lundi 9 mars 2026

SOUS LA LUNE FROIDE

 

 

Sous la lune froide

Les coings mûrs

Lâchent leur arôme


Paix armée. Quand entre les gens il n’y a plus que la violence nue de ce qui prétend remplacer la vie, et de la théorie collective. La guerre civile se prépare longtemps avant l’éruption cutanée. Progressivement, au sens du progrès selon l’intérêt particulier de chacun contre chacun, si habilement étendu, comme un mort de la Commune avec sa fleur rouge au cœur rimbaldien.


Liberté désincarnée. Dans ces pays d’ailleurs et d’ici, ceux qui font leur loi au nom de la loi de leur prétendue liberté de la faire, comme si la loi était la liberté, règnent. Et que la liberté que dit garantir cette loi, était de conscience, quand la vie n’est plus que de la science dans une expression sans âme.


Pandémies ou guerres. Les jeux sont faits dans un monde où possédants et dirigeants n’ont plus d’autre choix logique que celui de préserver le privilège de richesses et pouvoirs imaginaires face au réel mouvant de la vie.

La vie des vieux doit être sacrifiée et celle de beaucoup d’autres avant qu’ils le soient. Utilisant le chantage à la vie avant que la vie ne les utilise et fasse finalement déchanter. Avant leur conversion à on ne sait quel dogme confortable pour l’anesthésie générale nécessaire.


Ce sacrifice social ne peut que coûter aux pouvoirs, que la naïveté coupable ou rackettée des jeunesses alimente en permanence en vain et guise de vie nouvelle vague. Contraints d’abandonner les gens, ceux qui règnent contraints aussi, d’abandonner leur pouvoir et le pouvoir.


Pendant qu’ils préservent un temps inutile, ces pouvoirs-là, les gens ne peuvent plus que créer les possibilités de vivre autrement. Bonheur furtif récurrent éternel dans la marge de temps. Résistance globale pour une vie réémergeant partout, mouvement de fond invisible, submergeant sans violence toute immobilisation. Rien jamais acquis.

Toute organisation, armée ou pas, nécessite des rouages non bloqués, une fluidité mécanisée. Un grippage progressif de ses structures métalliques reptiliennes ne peut cependant qu’intervenir partout tout le temps.


Seuls des robots à la Star Wars pourront y maintenir un ordre éternellement théorique. Dont l’absurdité peut alimenter tant et tant de récits absurdes et hilarants. Si tout n’était pas si tragiquement nié et mystifié. Que les nihilismes y pullulent de plus en plus mortellement comme une belle santé naturalisée de frais comme le visage d’une beauté ou d’une autre, à vendre.


Le nécessaire sacrifice des vies, la mécanisation des survies rend visible et lisible la logique cachée du système civilisationnel en place. La redistribution des cartes permettra t-elle de changer la raison fondatrice d’un ordre de plus de 2000 ans ici ? Après tout, ne fait-il jamais que se maintenir en place comme une vieille machine rafistolée, faute d’alternative à la fois crédible et réaliste. Tellement plus que de pétrole.


La profondeur naturalisée des souffrances traversées ici et ailleurs partout tout le temps, autant que celles des libertés retrouvées dans les circonstances dans leur épreuves, est toujours déterminante indéterminée.

L’Intelligence artificielle aura fort à faire et ne fera sans doute qu’ajouter un désordre majeur plus ou moins fatal au vieux monstre échoué. Dommage, l’ angélique intention était si belle. Les constructivistes ont du souci à se faire face à eux-mêmes…



Côté techno-matériel, les tournants majeurs d’avancées théoriques en voie d’effondrement de fait à long terme, font courir les uns après les autres de plus en plus vite les impératifs d’innovation. Ne peuvent que favoriser un essor collatéral créatif de basses technologies de réparation et réajustement des besoins de base à une échelle incomparable, proportionnelle aux conquêtes perdues, comme les illusions.


La vie ne pourra qu’y perdre ses valeurs-systèmes et y retrouver, avec le temps, quelques humaines à soigner. Ou disparaître, comme beaucoup d’espèces animales, sans trahir sa nature vouée aux dénaturations mélioristes, si morales.


