« Dieu
et vérité, car ces deux termes sont convertibles (…)
Lorsque j'ai
appris qu'Hiroshima avait été anéantie par une bombe atomique, je
laissai paraître aucune émotion. Je me dis tout simplement : "l'humanité court à son suicide si elle n'adopte pas la
non-violence" »
Mahatma Gandhi
« Il y a toujours dans le monde quelques hommes inspirés
et c'est un trésor inestimable que de pouvoir les approcher. »
Platon
***
" C'est la
ville où fut construite la Ka'ba, 3000 ans avant, par Abraham ;
c'est dire que ce pays n'était pas inconnu des Prophètes passés.
Le
fait est devant lui, il établit la continuité des Prophètes, et
donc de ce dogme unique – que chacun pourtant s'attache à
différencier... L'évidence est là : devant ce Dieu unique, la
religion est une Vérité première ? Et il voit là, la continuité
se faire, et non se disperser…
Médine,
"la Ville illuminée". Là l'Islam peut à nouveau
s'épanouir, prendre son essor, et un nouvel ordre social va naître,
ayant pour socle, pour centre la mosquée…
Mais
il faut y voir bien plus. La vision islamique développée par cet
état – par ce Prophète éclairé, grandi, libéré par son
extraction de la Mecque –, s'est révélée à lui, et il la révèle
à tous.
Ses
idées se condensent tout-à-coup en un ensemble de visions élevées,
morales et sociales, embrassant une communauté se voulant immense –
mondiale si c'est possible –, et qu'il veut unie, il la veut
consciente d'une paix générale, il la veut aussi tolérante, envers
tous, musulmans et non musulmans, de quelque race qu'il s'agisse…
Son
action n'est ici que spirituelle, comme sa mission, mais l'humanité
ne se nourrit pas de mots, il veut les appliquer, leur donner cette
force de l'âme, cette énergie consciente en l'homme, un élan à
transmettre à toute la terre.
"...
Liberté de conscience – musulmans et non-musulmans... sécurité
et protection contre n'importe quelle menace venant de l'extérieur...
justice et abolition des crimes et pratiques immorales...
Caractéristiques de cette nouvelle société dominée par l'usage de
la charité, à laquelle s'ajoutait – en remplacement de l'avidité
et de l'égoïsme –, la compassion, le souci de toute personne
vivante..." .
Ses
bouleversements apportés dans des domaines variés de l’État,
actions quasiment politiques, mais aussi sociales et familiales,
rendant à la femme une dignité qu'elle avait perdue, puis au peuple
une honnêteté disparue, une honorabilité, instituant un certain
respect entre les gens. Et les musulmans n'étaient pas insensibles à
ces améliorations, visibles, développant par là une certaine
fierté dans une population enfin rehaussée.
A
la Mecque, période qui a duré 13 années, Mohammed a reçu 83
sourates (en général les versets les plus courts), et dont les
thèmes principaux peuvent être réunis en un fonds dogmatique.
Le
Prophète est ici vecteur de "la bonne parole" ; il
transmet la parole divine. Et les versets annoncent un changement
radical ; ils débutent par l'Eminence : le Dieu unique. Désormais,
Ici donc se trouve l'ossature du dogme perdu, conditions qui doivent
présider aux actions de l'homme, en vue de parfaire sa conduite, en
attente du jugement de Dieu…
Déjà
la Thora, descendue, Abraham, puis Jésus, avaient édicté les
choses. Pourtant le temps a bouleversé l'esprit des hommes et, en
perdition, un polythéisme les a noyés. Leur cœur s'est endurci, il
a séché, et ils ont cherché ailleurs de nouveaux maîtres, plus
compréhensifs sans doute, plus silencieux. Il faut donc répéter à
nouveau les qualités qui doivent guider les actions des hommes.
Et
Mohammed est chargé de préciser les choses :
D'abord,
l'unicité de Dieu, et par conséquent l’affirmation du pur
monothéisme, et la réfutation de toute idolâtrie. La Résurrection
et le Jugement dernier : chaque être devra rendre des comptes au
Tout-Puissant. Les nobles vertus : le croyant s’oblige à faire
siennes les qualités comportementales telles la véracité, la
fidélité, la générosité, l’honnêteté, le courage, etc.
Ici
donc se trouve l'ossature du dogme perdu, conditions qui doivent
présider aux actions de l'homme, en vue de parfaire sa conduite, en
attente du jugement de Dieu...
