie, la logique du plus fort, réglée comme du papier, et tout
en bas, la signature avec du sang jamais séché, ajoutant le crime à
la trahison, et le mensonge culturel et cultuel, pour recouvrir les
corps en famille. Vive la tragédie du jazz, vive la joie du
jass ! Autant que Mozart, Jean-Sébastien et Vivaldi !
Et Ludwig, qui refusa un jour « de jouer pour des porcs » !

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