Le défi. Mais pourquoi relever la tête ? Surmonter l’insurmontable ? La surhumanité est techniquement acquise. Les mathématiques ont vaincu le vide rempli de cases à cocher. Les modèles, dans leur horreur du vide, font la nique aux théories de la Nature.
Pourquoi le relever ?
Panne machine. On ne sait rien.
Reste la Nature, dans sa nature. Moins compliqué, moins, beaucoup moins évident. C’est ce qu’il faut, que les évidences s’effondrent, dans le sens du nouvel ordre montant. Que ce qu’il détruit lui sape le calcul de base, qui n’a rien d’un calcul. On ne calcule pas l’insoluble surréalisme, sauf Desnos, le Résistant, on ne noie pas le poisson. Calculer n’est pas jouer.
La Nature ne joue pas aux dès comme un petit pouvoir central.
Panne machine. On ne sait rien.
Que son à côté lisse de la plaque devienne un gouffre abrupt,infranchissable, une barrière de protection babélienne construite par l’ennemi lui-même. Les vaches sacrées seront mieux gardées d’elles-mêmes, dans la confusion chaotique préservée de leur intraduisible langue d’origine, si ruminante.
À la Frédéric.
Panne machine. On ne sait rien.
Faire surchauffer les machines, les faire mouliner jusqu’à l’explosion le vide binaire désaxé de leur cercle vicieux central. Jusqu’au néant quantitatif, épuisé, rempli de rien, démonté, cassé, impuissant au pied de son mur qualitatif réservé, calculé incalculable. Tourbillonner les mots sur eux-mêmes, à la derviche. Souris dans sa roue libre. Au tour de la roue de ne pas savoir.
Pour rien : pas de résultat.
Panne machine. On ne sait rien.
Arthur avait bien vu qu’il n’y avait rien à voir. Tout est faux. Mystique à l’état sauvage ? Observation intégratrice de la machine ? Complicité, plus proche que la distance officielle ? Mais les chemins sont largement ouverts. Ne manquent que ceux pour les parcourir, relever le défi.
Qui ne ramène pas à Rome. N’en est pas un. Ni face à face ni de dos à dos.
L’énigme, défi éternel de qui se défie.
Panne machine. On ne sait rien.
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