Aux Ingénieurs et Architectes du Monde Nouveau, qui n'inventerons jamais rien pour ce, et ceux que leurs rationalisations tuent.
Humanité
quantitative : bientôt 9 milliards d'êtres humains, comme si
ce « résultat » était naturel. Tombait du 7ème
ciel de la déesse Fécondité. Comme un tsunami imprévu. Alors que
nos experts, dans le même temps, nous parlent d'un avenir à 50 ans
ou plus, et des conséquences merveilleuses de nouvelles
politiques, inventées pour notre bonheur.
Nous ne parlons pas de volonté précise mais de mesure vérificatrice complice puis manipulatrice, celle liée au contrôle, au pouvoir et à la puissance matérielle. Cette puissance acquise, ce feu volé, courbe qui nous inverse dans sa subtile dialectique interne post-hégélienne de moyen : la supériorité du nombre devient son infériorité, l'accumulation est pesanteur
weilienne. Les premiers, en vérité, sont bel et bien devenus les derniers. L'horrible travail de Rimbaud, le "misérable miracle" s'est "historiquement" réalisé.
Comme si la
science démographique n'était jamais née, ni les politiques
familiales, ou les
planifications à l'échelle planétaire. Comme si personne n'avait
fabriqué de
courbes liées au progrès et
à ses « projections », comme si la prospective
était du latin et la division internationale de la
production-consommation, du grec.
Comme
si les progrès de la médecine,
par exemple, avaient, depuis quelques siècles, des conséquence tout
à fait inattendues, des
impacts de hasard
divers et variés non
envisagés, escomptés, spéculés, et manipulés
par ces
armées d'experts patentés,
financiers, économiques, militaires (…) auscultant le monde
depuis qu'il est à acheter, vendre, conquérir ou coloniser, comme
mari jaloux fait surveiller
le lait de la
vie de sa femme.
Par
ailleurs, et parallèlement,
comment s'empêcher de songer « mauvaisement »
aux stratégies géniales des
divers élevages industriels qui pourrissent nos campagnes comme indispensable pendant
« alimentaire » rural
au cancer de la concentration urbaine ? Le mal par le
mal, toujours a posteriori.
La
ressource humaine est fortuitement devenue
« excédentaire » par tous ses calculs théorique possibles. Les exigences posées ont bel et bien produit le problème résolu en contrainte technique.
Elle
subira le même sort que ces trains entiers de blé que les
USA déversèrent en mer dans les années 20.
Cette
ressource excédentaire-là permet aux cuistres criminels qui
le gouvernent, de tout déséquilibrer, de prétendre et claironner
aux quatre coins du monde, civilisé d'Europe par exemple, que les
conditions normales d'existences de notre humain « genre »
ne sont plus réalistes, ni adaptées aux techniques nouvelles
appelées par les nouvelles conditions de leur application
délinquante.
Pour
ce qui est des trains humains, on nous répondra, à raison,
que ça a déjà commencé en 14 pour finir à Buchenwald ou Dachau.
Nous nous rappelons de certains des maîtres de notre jeunesse,
passés par ce détour ferroviaire de l'histoire, et de leurs
avertissements avisés et tragiques, que les plus stupides
d'entre nous prenaient pour folie passagère. Mais nous étions
des jeunes. De cette catégorie humaine élevée au mensonge
et au jouet, comme on élève un autre bétail au maïs ou au blé.
Nous n'avions pas encore pris de train vers l'abattoir 5.
Mais
rassurez-vous, les conditions catastrophiques auxquelles notre
démographie dirigée nous mène ont été planifiées par des
esprits compétents. La valeur qualitative d'une humanité
digne de ce nom a été dévaluée et dégradée, comme le
goût du poulet d'élevage en batterie, ou comme un traître à la
patrie du Chiffre. L'homme nouveau a des caractéristiques conformes
aux exigences techniques de la rationalité industrielle moderne
inaugurée par les nazis. C'est un « adapté ».
La
sélection naturelle a été totalement relayée. Plus loin,
nous sommes déjà dans la sélection biologique sociale la
plus massive concernant le parc humain. Seuls survivront les
Adaptés. La contrainte bientôt directe de la reproduction
sanitaire contrôlée de ce parc submerge déjà tous les
domaines, sans exception, comme dans un immense camp de réfugiés
concentré en zones urbaines.
Nous
sommes de trop, l'humain est un surnombre coupable autant
qu'un facteur responsable de la destruction des ressources et
de leur production, ne méritant plus que l'automatisation de
la Fourmilière géante, pour un bonheur conforme au Plan et à
l'ensemble de ses prévisions systémiques, celles des machines
connectées du Marché de la survie.
Plus
aucun rapport vrai avec ce que nous sommes en profondeur au sens
d'humanité ou de société profonde. Une humanité sans
qualité, dans la singularité perdue de sa nature et de sa culture.
Nous avons troqué pensée et sentiment pour du chiffre et du
code dans l'espoir maladif de nous libérer d'une condition jugée
injuste par une raison devenue folle comme la roue libre
d'un véhicule civilisationnel crashé. Véhicule militaire
dinosaurien comme un tank de 14 piégé ou un cuirassé américain de
1880 retourné sur le flanc.
Nous
ne sommes déjà plus qu'une sorte de numérisation modélisée de
la forme humaine unitaire, sans plus rien d'unique
unifié d'origine.
(...) "unité fonctionnelle synthétique positive" : " L'objet technique concret [ici l'humain] est celui qui n'est plus en lutte avec lui-même, celui dans lequel aucun effet secondaire ne nuit au fonctionnement de l'ensemble." (Simondon par Ellul).
Nos rêves vont vers des mouvements intérieurs perpétuels de camés en quête de doses compensatoires. Nous avons tellement perdu de poids et mesure dans nos calculs d'astronomes-apothicaires qu'il ne nous reste plus, comme destin commun, que la vérification aidée, sans fin, de la bande passante de procédures stabilisatrices évanescentes, crachotante comme une vieille TSF abandonnée au milieu de nulle part. Sorte de mélange cinématographique surréel dérisoire du Meilleur des mondes et de A.I.
(...) "unité fonctionnelle synthétique positive" : " L'objet technique concret [ici l'humain] est celui qui n'est plus en lutte avec lui-même, celui dans lequel aucun effet secondaire ne nuit au fonctionnement de l'ensemble." (Simondon par Ellul).
Nos rêves vont vers des mouvements intérieurs perpétuels de camés en quête de doses compensatoires. Nous avons tellement perdu de poids et mesure dans nos calculs d'astronomes-apothicaires qu'il ne nous reste plus, comme destin commun, que la vérification aidée, sans fin, de la bande passante de procédures stabilisatrices évanescentes, crachotante comme une vieille TSF abandonnée au milieu de nulle part. Sorte de mélange cinématographique surréel dérisoire du Meilleur des mondes et de A.I.
Ne
plus entendre parler d'humanité standard en fabrication est
un luxe inabordable, comme ces terres utopiques et mythiques que
seuls quelques modernes miséreux profonds, ceux qui coulent
et touchent le fond, ont la chance cruelle de croire
diablement connaître, en bas, aurait dit Rimbaud, fils
maudit, dans l'horrible agonie à laquelle les voue, à la suite de
Frère Baudelaire, le pire du meilleur des mondes possible, au
sens scientifique terminal. Au sens matériel, noyé
pensif.
Bingo
crépuscule des Hommes !

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