mardi 3 février 2026

ENCRE & LANGUE

 

 



L’eau du ciel, encre & langue

Vive & libre

Trouve son chemin

Vers la terre qui boit


Un projet, non.

Un destin écrit

hasard & nécessité

Direction d’une vie émergente esquissée


Nul besoin de penser ou compenser

Le vrai besoin du désir

Suit la pente douce

De sa poitrine offerte, offrande


Là, oui, où est le cœur. Oui

Haut et bas

Communiquent quand

Mystérieusement, le Vase déborde


Là, coule la sève du baiser

Livrant sa vérité puissante

Fertilisant le vieux chêne

Dans son éternité organique


Un printemps précoce

Revient au port délié d’attache

Enfance retrouvée

Sans perdre la tête


Le sens des folies obscures éclaircit

Le temps de comprendre

Virtuel ouvert contre le livre mental

Nouvelle raison éclose comme une fleur


Écrire, donner son sang bouillant

Transfusant la haute semence

Levant demain au ventre la main

L’enfance d’un art sacré


Voyage vers la lune lointaine

Si long aux marins perdus d’amour

Dans la tempête du sable mouvant

Le mousse elfique, à protéger des violences du vent


Dieu seul connaît

La sainte suite claire-obscure de l’hôtel Terre

À travers le temps inutile & atterré

des souffrances utiles

Des mutilés 


N’oublie personne, pas

Ceux qui font confiance

Ne trahit pas

Ceux qui n’ont pas trahi


La paix, fait accompli

Pas un souhait parfait

Fruit mûr

Tombé tôt au pied du mur abandonné


L’eau du lac s’accumule, esclave lavant

sa silhouette d’ombre secrète & vierge

Que rien ne transforme vraiment

En surface efficace


Attendre, oui, le temps passe

Fasse son œuvre de gestation lente

& sédimente un futur décanté

Qui ne mente plus


L’éternité transparente apparaissant

Se moque des vagues de froid

Faisant de nouvelles îles

De ses volcans de sang


Ni bien ni mal

N’ont là plus de sens

La vie se suffit, rond-point

Comblé de sens uniques


L’espoir & la confiance font

L’amour fou dans la tête rafraîchie

Des navigateurs solitaires

Otages des courants de pensée caducs


Le cœur gonfle sa voile déchirée

Poussant son naïf esquif comme un sein fragile

Entre les récifs des poncifs

& les icebergs de têtes tranchées


La force magnétique

Protège des perditions en mer morte

L’océan, de l’immobilisme naufragé

Des lacs salés de larmes


La lune fait les marées montantes

Sans colère, règle l’amour & la mort

Rien ni personne

Ne s’y oppose


Promesse tenue au milieu, sans vertige

Ailleurs aléatoire, hauteur immédiate

Au creux du temps l’épreuve passe

Processus naturel apaisé, sans impasse


Tout est fruit d’un travail debout,

Infernale douceur des paradis perdus

Mystère à rebours des droits tordus

D’un monde à l’envers du vrai


Le langage du corps seul survit

Suffisant à l’âme prisonnière

D’une idée pure, contre-âme

Allaitée au mensonge établi


N’oublie pas, chaque jour que

Dieu fait seul le corps saint, le corsage

Le reste est mental, illusion,

Matériel  de bazar de l’esprit phénoménal dominant


La chute cherche ses mots

Pas pour le rachat

D’un crachat imaginaire

Le rebond joue en soi sans moi-jeu


L’avenir envaginé de force

N’imagine pas

D’autre forme forcée

Que la sienne  libre encore








 

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