Dieu a consenti à ce que tu te donnes
La poésie était une prière, non un théâtre
Tu lui rend un otage révolté de la première Heure,
Rebaptisé du jour
À toi à jamais, Myosotis semés à l’infini Comme dans un Printemps De Botticelli
Lavé à sa source
Soigné, nourri, désaltéré, rendu à la vie Merveilleuse
Ne plus que mourir heureux en toi pour toi.
Soleil d’océan de lumière
J’effacerai tes douleurs de sel, juré.
Tu brûleras au paradis, baignée du baptême Secret d’un lait
De tendresse caressante sans fin,
Dans une marée de mousseline et de soie humaines.
Mont dans ma main, coquille sur la plage Étale dans tes yeux
Tes jambes ont les bras d’une enfant Abandonnée
Tes yeux ne chercheront plus à voir,
Ils verront ce qu’ils cherchent.
Ton sommeil redevenu lourd, tes cheveux Redevenus longs.
Ton cheval tombé de fatigue sur l’herbe Émeraude de l’ailleurs ici maintenant
À jamais, whitmanienne Prairie Américaine
Le soleil de tes yeux traversant l’eau
Des larmes du passé de sa lumière glacée,
Feux féminins, ma race non éteinte
Par la mort de la tienne – miracle !
Inondant mon sang d’eau verte, marine, Houleuse, écumante
Salive sereine recueillie dans les brisants D’une vie dénouée du mal
Fille verte, Rédemption d’avant mort
Si belle, vivante et triste et fertile,
Proue plongeante, barque écumante
Ballottée dans la main du Dieu d’amour
Je suis ton Mât, incliné de respect,
Île absolue, dressée
Volcan Excalibur émergent, crevant la vague,
Comme le sein crève l’étoffe déchirée
Tes courbes douces arrondissant les collines Du lac de l’enfance,
Chevaliers perdus, Kerouac et autres celtes errants oubliés
Mère Nature, éternelle, amour heureux
Des bêtes humaines
Parc perdu du Bon Dieu aux Sauvages Génocidés
Par delà le Napalm, la chair brûlée
Du monde,
Plus loin,
Tu lanceras ma barque en feu vers le soleil Couchant de ta blessure sanglante
Ton enfant la regardant devenir le point
D’un jour nouveau
Honneur, hommage éternel à toi, Fille de Feu, Mère du monde
Phare englouti des nuits de l'enfer maudit
Doux gouffre sidéral des déserts galactiques De l’amour
Mondes parallèles, Mémoire à vif de L’Invisible vérité
Mémoire à vif, saignante, chair arrachée
Des vies parallèles
Faille mortelle du Mal, virginale, enfantine Prêtresse solaire
Sortie à la lumière du jour… Immaculée
Reflets de futurs passés dans l’œil cerné
De nuit de la Déesse enchaînée
Fécondité du double corps sablier recouvert D’un suaire malade
Osant rouvrir un présent christique, éternelle Sisyphe
Je t’honore et vénère, ici et à jamais
Pour les Noces d’un Été posthume
Nos Renaissances d’outre-monde
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