Après
l'Hégire, l'installation des compagnons musulmans à Médine a duré
10 ans.
Mohammed
avait reçu là 28 sourates (en général plus longues), et dont les
thèmes majeurs se sont peu à peu diversifiés :
Et
ces "Hadiths" sont donc logiquement à séparer du corpus
coranique, reflétant surtout les conséquences d'une assimilation,
d'une bonne compréhension.
Il
s'agit, dans les principes de base d'une concentration humaine, de
fondements essentiellement sociaux : la famille – le rôle de
chacun dans un respect mutuel, éventuellement les droits, devoirs et
prérogatives, mariage, divorce, succession, etc. –, puis la
famille dans cette société, les comportements, la justice, et
jusqu'aux signes particuliers, la tenue, la nourriture, les
interdits, etc. Le tout défini d'une façon parfaite et exhaustive,
en fonction des éléments dominants de l'époque.
Il
y a donc eu, d'une part l'illumination religieuse, avec ses bases
incontournables, puis un glissement vers une "mise en pratique",
un pragmatisme adapté.
Il
reste que le Prophète Mohammed – en kamis ou en uniforme –,
usait semble-t-il, des deux fonctions à Médine ; il en usait comme
d'un système équilibré – pour le meilleur bien sûr –, mais
avec fermeté.
Mais
à la mort du Prophète Mohammed, la nouvelle religion de paix a
semblé avoir perdu la raison, avec la disparition du Prophète
lui-même."
R.
***
La continuité des Prophètes de ce dogme unique : le
monothéisme ? Il faudrait peut-être réfléchir à la notion
d'unicité, pour la voir dans un sens d'unité d'un
spirituel méditerranéen-occidental comme source du monothéisme –
monothéisme, qui apparemment, n'est pas en lui-même évident
puisqu'il semble s'agir aussi d'un mouvement d'unification
aboutissant à un nouveau polythéisme à travers de nouvelles
unités civilisationnelle, sortes de superstructures
multinationales d'une sorte d'impérialisme « spirituel ».
La difficulté de l'unicité spirituelle est de finir dans une
unification pratique qui ne peut, à terme, que la transformer en un
conformisme de la force dont la forme ultime, dans les faits,
n'est pas étrangère à un dogme tribal élargi par la pure
logique de pouvoir. Il y a un problème du spirituel et du temporel
qui n'est pas réglé par le dogme religieux ou laïc de
séparation, puisque le second n'a fait qu'inverser
l'exclusion du premier. Pour moi, le dogme est le premier héritage
tribal, pas forcément le meilleur : celui de la force, habillée
d'autorité nécessaire, économique ou logique.
Plus grave : c'est une négation de l'unité de la vie, de sa
diversité et de sa transcendance au nom d'un principe pratique
collectif purement organisationnel, et sa structure
unidimensionnelle est liée, par son histoire même, au mouvement
monothéiste en Occident, dont les aboutissement révélés ont donné
les fascismes, dont le dernier prend l'apparence « islamique »
que l'on sait. Je n'aime pas les désirs collectifs : ils
manquent d'unicité et d'authenticité, leur formalisation
légale ou réglementaire me semble malsaine comme celle d'un
fantasme.
Ce qui m'intéresse est l'unité première et dernière, non des
pouvoirs ou des savoirs, mais de l'être et de la vérité et la
manière dont cette unité est vécue et transmise, dans le contenu
concret de son sens illimité, non dans l'absurdité pratique de ses
limites, liée à sa collectivisation rationnelle et matérielle.
L'unicité n'est, dans un sens, ni dans la concurrence ni dans
l'expansion : elle n'a rien d'externe, elle n'a pour but que
d'être ce qu'elle est, fidèle à sa racine, et sa finalité ne
s'exprime que par ses fruits. C'est en ce sens que chaque religion
apporte ses fleurs et sa sève en vue de la vérité et de la paix,
de la liberté, du sens du monde et de la vie.
Le fait religieux comme signe ou trace de l'unicité du sens
spirituel, et à l'intérieur de ce sens comme principe premier
et directeur de la vie, des aspirations humaines, un sens
historique de continuité et d'intégration de son esprit, de ses
institutions et pratiques, puisque l'histoire est aussi son signe
divin, en Occident et Moyen-Orient monothéistes, en vertu de la
création et de l'action du Dieu unique au sens de seul Dieu autant
que dans celui d'Unificateur, ici : jusqu'aux Protestants.
