Sous la lune froide
Les coings mûrs
Lâchent leur arôme
Paix armée. Quand entre les gens il n’y a plus que la violence nue de ce qui prétend remplacer la vie, et de la théorie collective. La guerre civile se prépare longtemps avant l’éruption cutanée. Progressivement, au sens du progrès selon l’intérêt particulier de chacun contre chacun, si habilement étendu, comme un mort de la Commune avec sa fleur rouge au cœur rimbaldien.
Liberté désincarnée. Dans ces pays d’ailleurs et d’ici, ceux qui font leur loi au nom de la loi de leur prétendue liberté de la faire, comme si la loi était la liberté, règnent. Et que la liberté que dit garantir cette loi, était de conscience, quand la vie n’est plus que de la science dans une expression sans âme.
Pandémies ou guerres. Les jeux sont faits dans un monde où possédants et dirigeants n’ont plus d’autre choix logique que celui de préserver le privilège de richesses et pouvoirs imaginaires face au réel mouvant de la vie.
La vie des vieux doit être sacrifiée et celle de beaucoup d’autres avant qu’ils le soient. Utilisant le chantage à la vie avant que la vie ne les utilise et fasse finalement déchanter. Avant leur conversion à on ne sait quel dogme confortable pour l’anesthésie générale nécessaire.
Ce sacrifice social ne peut que coûter aux pouvoirs, que la naïveté coupable ou rackettée des jeunesses alimente en permanence en vain et guise de vie nouvelle vague. Contraints d’abandonner les gens, ceux qui règnent contraints aussi, d’abandonner leur pouvoir et le pouvoir.
Pendant qu’ils préservent un temps inutile, ces pouvoirs-là, les gens ne peuvent plus que créer les possibilités de vivre autrement. Bonheur furtif récurrent éternel dans la marge de temps. Résistance globale pour une vie réémergeant partout, mouvement de fond invisible, submergeant sans violence toute immobilisation. Rien jamais acquis.
Toute organisation, armée ou pas, nécessite des rouages non bloqués, une fluidité mécanisée. Un grippage progressif de ses structures métalliques reptiliennes ne peut cependant qu’intervenir partout tout le temps.
Seuls des robots à la Star Wars pourront y maintenir un ordre éternellement théorique. Dont l’absurdité peut alimenter tant et tant de récits absurdes et hilarants. Si tout n’était pas si tragiquement nié et mystifié. Que les nihilismes y pullulent de plus en plus mortellement comme une belle santé naturalisée de frais comme le visage d’une beauté ou d’une autre, à vendre.
Le nécessaire sacrifice des vies, la mécanisation des survies rend visible et lisible la logique cachée du système civilisationnel en place. La redistribution des cartes permettra t-elle de changer la raison fondatrice d’un ordre de plus de 2000 ans ici ? Après tout, ne fait-il jamais que se maintenir en place comme une vieille machine rafistolée, faute d’alternative à la fois crédible et réaliste. Tellement plus que de pétrole.
La profondeur naturalisée des souffrances traversées ici et ailleurs partout tout le temps, autant que celles des libertés retrouvées dans les circonstances dans leur épreuves, est toujours déterminante indéterminée.
L’Intelligence artificielle aura fort à faire et ne fera sans doute qu’ajouter un désordre majeur plus ou moins fatal au vieux monstre échoué. Dommage, l’ angélique intention était si belle. Les constructivistes ont du souci à se faire face à eux-mêmes…
Côté techno-matériel, les tournants majeurs d’avancées théoriques en voie d’effondrement de fait à long terme, font courir les uns après les autres de plus en plus vite les impératifs d’innovation. Ne peuvent que favoriser un essor collatéral créatif de basses technologies de réparation et réajustement des besoins de base à une échelle incomparable, proportionnelle aux conquêtes perdues, comme les illusions.
La vie ne pourra qu’y perdre ses valeurs-systèmes et y retrouver, avec le temps, quelques humaines à soigner. Ou disparaître, comme beaucoup d’espèces animales, sans trahir sa nature vouée aux dénaturations mélioristes, si morales.
Beaucoup, perdus, disent ne pas savoir ce qu’est le système. Le bébé ne voit pas la matrice. La colère les prend quand il croient qu’on les insulte en rejetant le moins pire possible négociable. Les choses sont pourtant si simples : on emploie ce mot quand on ne peut plus parler de civilisation humaniste ou de culture humaine, pour toutes ces raisons qu’on connaît trop bien, au fond de soi, du puits.
Qu’on voit et réalise qu’on ne peut plus rien y faire, qu’il est trop tard. Que les jeux sont faits, génération après génération perdue. Un fait si réel, pas une contre-théorie de remplacement inutile ou encore plus nuisible. Les gens ont du mal à voir leur vie devenue. La est la racine.
Brouillard matinal
Sur la vallée
Arrosée de chants d’oiseaux
Premier printemps du monde