Rééduquer
des gamins décapiteurs ? Pourquoi n'a t-on jamais pensé,
aussi, à rééduquer ces anciens gamins, usés par l'erreur
nazie, figurant parmi les grands responsables assis sur les bancs
du tribunal de Nuremberg ? On se paie la tête de qui ? A
t-on encore la sienne bien accrochée ? Ne l'a t-on pas
déjà symboliquement perdue ? Qu'on en retourne
certains : peut-être. Qu'on ramène de force, ou par tout moyen
vraiment convainquant –
et sans
barbarie aucune –, au service d'un minimum de réalité
humaine, ceux qui sont
« récupérables », au sens noble
du terme, bien sûr ! Qu'on ramène ceux-là à la raison
et au bonheur d'une réparation
rédemptrice
susceptible de sauver -racheter
des vies et des équilibres,
naturellement !
Mais
on ne respecte pas un ennemi qui ne respecte rien
en le faisant passer pour fou : l'ennemi est la
folie d'inhumanité de
gamins décapiteurs en soi et
en eux, mais après
et à la suite de ceux,
ennemis majeurs de
l'intérieur et de l'extérieur,
qui ont inoculé, ou greffé
savamment cette
démence fasciste à leur relative
innocence perdue. Ces
derniers manipulateurs
devant évidemment être plus
redevables de comptes que les bas exécuteurs corrompus qui
horrifient tant. Ce sont eux qui ont d'abord perdu la tête et
réclament celle des autres pour faire bonne
démesure.
Ceux-là
sont les premiers criminels
de guerre contre l'humanité dans
leur responsabilité morale et intellectuelle, et leur triste peine
ne peut en aucun cas être minimisée
par rapport à ceux assis à Nuremberg figurant comme non embrigadés,
mais embrigadeurs du crime planifié idéologiquement. La tête du
poisson chinois doit être tranchée dès le départ,
pour que des adolescents-bouchers ne tranchent plus celles qu'on leur
désigne, à partir de celles demandées dès du
commencement théorique.
Comme
le précisait Simone Weil, il y a bien une responsabilité morale
incontournable sur le plan intellectuel, responsabilité
absolue dont personne,
imprescriptiblement,
ne devrait jamais être exonéré, quelque soit son niveau de pouvoir
intellectuel.
Tant que nous ne viendrons pas à cette certitude de base, aucun moyen ne sera jamais trouvé qui puisse s'accorder au devoir absolu d'humanité exigé par nos vraies valeurs. Le propre de ceux ayant perdu la tête étant de ne pas voir comment (…). Weil toujours : l'humanité ne peut être une valeur ou un devoir « normal » : c'est une obligation absolue, sans relativisation possible, celle qui permet, justement de nous maintenir comme humain envers (et face à lui) qui l'autre est tenu à l'humanité.
Tant que nous ne viendrons pas à cette certitude de base, aucun moyen ne sera jamais trouvé qui puisse s'accorder au devoir absolu d'humanité exigé par nos vraies valeurs. Le propre de ceux ayant perdu la tête étant de ne pas voir comment (…). Weil toujours : l'humanité ne peut être une valeur ou un devoir « normal » : c'est une obligation absolue, sans relativisation possible, celle qui permet, justement de nous maintenir comme humain envers (et face à lui) qui l'autre est tenu à l'humanité.