Beaucoup, perdus, disent ne pas savoir ce qu’est le système. Le bébé ne voit pas la matrice. La colère les prend quand il croient qu’on les insulte en rejetant le moins pire possible négociable. Les choses sont pourtant si simples : on emploie ce mot quand on ne peut plus parler de civilisation humaniste ou de culture humaine, pour toutes ces raisons qu’on connaît trop bien, au fond de soi, du puits.


Qu’on voit et réalise qu’on ne peut plus rien y faire, qu’il est trop tard. Que les jeux sont faits, génération après génération perdue. Un fait si réel, pas une contre-théorie de remplacement inutile ou encore plus nuisible. Les gens ont du mal à voir leur vie devenue. La est la racine.


Brouillard matinal

Sur la vallée

Arrosée de chants d’oiseaux

Premier printemps du monde







 

jeudi 5 mars 2026

L' AMOUR SANS CHIMÈRE

 

 

 


L’amour vrai est intouchable, inaltérable. 

Tant qu’il est ce qu’il est, force naturelle existante. Il ne peut être contrarié ni nié, ni conditionné par quoi que ce soit qui ne vienne de sa force.

L'amour vrai, réalité virtuelle immanente, sans besoin réel de réalisation existentielle transcendante ou symbolique, logique ou méthodique.


À partir du moment où il a vérifié sa réalité une fois, qu’elle soit contrariée ou pas n’a plus aucune importance : on ne la changera pas. C’est elle qui change et se mue, selon son besoin intérieur d’adaptation face à une réalité qui peut la nier, l’effacer la séparer, la diviser. Elle danse au dessus des négations comme une non-contradiction naturelle, unifiée.

Seul se renie un amour fabriqué, construit, orienté, pensé, calculé, apeuré, intimidé, terrorisé, conditionné.


L’amour vrai n’a de relation qu’avec la nature qui l’engendre et conditionne sans le déterminer, et qu'avec lui-même. Sans le déterminer, comme cause ou effet de ce qu’il est, spontanément engendré, virtuellement réalisé, ou pas, pensé, voulu, désiré ou pas.

Sa réalisation « idéale » n’est ni sa cause ni son effet, ni son but, elle est une possibilité, ni nécessaire ni absolue. L’amour vrai est sa propre condition (mortelle certes, mais intouchable) et sa propre fin, sans détermination aucune, ni direction ni définition.


Peu importe son histoire spatio-temporelle, matérielle. Il est un mortel inaltérable. La mort ou sa limite ne le change pas : c’est lui qui change de forme, de dimension, de condition, selon le milieu dans lequel il vit, meurt et renaît, apparaît, disparaît comme un oiseau sur la branche.


C’est la raison pour laquelle on ne le connaît pas, on le vit seulement. On ne le comprend pas, on le prend ou pas. On ne le contrôle pas, on le vit comme une saison, sans avoir besoin de la certitude garantie de son retour.

Retour en soi, que cette saison des amours, la graine peut attendre sans germer. Le fait de ne pas trouver le terrain où se déployer dans une dimension ou une autre, ne change rien à sa nature, n’exige aucune structure porteuse, ne donnant que le sens cosmique de celle-ci.


Il y aurait un romantisme apparent, exotique de frustration dans ce fait de nature, romantisme dont la nature, finalement n’a nul besoin. Le romantisme venait d’un besoin logique d’explication spirituelle, surnaturelle de cet inconnu que l’analyse dualiste, vivisectrice, mécaniciste et rationaliste fabrique  en série limitée.


Le besoin spirituel romantique, réponse déviée, sublimée au besoin physique d’union profonde entravé . Compensation imaginaire calmant l’angoisse d’un désespoir déplacé, décalé, flottant, dérivant.

On ne calcule pas la vie, son cours, son action ou son espoir. Les mères ont tort de vouloir programmer sa trajectoire. Éduquer n'est pas conditionner. 

Comme une "handicapée" de la civilisation, on respecte la vie et accompagne, cette trajectoire, virtualité comme elle est et n’est pas.


Union profonde, définitive. Un mouvement définitif nourrit et charge chaque instant de vie de l’énergie illimitée de sa puissance naturelle. Nul besoin de la réalimenter en vol par du réel limité, conditionné, détaillé, échangé ou prouvé, reconstruit, doublé, sécurisé.

