L’eau du ciel, encre & langue
Vive & libre
Trouve son chemin
Vers la terre qui boit
Un projet, non.
Un destin écrit
hasard & nécessité
Direction d’une vie émergente esquissée
Nul besoin de penser ou compenser
Le vrai besoin du désir
Suit la pente douce
De sa poitrine offerte, offrande
Là, oui, où est le cœur. Oui
Haut et bas
Communiquent quand
Mystérieusement, le Vase déborde
Là, coule la sève du baiser
Livrant sa vérité puissante
Fertilisant le vieux chêne
Dans son éternité organique
Un printemps précoce
Revient au port délié d’attache
Enfance retrouvée
Sans perdre la tête
Le sens des folies obscures éclaircit
Le temps de comprendre
Virtuel ouvert contre le livre mental
Nouvelle raison éclose comme une fleur
Écrire, donner son sang bouillant
Transfusant la haute semence
Levant demain au ventre la main
L’enfance d’un art sacré
Voyage vers la lune lointaine
Si long aux marins perdus d’amour
Dans la tempête du sable mouvant
Le mousse elfique, à protéger des violences du vent
Dieu seul connaît
La sainte suite claire-obscure de l’hôtel Terre
À travers le temps inutile & atterré
des souffrances utiles
Des mutilés
N’oublie personne, pas
Ceux qui font confiance
Ne trahit pas
Ceux qui n’ont pas trahi
La paix, fait accompli
Pas un souhait parfait
Fruit mûr
Tombé tôt au pied du mur abandonné
L’eau du lac s’accumule, esclave lavant
sa silhouette d’ombre secrète & vierge
Que rien ne transforme vraiment
En surface efficace
Attendre, oui, le temps passe
Fasse son œuvre de gestation lente
& sédimente un futur décanté
Qui ne mente plus
L’éternité transparente apparaissant
Se moque des vagues de froid
Faisant de nouvelles îles
De ses volcans de sang
Ni bien ni mal
N’ont là plus de sens
La vie se suffit, rond-point
Comblé de sens uniques
L’espoir & la confiance font
L’amour fou dans la tête rafraîchie
Des navigateurs solitaires
Otages des courants de pensée caducs
Le cœur gonfle sa voile déchirée
Poussant son naïf esquif comme un sein fragile
Entre les récifs des poncifs
& les icebergs de têtes tranchées
La force magnétique
Protège des perditions en mer morte
L’océan, de l’immobilisme naufragé
Des lacs salés de larmes
La lune fait les marées montantes
Sans colère, règle l’amour & la mort
Rien ni personne
Ne s’y oppose
Promesse tenue au milieu, sans vertige
Ailleurs aléatoire, hauteur immédiate
Au creux du temps l’épreuve passe
Processus naturel apaisé, sans impasse
Tout est fruit d’un travail debout,
Infernale douceur des paradis perdus
Mystère à rebours des droits tordus
D’un monde à l’envers du vrai
Le langage du corps seul survit
Suffisant à l’âme prisonnière
D’une idée pure, contre-âme
Allaitée au mensonge établi
N’oublie pas, chaque jour que
Dieu fait seul le corps saint, le corsage
Le reste est mental, illusion,
Matériel de bazar de l’esprit phénoménal dominant
La chute cherche ses mots
Pas pour le rachat
D’un crachat imaginaire
Le rebond joue en soi sans moi-jeu
L’avenir envaginé de force
N’imagine pas
D’autre forme forcée
Que la sienne libre encore
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