Aussi bien vis à vis de l'étranger ou du « barbare »
que du peuple intérieur – jusqu'à sa propre « famille »
– païen ou des clans polythéistes (...), il n'y a pas énormément
d'alternatives : c'est soit la conquête spirituelle, soit
la conquête par la force, conversion, persuasion, ou guerre ou
encore mieux la première par la seconde, fut-elle, comme ce
fut assurément le cas pour Mahomet, tempérée de miséricorde. Miséricorde permettant l'émergence d'une sorte de chevalerie du
pouvoir et des codes, même si hélas, comme pour l'Occident
chrétien, cette
chevalerie ne tint que par quelques parfaits, le temps exceptionnel d'une poignée de vies exemplaires, saintes ou
héroïques.
Tout dépendant sans doute de ce qu'on met dans la balance de
spirituel et de temporel, d'aristocratie vraie et de démocratie
authentique, et des moyens de transmission, émergeant de l'Islam de Mahomet, malgré et outre le fait qu'il ne
semble pas y avoir travaillé particulièrement, hormis la
transmission du Livre, classique et conforme au niveau
aristocratique spirituel et pratique.
L'absence de création de clergé et de pouvoir religieux séparé
– qui apparemment, viendra plusieurs décennies plus tard, indique
sans doute une volonté prophétique-divine de conserver une unité
indivisible des deux mondes, célestes et terrestres, afin de
préserver une unité de vie à la fois terrestre et spirituelle
entre un peuple religieusement uni à partir de ses branches
hétérogènes et un pouvoir-autorité soumis aussi à l'unicité
d'un principe de vie englobant, harmonisant et surmontant ses démons
pratiques logiques.
L'expérience montrant trop souvent que
« tout pouvoir absolu corrompt absolument », sauf
peut-être à lui donner une autorité qui le dépasse et
l'équilibre dans des limites conformes aux principes universels
d'humanité et d'égalité réels entre les personnes
devant Dieu, et non en fonction des intérêts d'une
poignée de profiteurs dominant et le spirituel et le
temporel.
En ce sens, je suis profondément pour un dialogue chevaleresque renouvelé et mené à terme, comme toi sans doute,
mais où chacun conserve non ses idoles, mais le sens premier et
profond de sa langue spirituelle transposée et traduite lors de
ce dialogue. Même si je ne saisis pas bien la notion d’œcuménisme
dans son esprit : pourquoi chercher à reconstruire une unité
perdue ou n'ayant jamais existé dans la forme (par exemple la forme
d'un clergé), par des techniques ou intentions surajoutées
inévitablement liées à des pouvoirs institués, infailliblement
séparés, effectivement faillibles ?
L'important du dialogue n'étant pas, comme l'ont montré les grecs
et notamment Platon, le dialogue de vérité ? Pourquoi
ne pas faire des bouquets de vérités, avec des tons, des
assortiments, des formes, des harmonies, des analogies où chacun
puisse se retrouver dans ses valeurs et parler à l'autre ?
Pourquoi ne pas créer un « grand art » religieux
et philosophique plutôt qu'une grande messe ? L'art n'est-il
pas d'abord divin, non utilitariste, comme son
inspiration ? Pourquoi la vérité serait-elle technique ou science annexée ? Ces deux
dernières appliquées – n'est pas là la sévère leçon de la
modernité – n'ont-elles pas infiniment (au sens pratique
d'abord) montré leur incompétence et leur inutilité dans ces
domaines ? Qui a dit que l'histoire avait un être ?
Ce dialogue suppose évidemment un dépassement multilatéral des
dogmes qui, finalement, demeurerait dans le droit fil des exigences
de continuité d'un spirituel uni, faisant retour à lui-même
dans une sorte "d'ummah" post-islamique autant
que post-chrétienne ou judaïque, après dépassement des
polythéismes, permettant peut-être de réintégrer la part
maudite du mal – tribal, mais aussi
impérial fasciste moderne et industriel – barbarie cruelle,
inhumaine, la discutant pied à pied, face à face, principe à
principe, mot à mot, logique à logique, éthique à éthique.
Dans ce sens, la continuité réelle du mouvement monothéiste
amorcé sur des siècles – surtout de guerres et de conquêtes –
ne serait-elle pas d'opérer une rupture de discontinuité de
ces mouvements partiels et divisés de l'Unique, d'une unité
idéale ou révélée, transcendante ou instituée, mais
fragmentée, aussi contradictoires et stériles que les premières tribus immobiles venues ?
