Il y a un parallèle secret entre une renaissance et une mort futures, de l’ordre d’une transmission de l’âme, quand elles sont très proches.
Étrange transe-migration in vivo, qui n’en est pas une au sens classique du terme. Processus spirituel sauvage parfaitement ordonné en dehors de soi.
La vie racinaire cherche la vie, reconcentre, reforme et regroupe les graines psychiques secrètes dispersées par le souffle immense du mal apparent, involontaire transe-porteur.
Transe-mission ouverte, en ce sens que les directions que prennent les graines errantes conservées tombent sur un terreau tendre et appelant qui les attend sans intention de reproduction à l’identique. Juste une matrice ouverte au vent libre pour la dissémination des diversités et des diversions apparentes, loin de Pascal et de ses enfantins divertissements en chambre.
Plutôt processus de prolongement évolutif-synthétique, non pas tant de vie en soi, que d’énergie spirituelle au sens donné par Bergson.
Elle-même déjà transmise, de loin en amont, qui ne peut pas se perdre ni se rendre, qui ne le veut pas, convergeant virtuellement avec un faisceau de parallèles de forces subtiles qui la dépassent, réorganisent et (ré)orientent.
La nature des âmes et leur mouvement nous échappent dans leur relations éternelles directrices, et fait bien ce qu’elle a à faire dans son ordre sexuel symbolique mystérieux, si efficace et déterminant, sans théorie à la Freud des salons. C’est lui et rien d’autre qui nous tient debout du début à la fin et au milieu de l’étrange voyage de vivre. Les sorciers gitans le savent.
Transmission, apprentissage, initiation, expérience, pratique, partage, retransmission. Corps et âme jusqu’à un point ignoré intuitif et furtif, mais définitif. Le plus déterminant de l’indétermination apparente étant évidemment inconscient, onirique, spirituel, aussi profondément sexuel qu’un accouchement-allaitement du côté clair de l’âme-sœur entrante-sortante. Tous les premiers le savent et vivent.
La nature intime sauvage de ce fait humain animal de base, dans son infinie subtilité, aucune machine logique ne la violera, même demain, dans son transhumanisme de bricoleur du dimanche de la vie. Elle ne le laissera pas passer au stade industriel de masse. Elle avortera spontanément aussi loin que nécessaire, comme une bête du Bon Dieu en cage ne se reproduit pas.
Il la dévoiera, la corrompra un moment inutile et suicidaire pour revenir, la queue entre les jambes, aux lois qui ramènent à son impuissance de viol et pouvoir. Mal fondamental d’imposture, d’impossibilité pure et simple d’exister viable, vivant, vif et vrai, réel, sentimental et fertile, sexué libre et nécessaire comme le sein palpitant d’une femme. Toute autre religion est un crime organisé vérifié en soi par la vie éternelle comme elle est, exclusive.
C’est plutôt l’inverse, au sens positif de choc en retour du chamanisme inconnu de la chair dans l’âme humaine. La trahison transcendante de toute théorie rapportée sans rapport. Le rapport entre eux, intouchable, ainsi fait la nature de ce rapport, déterminé dans toutes ses indéterminations. Destin aimé et son éternel retour comme prix inestimable de la vie haute et large dont parle Thoreau, sans concession.
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