Au contraire : toute réalité matérielle, affective, mesurée lui est soumise, dépendante comme le petit de sa mère au sein.


La liberté de dire en secret direct ce qu’est cet amour-là demeure intouchable dans sa dynamique naturelle. Sans conséquences tirées du fait qu’elle existe, dans un sens ou un autre.

L’amour sans parti pris, ne connaît pas la division, la réduction, la manipulation, la pensée. Ne connaît plus l’espoir ou le désespoir. Il vit le temps d’une vie autonome complète, non limitée par la pensée de la condition matérielle provisoire, même et encore plus si sacralisée. D'où son apparence d'éternité puissante, absolue, que les conventions vont caricaturer en standard vainement conventionné. Pourquoi institutionnaliser ce qui est, sinon pour bloquer son devenir ?


Son plaisir, au-delà du principe de plaisir ou de souffrance. L’amour vrai est animal, animé et détaché de la séparation comme un chien fidèle : elle ne le touche pas, ne le change pas.


La séparation ne suspend que des virtualités, pas leur dimension, pas plus que conserver une certaine graine en milieu stérile ne suspend les siennes. La séparation, sauf si elle est réelle de fait et de son fait, ne suspend pas la réalité, elle la divise en théorie imposant une application discriminante qui ne change rien. La question de la théorie est celle de croire compenser ce qu’on ne vit pas.


Il y a un plaisir dans l’ascétisme puritain en général à se défaire de soi et de tout, surtout de ce qu'on ne peut pas avoir ou être. Jouissance symbolique immense d'un orgasme de substitution supérieur, celle de se voir et sentir vivre mourant à soi et au monde.

Le plaisir de vivre au-delà de conditions déterminées de vie insatisfaisantes. Grand plaisir à nier cette insatisfaction par et pour un plaisir plus grand que ce qu’aurait offert une satisfaction limitée ou impossible. Réaction du plaisir de vivresi humaine que celle de vouloir ne pas mourir en mourant. Vouloir une continuité spirituelle dans la discontinuité de sa condition, comme on se reporte sur les enfants, en sens inverse.


Cette voie mystique et spirituelle du plaisir compense et dépasse la joie interdite,  voie en apparence légère et négatrice, soulagement du poids d'entraves déchirant le désir.

Le maintien de la joie naturelle, elle, par-delà son interdit, une autre façon de faire. Non divisée dans et contre ses propres désirs d’en fabriquer des symboliques de remplacement, d’immenses compensations rêvées. La pensée consciente ne nous lâche pas de jouir de sa souffrance faute de pouvoir le faire de la joie barrée.


Le refus de la division de soi et d’avec la nature, pose l’éternité de ce qu’on est, à mort, sans concession ni violence ni manipulation. Acte de vie libre qui ne pose rien que la vie, ne s’oppose à rien ni à personne. Fait naturel que rien ne peut changer. Le regard de l’animal qu’on abat, inaltérable, comme celui entre deux amants, entre lequel il ne passe rien d'autre qu'une intensité spontanée.


La conscience de ce fait est plus satisfaisant, pour certains, que celle d'une négation jouissive des limites à dépasser dans un plaisir sublimé, symbolique, provisoire, mais en attendant, déchargeant vitalement, les tensions contre-humaines d'une réalité empêchée.


La nature n’a pas plus besoin de romantisme analytique que les amants de mode d’emploi. Le romantisme n’a pas inventé l’amour, au contraire. L'amour, comme l'art, ne se pense pas, ne s'explique pas scientifiquement. 

Il se dit et redit dans le désert serein d'un exil qui ne renonce pas à ce qui le fait, renonçant à ce qui le défait, fidèle à lui-même sans violence ni fanatisme ni colère. Attendant simplement sa mort naturelle, rejetant la trique assommante de la raison pure ou pratique.

On peut préférer l’original à la copie : l'original jouit plus, plus sainement, plus profondément, plus définitivement, plus vrai, sans penser, calculer ou avoir peur. Il est organiquement aussi libre de ses mouvements fous qu’un moineau, menu peut-être, mais sauvage.

