"
Camarade, ma peau est elle encore de mise
Et dedans mon cœur seul ne fait il pas vieux jeu ?
Avec ma belle amie quand nous dansons ensemble
Est ce nous qui dansons ou la terre qui tremble ?
Je ne veux plus cracher dans la gueule à papa
Je voudrais savoir si l'homme a raison ou pas
Si je dois endosser cette guérite étroite
Avec sa manche gauche, avec sa manche droite,
Ses pâles oraisons, ses hymnes cramoisis,
Sa passion du futur, sa chronique amnésie "
Et dedans mon cœur seul ne fait il pas vieux jeu ?
Avec ma belle amie quand nous dansons ensemble
Est ce nous qui dansons ou la terre qui tremble ?
Je ne veux plus cracher dans la gueule à papa
Je voudrais savoir si l'homme a raison ou pas
Si je dois endosser cette guérite étroite
Avec sa manche gauche, avec sa manche droite,
Ses pâles oraisons, ses hymnes cramoisis,
Sa passion du futur, sa chronique amnésie "
NOUGARO,
PARIS-MAI
Le Système –
technicien de corruption – a achevé son sale boulot auprès
des jeunesses péguyiennes et bernanosiennes survivantes, les
autres, incurables hélas depuis belle lurette, et surtout depuis
qu'elles ont remis leur « imagination » aux mais
du pouvoir, ont, elles, achevé d'exister, après avoir cessé d'être
pour vivre leur vie d'une vie
propre illusoire, dans la dépendance de l'indépendance.
Jeunesses « libertaires
ou libertariennes » – droite et gauche confondues dans un
même moule – , désormais formatées à un certain
anarchisme mondialement
accrédité comme le
meilleur rempart « démocratique » contre le
spectre-repoussoir de l'arbitraire (ce qui est incontestable
en soi) et de la dictature (ce
qui est indiscutable en soi)
amalgamant par la
violence et la manipulation mentales autorité
spirituelle et extrémisme, barbarie autoritaire.
Amalgamant,
par l'imposition douce d'une « révolution culturelle »
de masse, valeurs authentiquement supérieures, philosophie éternelle
et fascisme, conscience et oppression, liberté et expression
collective ou individuelle, liberté et consommation, liberté et
communication, vérité et code civil, vérité et code du commerce.
Idéologie
scientiste anglo-saxonne –
surtout américaine – dont le pragmatisme vanté peut se réduire
aisément à une sorte d'état d'esprit scoutiste entreprenant et
productif positif intéressé,
vendu comme libérateur d'énergie
des individus et des peuples en concurrence sur leur propre
marché « dérégulé ». Le
malheur est dans la dictature, alternativement molle et dure, de
cette idée puritaine,
de ce nouvel Eldorado
hollywoodien mécaniste
mental et sentimental, sur les esprits les plus jeunes.
Mécanisme
pavlovien qui s'attaque robotiquement à
toute culture digne de ce nom dès la plus tendre
enfance, presque sous la mère.
Aux sources de la liberté, et non plus seulement à ses tristes
expressions, autrefois
codifiées par toutes les variétés de dictatures , réelles,
mais ô combien limitées,
quand on y songe
non-post-humanistement.
En
ceci, tous les printemps
du monde, dans leurs expressions mécaniques,
ou la mécanique de leurs expressions, dans le monde dit
post-moderne, de 68 à tous ceux à venir partout, sont directement
responsables, dans
toutes les générations-mères, porteuses ou héritières, du chaos
qui avance avec ses misères et horreurs, ses crimes et ses progrès
scientifiques inédits, ses destructions temporairement
irréversibles (…), ses
mutations et surtout, transmutations précises.
Il
faut donc, après analyse analogique, faire les synthèses intuitives
des rouages. Voir les
liens masqués entre idées maritimes et continentales dans
leurs entrechoquements, mais surtout dans leurs liaisons dangereuses
autant que dans leurs liaisons sécuritaires. Le mot de stratégies
de la trahison est faible pour
les caractériser, pour caractériser leur rapports mutuels. Il faut
parler plutôt de doux et progressif suicide de civilisation, veines
ouvertes dans le « bain de jouvence » annoncé.
Les
réponses coordonnées et conjuguées en haut
de la guerre culturelle, des rothschildiens de service
et des martiens du 22,
par exemple après 68, fut une cynique médication compensatoire aux
aspirations anciennes et profondes. À la soif réaliste
d'absolu furent finalement
opposées « pacifiquement » la tentation et l'illusion
sensationnelles de
con-sommations hallucinatoires, sexuelles, automobiles, festives ou
cellophanées. A chaque révolution, la normalisation avance dans un
monde qui avance vers
sa fin, vers son avide auto-dévoration.
