La guerre est de retour. Disparaît-elle jamais ? Son éloignement le fait croire, ses actes par procuration, déchargent des responsabilités réelles, aveuglent la lucidité.
L’Occident est un marchand d’armes. La guerre est au cœur de son économie et de la philosophie « morale » qui la protège. Sa civilisation est guerrière et conquérante parce que supérieure par principe. Cette coalition des « meilleurs », son Droit est établi sur des fins de guerre toujours provisoires, nommées « paix ».
Droit contractuel, dont son système-machine est si fier, ultime credo du désespoir, de la duplicité et du nihilisme. Juste un cessez-le feu, ce Droit mouvant, pour quelques générations régulièrement bluffées, et remotivées.
Temps de reprendre des forces avant de recommencer les guerres sans fin nécessaires à sa survie et domination économique.
Le doux commerce de la « paix » est une vertu à dormir debout. Leurre et opium d’une continuation sournoise de la guerre par d’autres moyens. Revanche froide des vaincus, quand les rois du monde tombent du haut de leur leurs républiques impériales.
Pègre et assassins, bandits et truands, hors-la loi et gangsters, mafias et politiciens, milieux des affaires et grands leaders d’opinion, fascistes et terroristes ont, hélas, raison. Eux seuls sont cyniquement assez lucides pour voir clair sur la nature réelle du monde que l’humain a construit pour lui tout seul.
Leur intelligence brute et intuitive du système gouvernant le monde est, hélas, exacte, maniaque.
Pas besoin d’être complotiste pour le comprendre et constater amèrement. Dans un sentiment proche de la trahison absolue. Mécanique fatale de tout système prétendant prendre en charge la vie de chacun et de tous pour le meilleur des mondes possible. Qui dit l’impossible paix naturelle ?
Comment s’étonner que ceux-ci, ces dieux du monde moderne, cette crème noire d’une humanité réduite à son « réel », celle qui réussit par tous les moyens, deviennent l’idéal-type humain le plus célébré, respecté, honoré et imaginé pour une « perfection » ultime aménagée du mal radical ?
La barbare saga nazie avait ouvert un bal des vampires inédit, dont la « fête » abjecte inspire toujours le monde « développé » par la cruauté raffinée de sa folie « supérieure ».
Les plus grands criminels sont toujours les enfants les plus pervers des plus abjectes guerres. Dont l’automatisation du meurtre industriel de masse ouvre en grand les portes aux plus beaux « progrès » technologiques dans leurs applications civiles. À commencer par l’ingénierie de l’humain d’élevage industriel urbain, depuis sa plus haute antiquité impériale, égyptienne, par exemple, en Occident. La pyramidale.
Gandhi disait que le mensonge est la racine de la violence. Il engendre le vol, l’esclavage, le meurtre et le crime, les massacres et les guerres, et les couvre partout.
Il se trouve que le mensonge est particulièrement compatible avec le Droit. Idole modernisée issue des antiques impositions mentales, le Droit et ses pathologiques labyrinthes intellectuels-sentimentaux. Pourquoi ?
Parce que le dogme de toute pseudo-religion, surtout civile, quelque soit sa forme négatrice, va de pair depuis toujours, avec la violence collective officielle la plus nue et « sacrée ».
À partir d’une perfectibilité sacrificielle particulièrement barbare et diabolique envers la nature humaine et non humaine. Toute destruction visant directement ou indirectement cette nature cosmique impondérable.
Le Droit, devenu international, pour finir sa course décérébrée et désincarnée ; jeu de dupes sur les bons sentiments de façade rationnelle, « morale »-sociale de la peur, de la haine et de la soit-disant sécurité collective.
Celui du citoyen ou Droit prétendument humain, proclamé unilatéralement par des philosophes fous. Appliqué jusqu’aux animaux (comme avant, les procès) momentanément, à l’univers entier. Dans un ridicule et imaginaire rapport de force d’imposition et d’interposition juridique-commerciale de pure superstition. Le nouvel obscurantisme du Droit vaut celui, pathologique, des religions, tant critiquée par le Droit révolté.
Le rapport de force est la racine de la guerre du Droit. La violence ne met pas en rapport deux ordres naturels différents (ou plus) de vie. L’ordre violent du Droit est sériel-industriel, c’est un ordre machinique de dispositions automatiques.
Le rapport de force reproduit mécaniquement à l’infini l’image hégélienne du même et unique, authentique et reconnu, figé dans sa forme morte, neutralisée, normalisée et bureaucratisée. C’est une pensée qui marche au pas de l’oie et construit des camps dans la tête des gens d’abord.
Cette image du même hégélien nie la possibilité même d’ordres différents parce qu’il nie celle du même humain. Il n’y a que des monothéismes de la force, des monopoles de la soumission et du sacrifice.
Des polygamies psychologiquement illégitimes avant leur servile illégalité même. Sans alternative aucune au monde naturel. Excepté un ordre animal ghettoïsé, primitif, mis en apartheid, réputé et rendu responsable, par contagion mystérieuse, de tous les maux et désordres humains. On en est là depuis 2000 ans, sauf les Celtes, exterminés pour cette raison même.
La nature sans ordre humain est pour la civilisation des coalisés de la domination universelle, un désaxement du monde. Le leur...
Dégénérescence que les nazis héritiers, malgré leur écologisme d’opérette, comptaient bien corriger définitivement, scientifiquement. Par un socialisme inédit et radical, finalement toujours en cours d’expérimentation par d’autres moyens, économiques et d’autres méthodes sociologiques.
L’ordre noir de la violence instituée est une castration de l’imagination créatrice d’abord dans la tête de l’enfance du peuple. Hugo dirait-il le contraire ?
La violence ne répare pas la violence, ne produit aucun droit, sinon celui la peur de la force. La force n’est pas un droit : c’est une négation, une destruction de ce qui est naturellement légitime et moral, pour construire un ordre exclusivement perfectionniste humain (post-humain, en fait).
Aucun Droit, aucune religion, s’ils les déclenchent toujours, n’ont jamais arrêté une seule guerre. Seule la morale sociale naturelle le peut, la morale populaire, humaniste, pratique et affective, celle de ceux qui meurent et se sacrifient, le veulent bien et ne le veulent pas ou plus.
La violence défensive est un échec momentané, une énergie du désespoir, un suicide collectif et personnel partiel. Échec momentané, mais total, lui. Absolu, irréversible (d’où sa sacralisation récupératrice), comme l’est la violence exercée cruellement sur un animal paisible.
La vraie vie n’est réparable que dans la non-violence christique et tout ce qui lui ressemble sur n'importe quel plan, spirituel ou naturel.
Non-violence non assimilable à un sacrifice, mais au plus haut défi imaginable et opposable. Nuance de taille.
La tentative aliénée de se passer du Christ en Occident, de sacrifier sa morale humaniste et de sa vision de la nature. Pour l’opposer négativement à la barbarie « productive » des paganismes noirs les plus abjects. Au lieu d’en harmoniser leur plus humains (blancs) côtés avec ceux du Christ, aura abouti au grand suicide guerrier collectif pur et simple. Au grand bûcher sacrificiel noir, disait à peu près Bernanos.
Destruction méthodique et longue de la nature pour une hypothétique vie de laboratoire martien. Seul confort d’un grand cerveau collectif en bocal. Matrix contre ta matrice.
War is back, Mama.