Libre aussi bien d’une spiritualité manichéenne que d’une intellectualité analytique, disciplinaire, gratifiante, socialisée. Enflée et lourde comme une armure du Moyen-Âge dans laquelle il a bien fallu faire ses plus naturels besoins dans le feu dévorant le choc du grand suicide collectif.


L’amour vrai aime et dit. Il ne fait rien et ne dit rien de plus, n’engage, mais ne dégage personne. Dire son amour, première et dernière liberté.


Une autre dimension unifiée, qui ne dépend pas du construit, ne le nie pas, mais ne reconnaît pas ses dimensions négatives et sacrificielles, artificielles, fabriquées contre la vie profonde de surface. Sans angélique chantage doux castrateur.


Dimension ni agressive ni angélique, ne cherchant pas à faire bien, comme à l'école du petit apprenti, elle fait ce qu’elle a à faire, consciente sans conscience. À la fois volonté, désir, destin et inconscient, corps et âme.


Indivisés, indivisibles, inconnaissables, mais vécus, aimés. Non-engagés, sauf à eux-mêmes. Intériorité extérieure de lien, reliée, virtuelle ou réelle, peu importe. Pas de mal ni mal à vouloir vivre sans bien établi, fixé, standard, neutralisé, sécure et stérile. 

Une intention personnelle, dynamique, sauvage, pas un projet, une projection, un espoir ou une idée. Pur sentiment non purifié, puritanisé par un désir cassé à réparer. Juste un fait, un faire de nature, comme on respecte un fait de culture répondant dans sa dimension nécessaire et amie de l'autre côté de la rivière. 

Deux rives différentes unies dans un mouvement cosmique liquide, massif et subtil à la fois dans sa forme terrestre divine vers la mer patrie, le vieil océan.

mercredi 18 février 2026

PASSANTS DE L'INSTANT

 

 


Écrire faire l’amour

Toujours l’été

Certains humains

Façon directe, accepter

Commune condition

Dépassée

Dans l’instant


Taureau Bleu, Petite Elfe

Il te doit

Pas de folie à l'aimer


Mignonne, allons voir si la rose

L’ancienne chanson décrit toujours

La chose

Face aux limites

Acceptées

D’une joie tragique


À l’embranchement d’un autre temps

Il aurait dit oui, bien sûr


Pas un refuge mais

Façon d’honorer

La commune nature

âme et corps

Partageant l’instant éternel


Elle avait raison, offrant

Montrant


Charge de vie

Transmettant l’instant de feu

Éternité de l’Histoire

Joie et naissance

Libres et détachées

Désarrimées


Écartées les peurs

Les réticences, les refus, les vertus

La révolte et la violence


Transcendant toute limite

Mort, vieillesse, maladie et impuissance

Corps whitmaniens

Qu’on honore

Et chante

Exclusivement


Pas de folie à aimer


Montaigne, Hugo et Whitman

Pas loin

Amour agapè en plus, toi

Libérés des principes clos

Sans infini

De notre finitude


Il aurait dit oui, bien sûr


Paix avec les limites

Acceptée pure la joie

De l’instant

Sans autre morale

Ni mal

Ni désir de plus


À l’embranchement d’un autre temps


Avoir vécu jusqu’au bout

Ce qu’on va perdre sans regret

Intensité telle

Qu’elle délivre

La nostalgie

De recommencer


Taureau Bleu, Petite Elfe


Persévérant sous toutes ses forme

Chaque instant

Jamais cessant d’aimer

Qui n’importe plus

Mais comment

Rester fidèle face

À l’absence


Pas de folie à aimer


Une infidélité

Fidèle à elle

Honorant le souvenir

Revivant au présent

Sans limite

Dans les limites


Il aurait dit oui


La souffrance partagée

Des limites

Comprend et reporte

Et transporte

Et accepte

Et la mort et l’inclusion


Elle avait raison


L’amour et le corps

Jamais n’importe quoi

La mort, le mal, la maladie

L’impuissance et l’absence

Dictent conduite

Et bonheur passagers

Non-renoncement


Il aurait dit oui


Continuité, d’autres moyens

Montrant l’immortalité

À chaque instant perdu

Rien n’est jamais perdu


Bien sûr, à sa douceur


La main qui caresse

Vaut tout

Fougue de la jeunesse

Tendresse de l’enfance

La folie de la passion

La raison sentimentale Agapè

 

