Il y
a des vérités éternelles qui n'ont rien d'universel, puisque
l’œuvre du temps, dans sa dévoration spatiale des mondes,
ne leur permet qu'un réalisme restreint, fini,
relatif, expérimental sans expérience intérieure,
régressif, mutilant, réducteur et destructeur. Il y a des vérités
universelles qui n'ont rien d'éternel, puisque cette même œuvre
temporelle « sécularisante », cette même
violence légalisée et légitimée par
la pensée humaine et sa triste histoire
auto-centrée autour du
cercle vicieux de
son institution, nie
leur existence étendue même, par la simple logique
existentielle pure de l'objet matériel de vie.
Toute
prétendue évolution n'est-elle pas que basse soumission
superstitieuse à l’œuvre noire de ce Temps
concentrationnaire dont on ne retient que la répétition
mécanique de résultats quantitatifs, dans la double illusion
du même et de la différence, entretenue dans des esprits perdus
éperdus par des liens construits et fabriqués par une
dialectique mécaniciste grossière, assimilatrice et simulatrice de
toute forme de vie et de vérité sauvages ou spontanées, où
l'Histoire tient lieu d'un Chronos logicien dans la plus pure cruauté
de ses amalgames supérieurs, de
ses sens uniques et de
ses voies sans issue ? Au dieu unique succède la pensée
unique, produit d'une savante manipulation intérieure-extérieure de
la Planche savonnée
en sous-main qui nous tient
lieu de credo et de salut collectif.
Liturgie panurgique
orchestrée.
L'échec
des sécularisations montre qu'il ne peut pas y avoir
d'extériorisation ou d'externalisation de l'intériorité,
mais qu'elle doit vivre avec et dans l'extérieur monde donné,
posé ou imposé, affronter ses limites, sa cruauté, son
absurdité et ses normes apparemment autonomes, vivre cet
extérieur, obscurci comme
par un nuage de pollution, en tant qu'intériorité exprimée,
formulée, déterminée, en accord, ou pas, avec lui, sans jamais
s'identifier avec aucune symbolisation exclusive provenant de
ce monde manipulé – dès qu'il entre en déconnexion matérielle
de guerre de sécession ouverte.
Une
symbolisation montante n'est qu'une apparence : on ne
monte pas sur rien, ni à partir de rien pour aller nulle part. Ce
que le monde matériel exprime, c'est un sens qui ne lui appartient
pas en propre, d'où la difficulté parfois de le lire, et ce qui est
matériellement exprimé n'est évidemment pas la matière
elle-même de cette expression : la matière n'est qu'un
média, un canal, un support, une forme temporaire en perpétuel
devenir. Ou alors, c'est un non-sens qui n'appartient qu'à lui,
viable peut-être, mais non enviable, isolé, hors sol, sous
perfusion, ravageur et suicidaire. Non-sens dont la racine nihiliste,
comme la cause stirnérienne, « basée sur rien », si
elle s'oriente contre nature, n'aboutit qu'à un pitoyable Evangile
du Rien, table rase de toutes les annulations, nullités et
sommes nulles, niant toute stabilité supérieure intérieure,
à l'inverse de la fécondité Taoïste de nature.
En
ce sens la relation vitale omniprésente demeure un mystère
inviolé, non pas en raison de ce mystère même, mais tant
qu'une approche respectueuse et ordonnée dans son sens n'est
pas pratiquée, tant qu'elle est vainement niée par une théorie
dominante de quantité pure de puissance opposée ou
concurrentielle, osant,
après la négation de toute vraie culture, revêtir l'armure
de ce mot, comme le bourgeois singea le noble après l'avoir fait
assassiner. Il est clair que ce mystère n'a aucune raison
objective de se refuser à toute approche liée ou unitive.
Ainsi, ce qui se dérobe ne l'est qu'au viol malsain de la puissance
dans son désir et sa volonté mêmes. Reste la grâce
de sa liberté préservée comme une sorte de parc national au sens
pratique, fondée non pas sur la loi du temps, mais sur une culture
encore debout.
Alors
que tout ce qui est perdu ou plutôt « déperdu » dans
ce viol établi de l'intériorité ou de
l'intériorisation est réinvesti, dans sa valeur volée, ajoutée à
l'extérieur, pour que rien, illusoirement, ne se perde... Et
ce renversement, cette réversion spéculative mécaniciste, qui joue
positivement avec des rouages psychiques supposés efficients et
démontables plus ou moins « invariants », est la base et
la matrice secrète du monde moderne industriel technico- commercial.
Son moyen est la guerre au, et la destruction du produit intérieur
brut spontané de l'être dans une rationalisation
universaliste-normalisatrice de l'infini des formes de vie. Son but,
vieux comme la première guerre de l'histoire dite universelle, est
l'esclavage, la mise en esclavage machinique des "grandeurs libres" du
monde, physiques et spirituelles – pour le soit-disant bien- être
du parc.

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