Ne pas abandonner la
culture de nos pères. La Culture-Mère. Même et surtout
corrompue ou décadente. Les raisons de la corruption ont des
raisons que la raison ignore, comme tout ce qui nous dépasse.
Le désir juvénile de pureté, contrebalançant celui de
délinquance, tout en le rejoignant, manipulé par de vieilles mains
sales, confronté à une corruption virale devenue
chronique, devient noyau dur d'un nihilisme mou prenant
prétexte du
cynisme
moral
des voyous du
monde pour jeter le bébé avec l'eau souillée
des ancêtres. Mollesse du rien, celle qui lâche
et amène logiquement à nier les valeurs éternelles,
à travers l'abandon, la non-assistance et la non-obligation.
Les derniers Mohicans
d'Europe préféreront la misère, les camps, la torture ou la mort
à la lâcheté sociale d'un système sans valeur ni sens. Une
culture remplacée est un peuple mort. Mieux vaut le génocide
réel que culturel. Raison pour laquelle on meurt, non pour
les idées de la chanson de l'anarchiste, mais pour les
vraies valeurs. Celles d'un Giono. Résistance non-violente à une
dégradante collaboration,
dignité d'une personne humaine préservée
jusque dans, ou par la mort même.
Aujourd'hui, d'ores et déjà, un bon jour pour mourir.
Absence de
peur de traverser le miroir des
images chez
ceux qui n'ont jamais imaginé
cette peur-là. Aimer la
vie au point de ne pas la trahir en cherchant indûment
à la conserver. Monde
animal non modifié,
exemple de pure noblesse, valeur de
nature cachée.
Ils
vendront
chèrement leur
symbolique peau, leur
esprit n'est pas à vendre. Grand Esprit
gréco-celtique-chrétien d'Occident, Culture-Mère
dont la lumière unique mesure
l'humain jusque dans
le plus qu'humain. Ils
n'oublieront
pas la culture de leurs
pères dévorés pour
et par
le rêve doré du pays
d'où l'on ne revient pas. Aube
à
la pâleur massive de
mort vive. Le
royaume souterrain de
nos morts, lui,
aura
les couleurs perdues
d'un monde rétabli
dans sa
mémoire immaculée, celle qu'on oublie pas : amnésie
provisoire ouverte du
secret des
peuples les plus humbles, culture non écrite, toute Histoire vraie.
Nos esprits parcourront
labyrinthes, catacombes et ossuaires de la Grande
Guerre contre la Parole le
temps qu'il faudra aux
langues pour refleurir des
choses. La
montagne des images
n'empêchera
pas le printemps des cycles de percer,
comme l'eau des citernes, l'étanchéité du joint le plus serré.
Le
temps est un espace fin dont
les mailles ont des ficelles trop grosses pour la corde raide : le
fil du rasoir est un chemin de cimes subtil
menant
aux saints héros anciens de l'ordinaire ultra sécularisé
des temps futurs. Sur le
chemin miné, ils
avanceront,
déterminés face aux machines, sans idées ni pensées, ni plus rien
d'humain qui ne soit supérieur.
Jeunesse
libérée des bestialités
intellectuelles comme
de l'angélisme des religions
d'extermination massive.
Quand
l'âme-mère des Anciens
sort et s'élève d'un
Temps soumis, au point où l'aube perce l'obscur
réduit, pour l'ouvrir, par
delà l'arène hurlante
du
temple sacrificiel,
sur l'infini des mondes niés et reniés, celui des
cultures -mères englouties,
dont la béance
de l'amour défie le néant des heures.

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