Comment
un système de gouvernement – y compris et surtout mondial – ne
connaissant que des rapports de force, la violence nue ou larvée, ne
peut qu'engendrer, à long terme, la bête immonde de la
guerre civile et les démons pathétiques et pathologiques de toutes
les dichotomies du monde. Quand les divers amortisseurs naturels et
méta-culturels permettant d'encaisser non de l'argent, mais de
parer, nier et ignorer les chocs de ses griffes d'acier et de feu,
comme on terrasse un dragon mental, ont été soigneusement sabotés
par des intérêts de chiens sanguinaires déguisés en smoking
stylés et rutilants, ceux qui ont beaucoup à gagner aux chocs de
compétitivité des forces. Ceux
qui ont le plus grand intérêt, misé à fond,
à ces chocs déstabilisants répercutés sur des valeurs précises,
comme dans un billard de boules sanglantes, il est évident que les
secousses, les répliques et les chocs en retour du volcan réveillé feront inévitablement leur basses œuvres.
Quand
l'énergie intenable, inconvenable et incompressible d'une jeunesse à
la fois abandonnée et condamnée comme un animal reclus à l'abri de la lumière et spirituellement
sous-alimentée – voire même empoisonnée – , explosera en
redoutable ressort trop longtemps comprimé, les temps du chaos
sanglant reviendront, celui des chiens de l'horreur
et de la mort, défiant l'humain où qu'il soit.
Temps déjà initiés
dans des banlieues abandonnées à la drogue et au
fascisme, où règnent déjà
les maîtres de nouveaux fanatismes identitaires noirs, rouges
et verts, autant d'écailles du dragon qui bouge déjà au
milieu des fumées, nouveau Golem.
Il
y a toujours eu des forces qu'il ne faut pas défier en l'humain,
mais l'extrémisme et l'anarchisme moderniste et scientifique,
l'appât du gain et la barbarie économique, la volonté de jouir
sans limite, les crises des maîtres noirs
poussent intrinsèquement au dépassement négatif de ces crises par les massacres
aveugles immémoriaux, les négations radicales d'humanité, et toutes les
rages attisées de l’ultra-violence. Ainsi, amis du genre humain à
gauche d'une imposture de gauche de sinistre mémoire, ne
savaient-ils pas ce qu'allait inévitablement engendrer cet acte
fondateur de violence, dans le temps imprévisible autant que
manipulé désormais, 50 ans plus tard, ceux qui firent mai 68 dans
la rue – avec des pavés obscènes : un fascisme tout
neuf sorti, accouché de l'Hydre Hydraulique, avec ses vases communicants,
brisés et d'expansion.
Un
nouveau fascisme pour affronter "logiquement" l'ancien, comme d'habitude, le
« traditionnel », cause de tous les maux comme un
néo-juif, national et international. Sous Paris plage, sang et os de bêtes innocentes (et immondes mêlées dans le baiser de la mort),
exécutées
d'une Commune aussi et non
plus, déjà, jamais, oubliée, sous les fesses graisseuses d'un Château
maudit. Aucun Enragé n'est seul ni spontané, tous sont solidaires,
en humanité perdue d'utopies sanguinaires. Le vin, ici, est tiré pour l'éternité :
rien ne l'arrêtera, sauf quelque chose d'autre que ce rien
transformé en tout, hélas, heureusement. Le mal des rages, hélas, oui, fait des
"miracles", comme peste et choléra, alternant leur étonnant
pouvoir psychologique, leur terroriste équilibre "productif", prétendument créateur de richesses. Il n'est de richesses qu'humaines, le reste est mensonge.
La
guerre totale nouvelle, inédite, "est ouverte", servile, servie, qui vient et monte, déborde, escalade ses
crans supérieurs d'horreur psychologique, sera un chef-d’œuvre
ultime, défi magnifique et extraordinaire à Dieu et à la
Raison, apothéose géniale du mal, dont Mein Kampf ne fut que le
brouillon improvisé trop
limité. Encore jeu de cet esprit qui s'ennuie pointé par Alain, répétition prématurée, satanisme puéril,
illogique, imparfait, précaire : la maladie n'était pas contrôlée, les objectifs
trop vagues encore, les ambitions pas assez finalisées,
visualisée, simulées,
calculées, fixées, gelées, glacées sur le papier décapité.
Tout
cela importe peu, au fond : la guerre montrera, comme toujours,
dans son ignominie supérieurement moderne, que seule une
paix intérieure inédite la
vaincra, entamée dès sa naissance cachée, quand 68, allumant pour notre malheur celle
d'aujourd'hui, éteignit heureusement, sans le voir ni savoir vraiment,
innocemment et avec grâce,
dans les intérêts croisés qui le manipulait, mais en le
voulant, celle du Vietnam.
Innocence sereine,
seule réponse, aussi et encore et peut-être même d'abord, à opposer
aux pleureuses enragées
des massacres et horreurs à venir de tous bords. Lucide, efficace
comme une lame parfaite, celle dont on ne se sert pas pour trancher
dans le vif, mais pour vivre dans sa chair transcendée, mais pour trancher dans le mort et surtout le mourant, l'animal le plus dangereux. Lame au métal de méta
pur, loin du trans- et du post-
des historiques primaires contaminés. Celle du Samouraï
méta-nietzschéen, méta-manichéen. Le Samouraï Fleuri.

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