Que le divin
morceau de Miles « So what » ait été enregistré dans
une ancienne église reconvertie en studio d'enregistrement n'est pas
vraiment pour nous surprendre, quand on se laisse porter et emporter
par ce morceau de transcendental jazz,
dit moderne, de « la nouvelle chose », ou de ce qu'on
voudra... pour ne surtout pas
parler de spiritualité autre que dé-spiritualisée et
dénaturée, et qu'il ne
doit y en avoir que pour la Technique Supérieure de Davis.
Rien
de nouveau sous le soleil de Satan :
le secret de ce chef
d'oeuvre – quand bien même ça
ne peut que couper la chique aux
francs-maçons de la culture,
pour qui rien n'est sacré que la fanatique
désacralisation du monde –,
le secret en question ne
gît évidemment pas dans le seul génie du
Musicien,
du Jazz
et du Style,
mais aussi et encore dans
la réponse matérielle sensée d'un
lieu consacré au spirituel en soi, par delà la mécanique du
rituel confucéen.
La
Maison du Père,
même désinfectée,
demeure, quand
elle est bonne, belle et juste, lieu commun vrai
de réception et de résonance,
que raisonnements et arraisonnements ignorent. Le sentiment et
la raison qui le
couronnent, gravé
dans le travail de constructeurs-bâtisseurs "oubliés",
quand ils sont inscrits dans la pierre humaine, ont
l'irrationnelle vertu
d'une guérison, en l'occurence quasi-chamanique,
des effets calculés
des chirurgies les plus
blessantes et mortelles d'une
civilisation en chute libre.
Mais réponse à quoi,
alors dans ces murs
ouverts ? A une attitude attentive
devant la vie et le monde, devant ce qui les créé sans
les produire, comme on ne sait quel effet humainement causé :
ici la magie du « Nègre »
est blanche, c'est à
dire, à partir de
lui, par delà
l'humain, quand retombe, sacré, le son envoûté dans
la coupe entendue et étendue d'une écoute vraie.

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