Un gamin pacifique,
aimant la nature, plus que son jeune confort consommateur moyen de
masse, se fait tuer dans une manif « dégénérée » par
des extrémistes. Tué par tir tendu de grenade « défensive »,
légitime aux yeux de beaucoup trop, puisque les forces de police
décomptent plusieurs dizaines de blessés, qu'elles doivent maintenir
l'ordre, et se « défendre » contre cette sorte de guerre
sociale rampante que promeuvent les opposants violents à un projet
de trop de plus. De belles légitimités, vite dites, des deux côtés,
quand ces deux côtés font la politique.
L'une, comme violence
étatique obligée et même nécessaire, pour les légalistes
purs et durs, ne se discuterait pas : la fin ordonnée
justifierait tous les moyens : à la guerre comme à la
guerre civile. De l'autre côté, le progressiste en
contre-pouvoir, quand il s'agit de fascistes dénoncés,
tout est permis, même les flacons d'acide... parmi d'autres
barbaries traditionnelles de rue. Ce ne serait qu'un Carnaval
des Méchants sans la jeunesse,
la vraie.
Une haine bien
rationnelle des deux côtés, mais ce gamin, qui, sans doute,
fervent botaniste dit-on, n'a pas supporté qu'on rase impunément
une forêt, une de plus, sous prétexte de décisions
démocratiques officielles progressistes au pouvoir,
c'est à dire nécessairement truquées, d'une façon ou d'une autre,
pour faire aboutir un projet contesté, apparemment démesuré.
Il n'y a pas qu'en Amazonie qu'elles sont menacées, les forêts,
c'est partout. Et même les arbres, presque chaque arbre, des forêts
défrichées aux platanes des routes de France, en passant par ceux
de centres villes obsédés par les m2 commerciaux.
Pourquoi des décisions
truquées ? Parce beaucoup de gens, de plus en plus de gens, ne
veulent plus qu'on sacrifie la nature, et surtout des arbres. Mais on
ne les écoute pas : leurs arguments n'ont pas de valeur
économique ou industrielle, ils ne visent qu'à défendre une
culture qui a perdu, celle de
peuples et d'une raison de tradition, de sagesse, de partage,
d'équilibre et de respect globaux. Il ne s'agit pas de la
« ressource naturelle »
des spéculateurs,
mais de nature, de milieu
au sens strict, c'est à dire de référence existentielle autant
qu'essentielle. Contre une culture urbaine industrielle
de remplacement de milieu,
une culture techniciste qui ne veut plus entendre parler ni de nature
ni de nature humaine.
La mort de ce gamin
innocent, mais conscient des enjeux, regrettable fatalité
pour les uns, qui estiment excessif et irresponsable la forme de son
engagement de manifester contre un chantier « commencé »,
et du même coup font peser sur son choix une sorte de suspicion de
responsabilité irresponsable, frisant un soupçon de
culpabilité diffuse mais subtile. Cette mort, vite devenue, comme à
chaque fois, un enjeu pour le camp des victimes « martyrisées »,
est jetée en avant comme un crime, un assassinat froid et
volontaire, ce qu'elle n'est sans doute pas, tout en étant bel et
bien un irréparable meurtre légal autorisé.
Côté pouvoir,
l'argument-massue amalgamique répété avec une satiété
écoeurante, c'est celui de stopper des casseurs organisés, et leur
violence nue et ouverte, par une violence supérieure plus aveugle
encore, comme toujours. C'est la guerre à la guerre, la terreur à
la terreur, l'éternelle rengaine de la puissance publique
impuissante, sourde, aveugle et muette. Il y a les principes à
chaque fois bafoués par les mêmes ordres irresponsables ou
calculés, ce qui revient au même. Toujours les mêmes manipulations
des foules grandes ou petites, la même psychologie des camps.
C'est la violence de
principe de l'État dans sa défense présumée d'intérêts
collectifs d'une majorité dite démocratiquement
représentée... contre celle de défenseurs de zones
menacées
par la cupidité d'affairistes,
minoritairement organisés et représentés aussi, même si
cette minorité est bien souvent, au départ, non violente. Mais au
départ seulement. L'indignation est captée, la révolte canalisée
vers des symbolismes logiques de foire d'empoigne ou de
bataille rangée contre des fonctionnaires de l'ordre et de la
loi, militairement conditionnés,
bridés et entraînés. Et les lois de la guerre sans principe
reprennent leurs droits dans la majorité des esprits retournés,
dans la complicité active ou passive, parfois de l'ignoble.
La
violence canalise indignation et colère en
exutoire obligé, comme une
sublimation de sentiments les plus profonds, qui passent
des principes aux actions et situations de masse, d'actualité ou de
circonstances, au lieu de se traduire par des choix de vie personnels
définitifs.