Bien sûr, bien sûr


Face au néant ami

L’éternité de l’instant

Deux en un corps

Jouissant sans fin de la vertu

D’une intensité d’une vie

Sublimée


Dit oui, oui, oui


Instant animal

D’une une âme protégée

Des logomachies

construites

De la domination mentale

De l’esclavage des corps


Jamais de folie à aimer


Face au devoir de continuité

La rupture de l’instant

Perpétue

L’autre façon d’aimer

Et servir

Sans asservissement


Maintenant il le voit


Ni sacrifice ni

Renoncement

Don absolu vie

Immédiate éclatant

Loin des institutions

Des caricatures


Il voit, pas de folie à l'aimer


Écrire faire l’amour

Toujours été

Pour certains humains

Façon directe d’accepter

La commune condition

Dépassée sanctifiée

Magnifique foi

Dans l’instant


Qu’importe le reste ?


On vient et revient de la mort

Passants de l’instant

Pour y retourner vite

Honorons la vie

Sans remord

Ni regret

Ni rien

Qu’un oui,

Oui

Si demain

Si 




 

dimanche 8 février 2026

COMMENT FINISSENT LES RÊVES

 

 

Comment finissent les rêves


L’avenir chante

D’accepter un présent

Inacceptable

Règne en faux


Présent qui déchante

l’illusion enfante

Les visions enchantées

Du rêve perdu


Le beau futur parfait

Pas compte du ver

Dans le fruit vert

Au futur imparfait


Conjugaison de temps

Mal conjugués

Pas de concordance

Des temps


Tout se tient

Tient à rien

Tenant à tout

Tout ou rien


Tout venant

Comme ça vient

Rien ne revient

Tout devient


Tout revient sans lien

Sans rien

Bonheurs éphémères

Le long du chemin


Les prières du soir

Les au revoir

Les mots doux

Les mots fous


Joies simples

Instants trompeurs

Peurs oubliées

Erreurs pardonnées


Musique du bonheur

Hymne aux oiseaux

Les enfants qu’on protège

Sous l’avalanche


Rêves avortés

Instants vides

Pensées avides

Sur le rien béant


Vin tiré

Mer à boire

amère bière trop forte

L’ivresse torture


Les icônes les idoles

Overdose mortelle

Marché conclu

L’instant d’un rêve


Rêve ou réalité

La limite n’est plus claire

En eau trouble

La clarté se dissout


La confiance en soi

Remet en question

Sa réponse

Ni bonne ni mauvaise


Les fantômes du passé

À peine tracés

Déjà effacés

Fatigue vague


La vague se retire

Vêtement anonyme

Sans forme

Ni texture


L’annulation du monde

Succède à l’affirmation

Théorique d’une simulation

De programme virtuel


Que reste t-il

De la réalité vécue ?

Une idée de plus ou de moins

Nourrissant les spectres


Vecteurs vivants

Sur lesquels s’animent

Les mouvements furtifs

De reflets virtuels


La mécanique s’emballe

Et se bloque

Repart sens inverse

Au point de départ

 

Mouvement de pendule

Mouvement pur

Autour de l’axe

Aimanté des peurs


Son clou au pilori

Tire sa corde

Raide

Funambule sur sa bulle


Mécanique de précision

Réglant le vague à l’âme

Heure après heure

Jour après jour


Les mots exhibent

Leur arbitraire abstraction

Attraction terrestre

Inutile et décalée


Le nihilisme atteint

Son but absurde et sourd

Branché sur la souffrance pure

Du pilotage automatique


Avion sans pilote

Désir capté

Ravitaillant un vol

Aveugle


L’absence et la distance

Parcourue

Comme une orbite

Éternelle aux confins des fins


Humanité galactique

Hyper-puissante vide

L'intersidérale

Vie explosée en vol


La désintégration

Segmente chaque chose

Puzzle analytique infini

D’un réel mort vivant


La complexité infinie

Des formes synthétisées

Capte les substances

De son filet d’acier virtuel


Un monde perdu s’éteint

Petit à petit 

Transfusant son sang

À la machine en manque


La fin du voyage

Approche lente et insensible

Mort agréable et douce

Injectée pour tous


Comment finissent les rêves








samedi 7 février 2026

LES GRENOUILLES DE L'ENFER

  

 

Les grenouilles de l’enfer

Aux longs couteaux reviennent

Son Large Regard au profil grec

À la chasse aux sorcières de Salem


Les grenouilles de l’enfer !