Non de les
unifier dans une mondialisation industrielle du religieux,
faite de nouvelles normes de synthèse, mais de montrer leur
unité unique complémentaire de vision et de révélation,
autant que d'aspiration profonde à une spiritualité enracinée
qui permette le respect de l'autre dans sa différence climatique interne et par là l'enrichissement pratique de la recherche de
la vérité relative ou absolue ? Unité de la racine céleste
et de l'arbre de la forêt.
Mais permettant, encore mieux, de réintégrer la part divine :
tout le bien élevé des spiritualités disparues, effacées par les rouleaux compresseurs d'Occident et d'ailleurs, au
fil des siècles et des conquêtes spatiales ou mentales. Pour ce dialogue à
venir, on peut l'espérer – pour ne pas désespérer de la vie
humaine, de ses possibilités et limites pour l'instant plombées par
la force la plus nue et sale, il faudrait inévitablement, dans le
respect le plus absolu du spirituel authentique, établir des
règles de transposition et d'échanges, d'équilibrages, voire
d'arbitrages, hors de toute violence autoritaire ou dogmatique,
pour contrer d'abord les si tristes résultats de cette monomanie de
domination et de pouvoir sur les esprits d'abord.
Comme pour les « frères tribaux » de Mahomet, on ne
peut, concernant toutes les tribus du monothéismes d'une
part, dans un premier temps, que s'écarter de ces pouvoirs corrompus
et barbares, finalement formes négatives revenues des
polythéismes combattus à raison, comme de tous les clans
religieux des deux mondes d'Occident et d'Orient. S'en écarter
en respectant absolument toutes les vérités premières, détournées,
à partir desquelles ils ont cru pouvoir bâtir leurs éphémères et
anarchiques empires religieux et étatiques.
Pour les uns il y aurait des pertes énormes – irréelles,
puisque permettant un retour au réel humain transcendant – dans
le rééquilibrage ou la réévaluation; pour les autres, des
réhabilitations fabuleuses et émouvantes qui redonneraient,
comme le Coran l'a fait pour les Arabes -- comme tu dis -- une dignité et une
noblesse, un honneur à l'incroyable cohorte des "humiliés et
offensés" de ce monde, depuis que le temps est temps dans leur
espace commun et particulier.
L'héritage spirituel non propriétaire d'une humanité vraie
est à reconstruire et réhabiliter hors des structures du
passé et du présent, avec des matériaux réutilisés à partir de
chaque éternité de leur culture propre et de leurs propres
principes d'indétermination, divins et scientifiques classiques,
enfin libérés de leur mauvais usage : celui du
mensonge et de l'écart, volontaire (morale) ou pas (science)
d'avec la vérité.
Le monde tel qu'il est et fut, et ne va plus, en serait incroyablement rééquilibré
et régénéré dans son esprit et son ouverture obligée –
un peu comme face à une révélation, devant l'apocalypse à
venir. Révélation de son unité secrète, essentielle et
existentielle, salie et défigurée par une histoire du mal
angélique- gestionnaire du bien contre la nature et
l'humain, s'épuisant à s'épuiser sans remplir les
conditions réelles pour le faire. Et peut-être, comme par
une sorte de miracle, l'unité de vérité révélée permettrait
de chasser des esprits malades du mensonge, l'obsession malsaine d'une caricature d'unicité forcée, dénaturée et déspiritualisée du
pouvoir et de la liberté – comme pitoyable et misérable
compensation de l'anarchie opérée par l'empire du
mensonge collectif.
Dans ce contexte de dialogue universel, on peut en effet parler
pratiques, droit, morale (…) concernant l'humanité, dans leur
infinie diversité d'application : c'est l'esprit divers
qui compte, pas la matière humaine en elle-même, mais ce qui
l'anime, l'élève, la transfigure et transpose, non dans sa
séparation ou propriété du bien, mais dans son approche
volontaire et désirante, consentante; non dans la
contrainte dogmatique, mais dans l'aspiration montant de son
animalité racinaire personnelle et collective vers l'âme cachée
et humiliée du monde qui la cultive, nourrit et mène vers sa
vérité, seul lieu où fleurit la liberté supérieure d'être, créative
et pleine de foi dans la vie et son sens.
Il faut que la nécessité du dogme se transfigure en nécessité
d'une liberté de tout responsable de tout, avec
et après Dieu, sans rien laisser au hasard d'un arbitraire humain
spéculatif ou intellectuel. En ce sens, l'humanité est à
construire : rien n'a encore été fait de tel, sauf,
peut-être, initié un moment qui dure encore par un Gandhi
que si peu ont suivi dans la brèche et le mouvement de
respectueuse rupture de discontinuité des traditions
vivantes.