Il y a un chantage à l'action, à la réaction : c'est le principe militaire-militant des rapports de forces dualisants, dilemmiques et binaires du « ou bien ou bien ». Le coup de « tous ceux qui sont contre » et de « ceux qui sont pour », avec ses stratégies et tactiques partagées et récupérées, selon d'où vient le vent, par les deux camps, sans parler des propagandes croisées.
Il y a un chantage à l'action, à la réaction : c'est le principe militaire-militant des rapports de forces dualisants, dilemmiques et binaires du « ou bien ou bien ». Le coup de « tous ceux qui sont contre » et de « ceux qui sont pour », avec ses stratégies et tactiques partagées et récupérées, selon d'où vient le vent, par les deux camps, sans parler des propagandes croisées.
Gandhi n'aurait
certainement ni accepté ni validé aucune violence de son « camp »,
dans ses « actions », même s'il estimait que parfois, la
violence peut être légitimité défensive, comme une guerre
de résistance, ce que pas mal de « zadistes » d'ici ou
là estiment faire, parfois avec une raison pleine et entière. Dans
ce sens « extrême », on voit bien qu'il ne s'agit pas
que de violence, mais d'une autre chose liée à des principes
qui la dépassent, fort heureusement. Principes qu'observait
strictement le père des luttes non-violentes et l'inspirateur de
Martin Luther King, au même titre qu'un Thoreau.
Il y a une façon
pacifique de s'opposer à, ou plutôt de refuser (un chantier ou un "projet"), mais il faut aller jusqu'au bout, risquer les coups, la
haine, les blessures et sa vie, sans agressivité, mais fermement, de
façon déterminée, sans se laisser enrager par la violence
professionnelle psycho-physique du pouvoir d'en face, ni convaincre
par sa logique pseudo
économico-démocratique médiatisée.
Cette résistance, ce boycott des logiques et ce refus civils ne sont pas compatibles avec un fanatisme militant de masse aveuglées ou des stratégies politiciennes de contestation intégrée (on conteste pour mieux faire faire autrement, sans s'opposer sur le principe de ne pas faire du tout, puisque tout est relatif au système unique).
Cette résistance, ce boycott des logiques et ce refus civils ne sont pas compatibles avec un fanatisme militant de masse aveuglées ou des stratégies politiciennes de contestation intégrée (on conteste pour mieux faire faire autrement, sans s'opposer sur le principe de ne pas faire du tout, puisque tout est relatif au système unique).
Il y a un mépris des
principes dans les deux camps : leur morale, bassement
utilitariste-systémique – surtout quand il s'agit de défendre des
principes respectables, est
la même. Le but et le moyens sont quasiment les mêmes : seules
deux théories différentes, visant un même objectif de pouvoir
rationnel sur le monde et les esprits, s'opposent, dans des logiques
parallèles comme deux rails idéologiques
systémiques.
Ce
qui ne veut absolument pas dire que tous se valent : au
contraire, c'est leurs différences
que l'on égalise en mobilisant chacun sur un mot
d'ordre-chiffon-rouge, fabriqué à partir de vraies
convictions souvent, celles d'un monde coupé en deux : l'ancien
et le nouveau, où le nouveau s'arrange toujours pour que le vieux
monde, méthodiquement frustré de ses droits, et refoulé de son
honneur, lui coure après, comme derrière une fille facile, avec une violence d'indigné indigne.
Vers
le même trou béant, – gluant – diraient certains homosexuels
haineux, théorisant leur ressentiment fielleux envers le féminin fascinant-fascisant le monde de la puissance, plus
obsédés encore que le
commun des malades sexuels par l'envie égalitariste
concurrentielle inoculée à même
leur surface
sentimentale primaire, trop longtemps niée
par le système pour revenir au respect le plus élémentaire de la mère, même la plus désaxée, côté construction sociale contre-humaine.
Quand on patauge dans la bassesse, la tête prend la place du fondement, la chute est sans fond. A ce niveau, interviennent les provocateurs de tous poils, payés indifféremment par les deux camps : ces casseurs, parfois les plus bas criminels qu'on puisse trouver en solde, font avancer ou reculer les mouvements, c'est selon. 1789, 1917, 1968 , dates qui résonnent étrangement à nos oreilles, quand on examine ces éléments là, payés toujours autant par une police efficace que par d'incorruptibles vertus . Peu importe le flacon ou le con...
Quand on patauge dans la bassesse, la tête prend la place du fondement, la chute est sans fond. A ce niveau, interviennent les provocateurs de tous poils, payés indifféremment par les deux camps : ces casseurs, parfois les plus bas criminels qu'on puisse trouver en solde, font avancer ou reculer les mouvements, c'est selon. 1789, 1917, 1968 , dates qui résonnent étrangement à nos oreilles, quand on examine ces éléments là, payés toujours autant par une police efficace que par d'incorruptibles vertus . Peu importe le flacon ou le con...
