Pourquoi les animaux
sauvages se cachent-ils d'instinct ? Il y a bien sûr la crainte
des prédateurs ou le stress estimé de la survie. Mais pour les
avoir observé souvent, on a ce sentiment étrange qu'il y a autre
chose, peut-être lié à la nature sauvage, dont le côté discret
et souvent furtif fait penser à une sorte de loi tacite et
quasi-universelle d'invisibilité. On peut y voir une saine
autant que salutaire pudeur naturelle.
Dans tel milieu tout le
monde se connaît certainement très bien, même avec une distance
sans doute territoriale, mais l'approche reste toujours
difficile ou longue. Tout ceci ressemble à de la prudence mais
peut-être aussi dû au fait que la confiance ne peut pas s'établir
n'importe comment : il y a des règles, un ordre, un sens qui ne
semble pas plus basé sur la peur pure que sur l'autorité des
groupes.
Ainsi la loi de la
jungle, comme on dit trop souvent pour résumer caricaturalement le
monde sauvage, a t-elle, malgré tout, des sortes de codes globaux
qui nous échappent. De toute façon les prédations entre animaux
n'ont rien à voir avec les humaines : elle ont des limites. Et
les relation inter-espèces n'ont pas l'air de se faire au hasard.
Connaîtrons-nous jamais
les secrets des sociétés animales sauvages ? Non seulement
personne ne « parle » mais presque tout le monde se
planque naturellement, comme fondu avec le milieu, un
milieu qui comme eux-mêmes, disparaît maintenant si vite que nous
n'y voyons que du feu : 80 000 ha de nature bitumée ou bétonnée
par an en France, soit la surface d'un département tous les 7 ans.
Le nombre des animaux sauvages divisé par 2 en 40 ans. Plus
d'éléphants d'ici 10 ans...
Sur le même territoire "partagé" et à peu près dans le même temps, la population humaine mondiale a doublé. Mais il n'y a aucune illusion à se faire : l'homme, le vrai, celui qui partage vraiment la part animale, n'y est presque pour rien, et il subira la même fin que le monde animal quand la Technique du Surhomme aura couvert ce qui reste de la Terre Mère, Gaïa.
Celui qui s'était révolté contre les religions naturelles aura alors fini son sale travail de dé-création, par delà toute destruction.
Sur le même territoire "partagé" et à peu près dans le même temps, la population humaine mondiale a doublé. Mais il n'y a aucune illusion à se faire : l'homme, le vrai, celui qui partage vraiment la part animale, n'y est presque pour rien, et il subira la même fin que le monde animal quand la Technique du Surhomme aura couvert ce qui reste de la Terre Mère, Gaïa.
Celui qui s'était révolté contre les religions naturelles aura alors fini son sale travail de dé-création, par delà toute destruction.
Chez les animaux, ni omerta ni
intégrisme, ni haine : on dirait qu'ils préfèrent simplement tous disparaître
avec leur milieu plutôt que s'adapter, au mal, comme nous. On sait que
certaines espèces se suicident collectivement sans angoisse
apparente, en famille, si on peut dire. Qu'est-ce qui les y pousse ?
D'autres préfèrent se laisser mourir de faim ou ronger la patte
prise au piège (…) D'un autre côté ils savent fuir longtemps à
l'avance de grands dangers comme les cataclysmes, les feux (…) Tout
est mystère vivant du vivant ordinaire, silence et chant, bien à
leur place éternelle. Et pourtant, comme ils sont si loin d'être
des automates, comme nous !
Il y a aussi quelque
chose de particulièrement émouvant chez ces soit-disant non
« civilisés », c'est leur façon solitaire et retirée
de mourir. Une façon si courageuse d'accepter la fin. Ce
n'est sans doute qu'une apparence trompeuse : ils vivent
apparemment aussi de cette façon, mais nous ne pouvons pas le
savoir, sauf le jour mauvais qui ne peut que venir où ils finiront
tous bagués et équipés de mini-caméras... comme nous.
Comment ne pas aimer
d'autant plus, en attendant, le dernier grand mystère
sacré de leur vie libre au milieu du bruit et de la
fureur des humains, qui paradoxalement les font prendre par les
imbéciles positivistes pour de pures machines de vie. On ne peut que
les aimer d'un amour qui leur ressemble en attendant la fin du monde,
d'un amour muet comme était celui de la mère d'un Camus, celle qu'il préférait à la "justice".

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