Certains
animaux ne se reproduisent pas en captivité. On imagine que ce
refus, ou cette absence, passe par une sexualité à l'arrêt et que
cet arrêt est le fait des femelles, évidemment décisionnelles en
ces questions.
Il n'est pas
interdit de penser que ces animaux ont l'intelligence instinctive de
ne pas envisager de suite à donner à leur privation de
liberté, ni pour eux ni pour une descendance éventuelle, peut-être
placée dans une future situation
domestique pire que la leur,
dans
une perte totale de leur vérité vitale.
Il
paraît fort regrettable que les femelles humaines ne ressentent
nullement l'inutilité de la reproduction de leur servage
social systémique, pour elles et pour leur triste progéniture,
comme si la perpétuation de l'esclavage naturalisé
pouvait apporter quelque chance future de libération, parfaitement
illusoire, et même, dans certain cas, criminelle dans son mensonge
propagé.
Dans
ces cas-là, leur responsabilité morale est si lourde, que comme
pour beaucoup de crimes ordinaires ancrés dans des moeurs
surveillées par un système intéressé au plus haut
point par le produit de leurs « amours », on ne peut
s'empêcher d'examiner les circonstances atténuantes de leur
psychologies de construction sociale.
On
fait reposer sur leurs épaules, apparemment si fragiles, des
impératifs si catégoriques pour leur propre survie
sociale-statutaire, économique-affective, pathologique-sentimentale
et traditionnelle-révolutionnaire-narcissique, qu'on ne peut
qu'imputer au système inhumain de conditionnement établi, la
responsabilité réelle de leur délinquance morale globale,
puisque nous n'irons pas jusqu'à parler de la vraie.
De
l'idée de parc et d'élevage industriel, ailleurs évoquée, on
arrive à celle de zoo humain, et des incitations d'une équipe de
soignants désignés devant les problèmes
d'acclimatation au-dit système.
Sauf
que dans ce véritable zoo hors les murs, on dirait que la révolte a
été délicatement retournée en révolution maternaliste,
peut-être avec l'idée, apparemment subversive, d'une surproduction
révolutionnaire de bons sentiments positivés,
apte à napper une civilisation orientée vers une violence pure de
pseudo-liberté, d'un voile émollient d'angélisme exterminateur de
ce qui serait censé être l'idéologie patriarcale de la cruauté
éternelle du monde.
Dans
leur premier âge, les enfants étant censés adoucir le monde et
féminiser les mâles les plus sauvages en les attelant à des
devoirs domestiques attendrissant le sens de leur poil dans celui
d'une dépendance systémique latérale élargie. Après la
remotivation amoureuse, la familiale, doublant des liens
d'obligations de type social-religieux.
Pour
ce qui est des animaux sauvages, ou ce qu'il en reste, on peut noter,
pour eux, la lenteur naturelle du processus de
domestication, les moyens, souvent au niveau du bas-ventre, utilisés
pour l'accélérer, et surtout le fait que la domestication d'un
adulte a des limites, qui laissent voir une distance
définitive dans la relation construite.
On
peut croire sans aucune peine que leur intelligence instinctive a
l'intuition de ce que peut leur coûter, et à leur espèce
avec, une trop grande familiarité avec un système humain si
parfait. Nous n'arriverons jamais à admettre, pour notre part,
comment un exploitant agricole, après avoir si
affectueusement aimé (l'investissement dans, malheureusement
– ) la bête, depuis sa naissance émue, pouvait la vendre
aussi froidement à l'abattoir, derrière l'impératif réaliste.
Enfin,
il y a ces « animaux humains » redevenus sauvages, ces
sans-abris refusant définitivement tout contact avec une
société qui les blessa un jour à mort, préférant tout endurer
plutôt que la fausse chaleur d'un foyer normalisé, collectif
ou individuel, et qui se laissent mourir, un peu à la façon de
d'autres frères éloignés de captivité, redonnant à la crasse
d'antan un peu de cette dignité du refus qu'un hygiénisme
ultra-moderne a dissoute, reléguant avec une douceur ferme
les « expressions » d'un corps malade du côté d'une
animalité encagée debout dans les besoins honteux
d'une nature criminalisée par l'éternelle bien-pensance
systémique.
« C'est
un beau jour pour mourir. » proclamèrent une fois pour
toutes des « animaux rouges », comme naturellement
sanglants, accouchés de vie sauvage, face à des bêtes
cruelles, blanchâtres, mécanisées, peintes en bleu. Nous aussi
avons perdu tous nos bisons humains, notre nourriture spirituelle.
Nous sommes les derniers Mohicans de France, ces sales français qui
puent le passé, les origines. « On ne lave pas la
poésie / un poète, ça sent des pieds. » disait Ferré,
l'anarcho-bourgeois revenu, sur le tard, du couple-épuisette à
de meilleurs « sentimens ».

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