Un
jeune homme vient d'être tué dans une
histoire de barrage, celui qui meurt, en général d'overdose compensatoire de cet
idéalisme héroïque admirable qui nous manque tellement après, que
nous ne pouvons même plus vivre vivants,
dès que nous perdons le pucelage de notre esprit d'enfant,
le bernanosien ; celui qui meurt pour des
idées, comme disait Brassens, n'est pas seulement victime des
acteurs actifs de
la "circonstance", comme il est
bien trop simple de le croire et de le dire sur les toits
médiatiques.
Personne
n'a raison dans une vraie
maison de fous livrés à eux-mêmes. L'idéalisme n'est pas
compatible avec les réalismes
qui s'opposent dans un bordel sadien
conventionnel de guerre intestine larvée...
Les "réalistes" professionnels de la contestation et de la révolte, rationnellement organisés, deviennent les sectaires de redoutables sectes en action, en imposition mentale, à la manœuvre et manipulation de cœurs purs et innocents, jetés, vierges, au milieu du grand rut criminel collectif de la basse cuisine politicienne d'opposition, acceptant ignomineusement que des éléments incontrôlés viennent leur apporter, par leur bonne barbarie autorisée, des sensations lâchées et des victoires abjectes, propulsant ces amants enragés du réel extasié au 7ème ciel de la défonce psycho-politique ou psycho-critique, dans leur irrésistible élan de prophètes patentés ou de maquereaux officiels des idées nouvelles.
Les bavures seront imputées au fascistes de l'autre camp, désarmés dans leur esprit de justice officielle par la grâce du sacrifice au dieu de la plus forte raison marginale, bien séparée du mal à conjurer. Comme par un cordon sanitaire de pestiférés à abattre. Dieu reconnaitra les siens...
Les "réalistes" professionnels de la contestation et de la révolte, rationnellement organisés, deviennent les sectaires de redoutables sectes en action, en imposition mentale, à la manœuvre et manipulation de cœurs purs et innocents, jetés, vierges, au milieu du grand rut criminel collectif de la basse cuisine politicienne d'opposition, acceptant ignomineusement que des éléments incontrôlés viennent leur apporter, par leur bonne barbarie autorisée, des sensations lâchées et des victoires abjectes, propulsant ces amants enragés du réel extasié au 7ème ciel de la défonce psycho-politique ou psycho-critique, dans leur irrésistible élan de prophètes patentés ou de maquereaux officiels des idées nouvelles.
Les bavures seront imputées au fascistes de l'autre camp, désarmés dans leur esprit de justice officielle par la grâce du sacrifice au dieu de la plus forte raison marginale, bien séparée du mal à conjurer. Comme par un cordon sanitaire de pestiférés à abattre. Dieu reconnaitra les siens...
Nous
avons mal à ce jeune
homme, comme à un fils, plus bêtement que méchamment sacrifié
-- pour rien. La
corruption ne rapporte rien, et même moins que rien. Quand dans le camp des anges, on fait la
bête, c'est pire que la bestialité dénoncée
des malades systémiques.
C'est un gamin qu'on tue aussi, notre
gamin, bien plus que notre pauvre chair, c'est notre esprit
qu'on trahit, plus loin que le plus bas, par un défi plus criminel
que le crime le plus "sauvage".
A patauger dans la haine et la propagande, nous fabriquons sans fin une montagne de honte qui dégoûte même le larron criminel ordinaire. Le Diable, sans doute, rit encore de ce sang si frais, encore si pur, abreuvant les misérables sillons de nos illusions perdues...
Jamais nous ne remonterons la pente sans une guerre à l'horreur et la cruauté malheureusement la plus inédite. Ainsi, Bernanos avait tristement raison, quand après avoir vécu 14 comme une apocalypse ordinaire radicale, il déclarait, sans l'ombre d'une provocation, hélas, que "la souffrance est une merveille". Sous le Soleil de Satan l'aveugle est roi.
A patauger dans la haine et la propagande, nous fabriquons sans fin une montagne de honte qui dégoûte même le larron criminel ordinaire. Le Diable, sans doute, rit encore de ce sang si frais, encore si pur, abreuvant les misérables sillons de nos illusions perdues...
Jamais nous ne remonterons la pente sans une guerre à l'horreur et la cruauté malheureusement la plus inédite. Ainsi, Bernanos avait tristement raison, quand après avoir vécu 14 comme une apocalypse ordinaire radicale, il déclarait, sans l'ombre d'une provocation, hélas, que "la souffrance est une merveille". Sous le Soleil de Satan l'aveugle est roi.

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