" J'écris pour être meilleur humain. Pour éviter la disgrâce. "Richard Borhinger
Extrait remanié du commentaire de Réponse au commentaire de Darkhaiker au billet « Grossier point-de-vue (…) » du 12/02/2015) Lettre à Darkhaiker (1)
Que la définition d'une
civilisation se donne par et selon des critères d'agriculture et
d'urbanisation me paraît évidemment plus qu'une erreur : c'est
une faute aux conséquences génocidaires, quand cette civilisation en
conclut à l'infériorité des groupes qui ne rentrent pas dans
cette idée. Dans cet ordre d'idée, et pour suivre Shepard, je
dirais même que la vie humaine a commencé à se détériorer avec
la domestication tout court, que je considère comme un faux critère
de stabilité, au contraire de modes de vie stabilisés dans leur
esprit de respect non craintif du monde et de la liberté. Oui :
domestication humaine égale folie mentale de groupe : zoo ou
parc humain.
Pour ce qui est de la
pensée religieuse, qui, comme la scientifique, cherche beaucoup trop
l'autonomie ou l'apartheid d'un sacré négatif, fermé comme une
sorte d'absolu de compensation à leur impuissance à s'accorder avec
le monde tel qu'il est, ce qui me semble surtout intéressant, me
semble, à l'inverse, et comme pour redresser ces tendances
auto-destructrices dont nous n'avons jamais eu besoin, c'est de
relier connaissance et spiritualité en excluant leur exclusion
mutuelle, un peu trop conventionnelle, de principe, et de permettre
des domaines communs de pâturage qui n'excluent pas non plus une
certaine pureté. Je ne vois pas pourquoi il y aurait là dualité :
la connaissance est une, étant tout autant source de respect que de
raison : que vaut l'un sans l'autre ?
Pour le reste, je dois
dire que je regrette infiniment de ne pas voir d'avenir possible pour
une « humanité démographique » telle que nous la
fabriquons, aussi bien pour toutes les raisons que vous donnez que
pour des questions d'équilibre « cosmique » : les
fourmilières ont une autre culture naturelle, quand nous n'avons de
cesse d'abandonner la nôtre pour la transformer en machine à vivre.
Aucun avenir pour nous ne peut, ni n'a jamais pu sans doute, passer par le chaos et la destruction de nos conditions positives d'existence : tout le reste est mensonge et imposture, recouvert du voile de la religion ou de la science, c'est à dire trop souvent de l'impuissance. Ce qui ne veut absolument pas dire que la vérité soit puissance en soi, ni même hors de soi, comme pour tous ces "Collégiens de France" bien-pensants.
Dans ce sens très précis de la sociologie, toute école mène droit à la guerre et au désastre, n'étant qu'une théorisation sur-corruptrice de la domestication, avec justification des maux induits a posteriori.
Aucun avenir pour nous ne peut, ni n'a jamais pu sans doute, passer par le chaos et la destruction de nos conditions positives d'existence : tout le reste est mensonge et imposture, recouvert du voile de la religion ou de la science, c'est à dire trop souvent de l'impuissance. Ce qui ne veut absolument pas dire que la vérité soit puissance en soi, ni même hors de soi, comme pour tous ces "Collégiens de France" bien-pensants.
Dans ce sens très précis de la sociologie, toute école mène droit à la guerre et au désastre, n'étant qu'une théorisation sur-corruptrice de la domestication, avec justification des maux induits a posteriori.
Seul compte ce que les
grecs nommaient l'équilibre, la proportion et sans doute une
justesse sur lesquels ferait bien de s'aligner toute forme de
prétention à une sorte de justice dans la soit disant-maîtrise de
ce qui ne peut pas nous appartenir : à la différence de la
connaissance, le savoir humain est d'abord incestueux et non viable.
Nous devons tout partager, non en bons communistes conformes et totalitaires, mais
en vrais vivants solidaires des transcendances, de la plus naturelle
à la plus spirituelle.

