LE CHOC EN RETOUR
Chacun devra être sauvage, n’appartenir qu’à l’action, à la création, au partage du bien et du mal. N’être conquis ni une fois ni deux ni trois.
100.000 fois, reconquis au prix d’amour, de travail, de respect, confiance et fidélité. Dons et combats. Rien ne finit jamais, ni le bien ni le mal.
Animal humain, loup ou louve avant la grande danse de guerre, approche progressive, prudente du signe de reconnaissance immédiate, en douceur, délicate, vérifiée, provisoire, concédée l’instant fugace retrouvé d’un espace commun furtif, sens retrouvé au hasard des champs des ruines, ruines des vies, ruines du temps, décadences revenantes. Éternel retour...
Relation refaite à neuf, intimité dans la fraternité, l’instant au lieu du contrat de contrainte contradictoire barrant le ciel mental, escadrille de bombardiers stratosphériques robotisés lâchant sur un village de jungle humaine post-apocalyptique résitante à la Matrix, sa Little Boy.
Parole donnée reçue, repositionnant son sacré originel dans l’ordre d’un monde réel, présence animale terrestre jusqu’à la plus brute matière de forme de nature et d’art, spirituellement vécue, sensible en avant, à reformuler différemment d’une identité de vue partagée.
Alchimie rimbaldienne, vision morrisonienne aboutie de mots poèmes rythmant rejoignant les anciens chamanismes en choc de retour des tribus. Éclatant d’un geste chanté, enchanté, incantatoire le carcan linguiste liant langue et lèvre cousue du Carré, Nouvelle-Orléans, des chaînes de mots et de pensées. Anciens et nouveaux ducs et duchesses du vide considéral dégénéré attendant leur injection d’intelligence artificielle.
Jeanne, garçonne paysanne aux formes généreuses, tranche les chaînes d’un seul coup d’Excalibur, trempant dans l’eau du lac souterrain son acier féminin sacré, sang césarien à coeur ouvert éclaboussant de cristal éblouissant les Christ calcinés au lance-flamme du Vieux Fusil sur les bûchers inquisiteurs revenus, pluies de cendres, Hiroshima, marées noires du sang. Image brûlée-fondue liquéfiée de leur visage féminin recouvert des crachats du feu purificateur des déviances de l’espoir.
Pluie de larmes des Vierges, villages défoncés d’obus et cratères, quartiers brûlés vifs, Napalm ou bombe, courant nues déchiquetées, perdant leurs règles ouvertes par l’acier, feu partout sur la route photographique oubliée quelque part, Vietnam, machine gun hendrixien, hélicos d’Apocalypse Now, drones et snipers, missiles et logiciels, Évangile , Peur sur la ville – Gaza-Guernica. Pluie de roses kerouaquiennes sur nos enfers. The End / This is.
Parole image, Œil dans le ciel dickien, oreille interne du vieil entendement, harmonium humaniste brisé, déchirée par des réacteurs surpuissant, tonnerre et foudre froissant l’air, oiseaux de fer sur le monde, Guerre des étoiles, Guerre des mondes, serres progressistes des conservations dominantes .
Solitude du grand Non, signe de Dieu, athées christiques hétérodoxes jetés aux bêtes du Colosseum, pions du jeu de massacre gladiateur, ceux qui vont mourir, Saint Barthélémy, Vendée, Auschwitz, bébés aux chiens, femmes aux flammes, écrasées au bulldozer, hommes aux billots des machettes, massacrés à la masse...
Solitude éparse, tristesse absolue, Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, Django encagé, femmes torturées, éviscérées enceintes, hommes dépecés, morceaux de leur coeur recollés par l’amour caché des maquis de l’humain.
Chant des Partisans, au loin : les ordres noirs reviennent, plus beau et tragique encore, venger les larmes de sang des humiliés, des suppliciés éternels, présents et à venir, nouveaux Cimetières sous la lune au grand jour, vu et su et rien, que le petit moi collectif ordinaire confit, gélatiné dans sa grande haine légitime et conforme et parfaite et heureuse. Officielle sacrificielle, immortelle.
Chacun devra redevenir sauvage ou barbare, humain ou civilisé.
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