mardi 3 juin 2025

LE DON DU DON


L’un des malheurs bien pitoyable de notre prétendu système moral est qu’il a totalement perdu le sens du contre-don. Fascisme commercial oblige. Cet impitoyable Droit des affaires éradique d’un trait de plume acérée, parfaite à ce niveau, la culture des naturels coloniaux préhistoriques d’Amérique, l’une des plus belles rencontres, et d’ailleurs.


Comme la liberté. Ne pas être libre : « On n’est pas libres ». Non pas tant dogme que fait inexplicable, mystère culturel, seulement justifiable, crime social sacré.


Dès l’enfance « socialisée » expliquée des programmes, on n’est pas libres parce que ne pas être libres, c’est pédagogique. Sert à apprendre à ne pas l’être, à rien d’autre. Sinon comment y croire, souscrire à cette vérité contre-nature de notre culture ? Le conditionnement.


Une fois la chose admise, pourtant jamais acceptée vraiment (demandez-le vous à vous-mêmes) , tout est permis en son nom : mensonges, manipulations, trahisons, guerres, esclavages, corruptions et compagnie. L’école du crime, si aimable, paisible, l’enfance de l’art de la guerre. Alors que rien n’est plus libre que le don et le contre-don.


Pour ceux-là, ces maudits dangereux-là, ce qui est caché le plus longtemps possible, c’est qu’il faut… payer. Le commerce, comme le sexe, un si beau paradoxe. Rien n’est vrai, dans cette permission, sauf le profit à en tirer pour un autre. L’altruisme...


Ce don naturalisé de Dieu, chez nous, catholicisés orthodoxes romains fascisants ou luthériens puritains enragés, idem fascistes, mis à part l’exception celtique préservée, jeté aux ordures des valeurs, de l’antiquité à la modernité. Explique parfaitement la fulgurante et incontenable victoire morale d’un Christ renversant la table et les restes du festin empoisonné. Les chiens en meurent encore.


Hélas, la stratégie de récupération du phénomène chrétien authentique, sa résurgence, sous forme d’un naturel éternel et indestructible, aggrave encore l’irréparable perte et anéantissement du contre-don.

Le transformant en cadeau empoisonné, prohibé par la loi comme une perversion morale hors des zones de charité réservée, se moquant de l’hôpital légal de la solidarité sociale au nom d’un humain spirituel de synthèse très politique.


Ordre maudit d’un chaos religieux criminel institué, sans alternatives. Guerres, croisades civiles et culturelles, à ce prix, définitivement insolvable. Le mal, endémique, psychiatrique dans ses pourrissements évidemment incontenables. Orientant tous les espoirs et désespoirs de son impossible défaite.


Le sens d’une vie ne peut être de le chercher ou de le contrer, il n’est que libre et tragique par sa sauvage et libre détermination. C’est un don, dont la vie qu’on mène et malmène n’est que le contre-don. Vive la vie, pas les escadrons de la morale de mort.



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