"Seul l'être humain a une destinée éternelle. Elle répond à la destinée éternelle de l'être humain. Les collectivités humaines n'en ont pas. Aussi n'y a t-il pas à leur égard d'obligations directes qui soient éternelles. Seul est éternel le devoir envers l'être humain comme tel. Cette obligation est inconditionnée. Si elle est fondée sur quelque chose, ce quelque chose n'appartient pas à notre monde. Dans notre monde, elle n'est fondée sur rien. C'est l'unique obligation relative aux choses humaines qui ne soit soumise à aucune condition." Simone Weil, L'Enracinement, Prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain, 1943.
Regard de cette femme. Scrutateur profond sans jugement,
impérieux, mais généreux, emprunt d'une mystérieuse et lointaine
mélancolie tempérée par une sorte de sérénité dans la
certitude, de douceur affirmative active, touchant au partage du plus
spontanément humain.
Cette
voix, avec son indéfinissable intériorité sonore, sa sororité intérieure, cet accent d'enfance
et ce souffle de feu,
d'une unicité à la fois fugitive et universelle, cette mystérieuse
fugacité musicale.
Reconnaissable entre toutes, mémorielle.Deux en une, (re)transmise.
Fugue lumineuse
de mots, chantant comme l'eau
vive d'un Bach, exprimant tout ce qui peut l'être des
couleurs de la vie, avec
cette sorte de justesse raffinée, mais libre, qui fait aimer la
langue d'un amour naturellement élevé, sans
l'exclusive ni le pouvoir qui tord, à la fin ou avant
la fin, le visage ravagé des anges déchus, poussés
dans le vide du mal
par la cruauté d'un
système ignoble.
On
ne trahit pas un tel visage, on ne fait pas taire pas une telle voix
sans se trahir soi-même. Rome
n'est rien.

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