Saint-Augustin chef de meute

Médias libres de tout

Pistant l’odeur des soufre-douleur

Laissée par les meutes


Des grenouilles de l’enfer !


Tous les coups permis aux maîtres

Chanteurs du mal incarné

L’important, la peur

Des mots traqués


Par les grenouilles de l’enfer !


Surveiller et punir

Partout reviennent rôder la nuit

Autour des mœurs emmurées

La plume, le goudron et le plomb


Des grenouilles de l’enfer !


L’amour avorté

Seul droit cité des anges

Consommant ce droit

Sans droit de consommer


Des grenouilles de l’enfer !


En eaux troubles, repêché salé

Chacun se reconnaît

La loi du silence seule

Protège du Rien en sursis


Des grenouilles de l’enfer !


Réarmer les vieilles tueries

Peu importe qui quoi comment où pourquoi

Sens ou non-sens, aux cimetières sous la lune

La haine opère sa vieille chirurgie


De grenouilles de l’enfer !


Rimbaud, ultime recours des hauts maux

 Verlaine et ses longs violons sanglants

En ce pays si civilisé

Crime et mensonge


Des grenouilles de l’enfer !


Patrouilles de Dieu, mécanique étincelante

Héroïque, tragique, érotique-martiale

Massacres en famille, exaltante trouille

La Belle Sainte-Barthélémy, Ô Sade !


Des grenouilles de l’enfer !



Enjeux de hasard

Moins envie de gagner dans l’art

L’ange exterminateur

Tout bête, sans tête ni voix, la fête


Des grenouilles de l’enfer !


On se souvient, Colosseum

L’étrange et insoutenable issue sans issue,

Début pas passé, on comprend Rome l’horreur

Sexe, sang et sable


Des grenouilles de l’enfer !


Ordres noirs, rouges oriflammes

Financiers et industriels choisis

Légions, régiments d'insectes métalliques

Drones, androïdes, ombres  

 

Des grenouilles de l’enfer !


 Émasculés décérébrés

Anges de violence sacrée

Robots de Dieu, guerre des mondes

Orient et Occident


Des grenouilles de l’enfer !


Petite guerre à cheval de Troie 

Chasse au Christ, au Socrate ou Spartacus

Au Confucius ou Bouddha ? Allez !

Qu’importe le flacon !


Des grenouilles de l’enfer !


Casserole technologique

Psychiatrie de masse assistée

Autodestruction douce de l’intériorité

Vive la mort !


Des grenouilles de l’enfer !


Guerre des étoiles

Autour d’une vierge bleue étoilée

La fraternité des tranchées, tranchée

En route pour le Rien Qui Chante


Des grenouilles de l’enfer !


L’amour, maudit encore et toujours

Le mal absolu seul climatise

L’enfer du Progrès

Effondré


Des grenouilles de l’enfer !


Anéanties les magies blanches

La sorcellerie noire

Pour mille ans, c’était vrai

Qui rend grise même la lumière de la mort


Des grenouilles de l’enfer !


L’absolu adolescent dévoyé

Meutes fascistes en autres meutes

Violant si violemment les limites

Les yeux crevés pour plus pleurer


Des grenouilles de l’enfer !


Les belles flammes virtuelles

La pellicule du grand film noir brûle

Ne restera ni personne ni réalité

Dieu… reconnaîtra… les siennes…


Grenouilles de l’enfer !


Micro-réécrites vies de l’Histoire

Écran truqué des consciences collectives

Consentantes au casting final

Jeu Vidéo Meilleur des Mondes


Des grenouilles de l’enfer !


Poème de foi et d’effroi

Brûlé place Vertu du Large Regard

Honneur d’avoir regardé en face

 Les bottes alignées du Service Culturel Universel


Des grenouilles de l’enfer !