La question n'est pas de
savoir ce qu'il faut faire, comment, ou qui peut ou doit agir (...)
C'est ce qu'on fait en vertu de ce qu'on est, relativement.
Il y a des valeurs,
quelques soient leurs formes, qui donnent la direction, comme la
boussole. Et il n'y a qu'à s'y tenir.
Ce que Marc-Aurèle
nommait l'esprit directeur,
c'est à dire l'ordre de son aventure et l'aventure de son ordre.
Ni contradiction ni paradoxe entre les deux faces de la pièce,
infiniment supérieure à la spéculation cartésienne : l'ordre supérieur
n'est pas une logique, il a sa logique propre, non systémique
interne ou externe.
Ce
que le taoïsme saisit parfaitement, sans esprit de, ni formule
logique : les deux pôles contiennent une vérité au delà de
la pensée spéculative, dans un instinct réfléchi comme
l'eau reflète l'arbre.
Nous
ne faisons rien d'autre que ce que nous sommes. Non en pouvoir, mais
en réalité. Le pouvoir n'est en réalité qu'une forme
apparente. – Temporaire, tant que nous n'exprimons pas
sa vérité cachée – en éternelle voie d'apparition et de
disparition.
Plutôt
que d'être une sorte de moment hégélien ou nietzschéen de laboratoire,
nous sommes « mieux », au niveau de l'être. Qualité
incarnée, dont l'intermittence de l'éternel retour n'indique
que l'équilibre, et non on ne sait quelle alternance, du même dans
l'autre et inversement, dans l'éternel miroitement du temps, entre
absolu et relatif.
Pourquoi
aurions-nous à choisir ce que nous n'avons pas choisi,
relativement ou absolument ? Que le miroitement soit absolu
ne suffit-il pas à tout relativiser sans rien relativiser,
justement ?
Le
« ni, ni » de logique obligée ne peut être qu'acceptation totale
sans aucune négation – pas même de la négation, dernière
tentation d'une modernité idéologique égarée, mais
sophistique, triomphante, dans son calcul de l'incalculable.
Stoïcisme pur et simple plutôt qu'instituer, étatiser ou privatiser. Libération
par delà les conditionnements intérieurs-extérieurs.
La
seule nécessité absolue requise demeure l'accord premier
entre fins et moyens, – sans déviation ni dérivation possible. Le
reste n'est que dérive d'éclatement de quille...,
rimbaldisme, bibelotisme de café du commerce triangulaire :
on ne triangule pas la vérité, n'en déplaise aux Frères des deux
bords du précipice.
Loin
des sanglantes fraternités ennemies du spirituel dégradé
d'un Occident qui nous formate à ses leurrantes et aberrantes
déterminations utopiques de masse, il n'y a jamais eu de problème
de l'action, mais seulement les boulevardières et
pécuchières aventures dialectiques d'un matérialisme
flottant entre corruption et collaboration.
Toute
guerre culturelle est un dévoiement plus profond que la pire
corruption. Elle corrompt plus sûrement le "personnel" de l'esprit
directeur : elle détruit méthodiquement sa possibilité
première au nom de l'ultime, comme on viole au nom de l'amour ou on aime au nom du viol.