Évidemment à construire sur une spiritualité supérieure aux
religions déterminées de racines
directionnelles. De cet enracinement « polythéiste »
dans un sens, il faut produire des branches et des fruits
« monothéistes » non greffés et fidèles,
rapportés ou syncrétisés de toute pièce, mais comme des
aboutissements rationnels du spirituel, sortes de disciplines
équivalentes aux scientifiques. Convergentes dans leur
renforcement mutuel – fidèles aux lieux et temps qui les
produisent, avec le même génie entêté et déterminé, vers et à
son dépassement par le haut – tout en sachant rendre à César
le mal qui lui appartient pour l'éternité historique des sacrifiés
et crucifiés, bien encagé dans des limites naturelles
indépassables, elles, comme condition ou définition
négative du bien.
Mahomet usa d'un système équilibré, mais il en existe
d'autres. Comme le chrétien ou l'hindouiste dans, ou de la visé de
Gandhi (…), faits aussi de continuité, de clarté et de fermeté,
mais dont la position face à la violence, position minoritaire
s'il en est – malgré l'évidence éclatante de sa victoire.
Qui demeure apparemment éternellement révolutionnaire et
conservatrice, en ce qu'elle renonce à la violence et à la
conquête – même des esprits, la remplaçant
par un équilibre vital relatif, mais créatif et libre, de
vérité.
Vérité à laquelle même la science moderne a pitoyablement
renoncé au milieu du chaos déclenché par le tribalisme scientifique et ses mercenaires !
Leur aspect révolutionnaire cependant s'enracine dans un respect
de conservation de valeurs de vérité vivante et
incarnée qui, dans les deux cas de révolution-conservation, a
montré et démontré une force universelle dont la raison
franchit les limites de la puissance matérielle « au service »
d'un « spirituel »
politique,
trop souvent invoqué comme cœur battant et "combattant"
d'une nécessité qui commence par le nier à cause et
par la cause "primante" de la quantité, du temps et de l'espace,
pour ne lui concéder que des limites uniquement liées
à celles de cette puissance primaire, toujours idolâtrée
finalement, sous une forme prétendument améliorée et améliorable
et perfectible, « unique » et
incontournable, faussement universelle, mais vraiment mondiale,
comme le mal répandu et "propagandé".
Il serait sans aucun doute bénéfique aux religieux comme aux
scientifiques d'appliquer le doute méthodique de Descartes à
chacune des allégations de validité de l'esclavage matériel
que l'idolâtrie antique comme moderne invoque à ce sujet, et de les
examiner avec l'attention suprême d'une humanité aussi
intransigeante dans la liberté spirituelle et ses critères de
vérité que celle, surfaite et impuissante, qui préside et mène
le monde à la catastrophe, derrière le masque dogmatique du savoir
établi des "autorités autorisées" dans chacune des disciplines, exactes et
inexactes de ce dit savoir.
Il faut aller vers une connaissance et une reconnaissance humaine,
non trop humaine, mais rien qu'humaine, avant que d'envisager
quelque plus-qu'humain que ce soit dans la pratique et
l'esprit, ce que fit apparemment Gandhi dans une démarche allant
du pire vers le meilleur de lui-même et des autres, pour rejoindre
les valeurs les plus hautes et les plus belles, les plus motivantes
et libératrices, au quotidien et autour de soi,
partout dans le monde.
Dans cette démarche, il me semble qu'il faut prendre l'humain depuis
ses origines, personnelles et d'espèce, sans rien oublier
ni retrancher, ni se focaliser sur le mal ou la violence plus que
nécessaire, avant transfiguration et orientation révélée par
et à partir de chaque vérité étudiée et expérimentée
transcendantalement. Lieux et maisons communs d'où peut jaillir un
partage de connaissance hors des limites matérielles
disciplinaires d'un savoir sorti lui-même de ses propres limites.
Pour cela, il faut inévitablement, au
niveau transmission, pure ou pas,
des écoles et des centres
libres – et même de liberté, religieux ou scientifiques,
peu importe par où on commence la connaissance puisque la
terre est ronde et l'univers peut-être aussi, pour le fous de Dieu ou
de la Vérité, où chaque chose ait une place non
figée, vivante et ouverte, en mouvement perpétuel autour de
son axe divin.