Certaines
personnes nous sont, par delà le temps et l'espace, tellement
proches qu'elles sont en nous-mêmes. Parfois depuis le début de
notre vie, mais en tout cas pour toujours. Des personnes tellement en
nous qu'on ne peut pas même parler d'elles, tellement leur
présence, ou plutôt leur esprit nous a intégrés, non pas à
elles-mêmes, mais à leur milieu naturel
spirituel.
Il
y a proximité organique en
quelque sorte, non dans une fusion romantique,
mais dans un partage complet,
une complétude partagée, une sorte d'unité humaine
supérieure, défiant analyse et
déterminations extérieures.
Impossible
d'ailleurs de faciliter une approche de la réalité non phénoménale
de ce fait étrange,
mystérieux, fait de liens que certains qualifieraient
d'inconscients, pour dire combien ils nous échappent, tant que l'on
n'a pas commencé à les éprouver au niveau même de sensations
qui les expriment, ou plutôt nous conduisent à eux. Il
n'y aucune coupure du lien physique et spirituel, au contraire le
physique menant à
l'esprit, en l'exprimant.
En
général ces personnes n'ont pas vraiment d'ego démesuré, elles
ont des retenues
discrètes, parfois secrètes, jusque dans leurs positions les plus
tranchées, et qui sont alors comme
retranchées : elles
savent laisser le jeu nécessaire
à la différence dans la même ligne de vision.
Elles
ne semblent vivre ni pour elles-mêmes ni pour les autres, mais
plutôt pour un autre monde immédiat,
subtil, aussi réservé dans ses affirmations que ferme dans ses
directions. Un monde qui
rejoint sans doute celui des peuples premiers, et qui depuis une
époque si reculée qu'elle est impondérable, aurait mystérieusement
échappé à la normalisation, dans une autonomie
originelle préservée. Préservée parce que globalement
reliée à l'intérieur de soi.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire