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vendredi 16 janvier 2015

FORCES FRANÇAISES LIBRES # 2 LA VICTOIRE N'EST PAS UNE CULTURE






Après les massacres de janvier 2015 en France, après bien d'autres, ailleurs et avant, et avant d'autres, hélas, à venir, « nous sommes en guerre » ouverte contre une internationale fasciste qui terrorise le monde, prétendument islamique, comme il y a un prétendu État islamique. C'est bien de le dire, c'est mieux de la faire au plan exact, dont le contre-terrorisme vrai ne sera jamais un terrorisme de plus, et plutôt un en moins, absolument, radicalement.



Guerre ouverte non-déclarée (mais progressivement, par la force des « choses », reconnue comme telle), puisque aucun État reconnu n'y a d'armée régulière, que les interventions des Alliés sont officiellement des opérations de maintien de l'ordre, mondial ou local, humanitaires, ou directement sous directive ou mandat international.  

Opérations discrètes ou secrètes, spéciales, incompréhensibles, incohérentes au moins, imprévisibles, c'est certain, dans leurs conséquences, comme on énerve des fauves piégés.



Guerre, ouverte non-déclarée, qui ne dit pas son nom, anonyme comme certaines sociétés. Ce que les professionnels nomment guerre de l'ombre, guerre asymétrique, pour le moins protéiforme et totale, c'est à dire, depuis Hitler, pour la période moderne, ne respectant plus aucun principe humain, un peu comme une certaine économie, dite aussi de l'ombre.



Il y a, fondamentalement, une négation (nihilisme de principe) du principe et de la valeur d'humanité censés fonder une civilisation vendue comme avancée, celle à laquelle nous appartenons, ou plutôt, qui nous appartient. Négation moderne dans son officialisation et ses légitimations ouvertes à toutes les opportunités de vents mauvais. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne soit pas une résurgence, provoquée par une excessive pression civilisatrice technicienne sur notre nature, de barbaries plus anciennement bestiales et décadentes.



Guerre des civilisations, ont déclaré des gourous patentés assis à la droite de Dieu. Guerre des valeurs, guerre culturelle... Une chose est certaine : un certain type de guerre, la fasciste, pour être clair, ne peut évidemment jamais se réclamer de quelque valeur que ce soit, et encore moins de quelque culture que ce soit. Une vraie valeur, et encore plus, une vraie culture ne pouvant être jamais être vraie sur des positions particulières hégémoniques, n'étant jamais que des expressions déterminées d'une unité universelle, dont d'ailleurs, elles cherchent toutes, dans leur sale guerre de conquête, réussie ou pas, à se réclamer, activant une internationalisation cohérente et coercitive des désordres, pour nous illusionner sur leur potentiel spatial humain de puissance.



Les relativistes, à l'inverse, prônant des valeurs – souvent les mêmes, repeintes collectivisées, en défensive souvent plus guerrière et fanatique que l'offense elle-même, quand ils ne sont pas co-initiateurs des concurrences sauvages agitant la marmite, le melting-pot mondial. Actionnant, quant à eux, le levier des limites réciproques de valeurs dialectiques à réguler selon un principe scientifique abstrait ou un autre, toujours réductible à un religieux-culturel finalement très fondamentaliste dans son antithèse faussement équilibriste.



Principe que les libéraux dominants de tous poils, appellent, depuis deux siècles au moins, alternativement et selon les situations en main, le marché ou les droits de l'homme (au marché), tandis que de l'autre côté, on parle de progrès social, de bonheur social et de liberté sociale du genre humain. Ces Deux grandes tendances, activées l'une contre l'autre, enfonçant leur défenseurs attaqués dans la basse-fosse du marché captif de leur future traite normalisée, d'une manière ou d'une autre, une fois leur intelligence naturelle et culturelle annihilée en vue de leur élevage industriel intensif et de l'augmentation bassement corrélée de la production-consommation de marchandises répondant, toujours plus, à leurs besoins "libérés" de toute vérité humaine.



Ce prétendu choc des civilisations, – prétendu parce que tout ne peut jamais être que calculé au plus près, désormais – révèle, en fait, dans sa logique abstraite, l'activation extrême, dès la sortie de la première guerre mondialisée, de ces deux pôles destructeurs et destructurant du monde, avec l'évidente visée de faire émerger une loi mondiale de certains marchés multinationaux contrôlés, vitaux pour l'humanité.



Ce qui fut activé et l'est toujours plus, ce sont des extrémisations culturelles poussant à l'autodestruction culturelle mutuelle : chaque tribu fanatisée combattant l'autre, -- au milieu des sables mouvants des peurs et des désirs de puissance protectrice -- , s'abîmant, lentement, dans le néant fatal de sa propre pesanteur. Les bourbiers sont connus jusqu'à la nausée, la folie et le désespoir – que des médias en rut permanent ne cessent de renvoyer en représentation de notre démoralisation programmée, pour une jouissance malsaine, obscène .

 À ce niveau-là, celui de la jungle et du zoo, nul n'échappe plus au problème du mal. Ceux qui nient toute théorie du complot croient, autant que ceux qui la défendent, pouvoir y échapper. L'illusion est devenue la règle des réalités construites.



Dans cette guerre des ombres, on distingue une tendance majeure : l'annihilation mutuelle progressive des monothéismes du livre dans leur meilleur, éléments essentiels (– parmi d'autres, comme le polythéisme celtique ou grec –), qu'on le veuille ou non, de la culture et de la civilisation européenne, et en particulier, française. 

L'usure brutale ou patiente de ces sagesses traditionnelles, depuis l'effondrement central de 1914, ne peut que permettre de mieux faire sauter les anciennes digues mondiales du Marché. C'est ce creuset vieux de plus de mille ans, que certaines puissances, rationnelles modernes, aimeraient voir éclater pour permettre au forces obscures de la puissance de pousser leur démesure au maximum d'illimité uniformisé. Division, diversion, subversion et corruption des principes supérieurs sont les enjeux majeurs de cette guerre mondiale voilée.



Ce que la barbarie nouvelle proclame, c'est son éternité temporelle, contre le matérialisme complice des morales, c'est son sacré sombre ressuscité, depuis la mise à bas, l'abattage de masse, l'humiliation et la haine des justes, des sages, des saints et des héros qui firent nos valeurs européennes, et notamment françaises.

Ces grands, qui ont toujours fait notre honneur, dont on se servit de la grandeur instrumentalisée pour construire et justifier notre puissance culturelle, industrielle et commerciale hégémonique, bien trop souvent, imposée par la trahison, la violence pure, l'esclavage, la négation de la dignité et de la nature humaine.



Nous sommes confrontés à un retour logique démultiplié de, et à cette barbarie. Et ce retournement est aussi un retournement d'alliance : à la guerre comme à la guerre, puisque nous ne connaissons et reconnaissons que cela : l'autorité de la terreur et la terreur de l'autorité. Les horizontalismes réseautés post-modernes, leurres, provisoirement couchés, des relativistes de masse, n'y feront rien. La vérité seule, celle de Gandhi ou Luther King, a de l'avenir.



D'autant plus que la terreur post-moderne est d'abord électronique dans son contrôle des esprits. Elle suit le mouvement de mécanisation générale de la pensée visuelle décrite par Ellul. La terreur est donc technique aussi : c'est une technique, une technologie avancée de manipulation des esprits.

Ses images nous brûlent la cervelle, au sens propre, dans un meurtre symbolique de masse dont le nazisme fut le prototype fertile non définitivement stoppé. Il ne le sera jamais : on ne peut, historiquement, que le mettre à distance pour une période non déterminée, vu le passif.



On ne contient pas impunément la barbarie sans générosité musclée, celle qui fait horreur aujourd'hui, en faisant le lit sanglant de sa négation logique.
On ne contient pas impunément la barbarie sans esprit de chevalerie ni esprit de vérité ; sans une maîtrise traditionnelle des forces de la nature humaine. 
On ne contient pas impunément la barbarie sans une canalisation fertile et heureuse des forces instinctuelles, transcendées dans une culture dont le sens ne leur est pas séparé par l'imposture d'un pouvoir intellectuel soumis aux lois bestiales du marché – fusse celui des religions
Pas plus qu'on ne contient pas impunément les forces spirituelles incarnées dans un système purement technique. On ne nie pas la nature humaine : on la respecte et l'honore pour un dépassement heureux, loin des perversions révolutionnaires des réalités de cette vérité première.  
Cette négation historique des données de base de la vie humaine entraîne un déchaînement incontrôlable de folie criminelle la plus basse et la plus haute à la fois.



Dans cette guerre nouvelle, où l'absurde et l'arbitraire les plus cruels sont rois, la République de Platon ou d'Aristote ne tiendra pas sans un retour au sens, premier, commun ou bon, qui ne sont que les sens humains de la mesure grecque notamment, contre le retour de non-sens, issu du choc de notre folle démesure technicienne de puissance. 
Dans cette guerre nouvelle, sans retour sur soi et non au passé, il n'y aura pas de retour du tout : nous serons ou massacrés ou vendus. C'est la loi de la guerre, et nous y échapperons d'autant moins que nous l'avons déclarée au monde entier depuis trop longtemps, entraînés par des meneurs d'une espèce terroriste très proche de celle qui tente sa chance aujourd'hui.



Heureusement, notre culture n'a jamais été totalement impressionnée par la terreur, mais toujours par la grâce. C'est ce qui peut seul nous sauver : nous ne serons jamais de la race élue des vainqueurs. Vaincre n'est pas une fin en soi. Le V de la victoire n'est ni un acquis permanent ni un mérite inné ou héréditaire. 
La victoire n'est pas une culture, comme la liberté, c'est une nécessité tragique, comme l'amour, que nous ne pouvons que rencontrer, pas maîtriser. Cela, tout vrai Résistant le sait.
 
La grâce du don et le contre-don de soi, qui seule peut – hors toute propagande, inutile et nuisible, et même de l'historiquement vrai, puisque seul l'humainement vrai fonde notre culture – nous relier.

Nous relier Ici, dans l'Europe à venir, « de la Méditerranée à l'Oural », les uns aux autres, comme dans le film « Stalingrad ou L'ennemi aux portes » d'Annaud. Comme le peuple russe, nous n'avons jamais eu besoin d'historiens, de commissaires politiques ou de théories économiques pour nous expliquer le sens ou le non-sens de notre Histoire, nous le portons en nous comme un secret du cœur, qu'aucun média ne nous montrera jamais : la miséricorde de la guerre n'est pas technique. Secret, aussi, mieux gardé que ceux des services de renseignements du monde entier, celui du courage. Du courage muet dans la parole.

À ce propos, n'oublions jamais la leçon posthume de De Gaulle, dont nous faisons aujourd'hui les frais de ne pas l'avoir suivie : un peuple de marchands ne peut que vendre ou se vendre. Nous n'avons rien à négocier, au contraire de ceux qui sèment la terreur. Notre culture, pas plus que ne l'était celle des Indiens d'Amérique, n'est pas à vendre, elle est à prendre ou à abandonner, non à son temps maudit, mais au printemps spirituel qui vient.






lundi 8 décembre 2014

DE NOTRE DAME








De Notre-Dame à Sivens, les écologistes dits « radicaux » sont dans la ligne de mire. Sans que soit définie jamais, évidemment, la nature de cette radicalité, amalgamant donc violence et exigence, violence et conscience, désobéissance civile et révolte violente, les médias sont lâchés contre ce qu'ils assimilent à un « terrorisme écologique » bien connu du renseignement américain depuis les années 70. S'appuyant sur, et en généralisant, pour mieux les condamner à raison a priori, en les isolant et abstrayant des contextes, les actes de violence objectivement inacceptable, gratuits, niant la liberté individuelle de certains, délinquants, criminels ou terroristes... Juste et triste retour des choses de la propagande dans un sens, mais dans un sens seulement.



Puisque le camp le plus hétérogène n'est sûrement pas celui du système, dont les objectifs sont simples, comme tout objectif financier en soi, à vendre. Du côté des zadistes, assimilés désormais à des terroristes standards, les vrais pacifistes, les vrais amants de la Nature ont du souci à se faire d'avoir trop longtemps laissé des extrémistes de tous poils les protéger, un peu comme de l'autre côté, les mafias, légales ou pas, protègent la finance en action. S'il y a un camp qui ne peut grenouiller sans tout perdre, avec les basses mains et les basses œuvres, ce sont bien ceux qui prétendent, parfois avec toute honnêteté et intention voulue, défendre la Nature. Cette chose en voie de disparition galopante qu'on nomme, avec les pincettes voulues : l'environnement, neutralisant bien ainsi, des deux côtés, son essence sacrée et éternelle, pour en faire un objet savant normalisé, calibré. L'objet d'un enjeu politico-financier.



Les stratèges de la guerrilla de zad feraient bien de changer leur fusil à fleur d'épaule, et pas seulement à cause des conséquences, parfois plus que dramatiques de leur manque de conscience morale, et de morale tout court, et de laisser ce cynisme terrorisant aux seules forces chargées de maintenir l'ordre financier.

L'internationalisation par le haut de ces forces répondant à la leur par le bas... Chacun de bien né sait que le haut, en ce qui concerne la bassesse, est invincible. Quand la machine de guerre de sa propagande est lancée, on peut être assuré que beaucoup de morts vont venir couvrir et fabriquer beaucoup de mensonges – jusqu'à plus soif de victoire.



Une sale guerre est en train de naître, et non seulement les zadistes vont la perdre, mais ils vont surtout permettre et provoquer toutes les expérimentations légales, qui pourront ensuite entrer en vigueur partout dans le monde pour très longtemps. Puisqu'il faut quand même pas mal de temps avant qu'une loi soit discréditée, et à refaire autrement. Les légalistes de tout poil bien rasé ne diront pas le contraire, qui pensent, par principe, que toute désobéissance est déjà un acte violent en soi, une violence sociale inacceptable faite à leur déesse de la force nue du plus grand nombre.



Que cette sale guerre, comme toutes les autres, soit activée, en sous-main, des deux côtés, ne peut faire aucun doute. La défense, ici, armée de la Nature est une trahison, une infamie, une abjection morale et même politique. La vraie guerre sainte, celle des saints, se fait en la refusant au niveau de la puissance, comme n'importe quel objecteur de conscience le sait. La sainteté d'une cause, ce mot qui fait peur, n'a jamais rien eu à voir avec la terreur ou la violence, qui prétend ne pas le voir ?



La « guerre sainte » vraie et raisonnable est celle du martyr que l'on subit passionnément sans l'accepter en raison, pas celui que l'on inflige : on ne tue pas pour une cause, on meurt pour elle. Ce qui n'a absolument rien à voir. Mourir pour notre mère Nature est une cause sainte, et même très chrétienne, même si elle ne paraît pas très catholique, bien qu'un pape se soit engagé sur la Création. Gandhi et Luther King l'ont assez montré. Mais n'est pas saint qui veut, et encore moins qui calcule. Le saint, comme le Christ, ne peut être que ridicule et crucifiable, symboliquement, et parfois, réellement. Sa position en tout cas est très claire : toujours du côté des victimes, comme le voulut le révolté athée Camus, dans son sens de l'histoire sainte laïque. Nous ne disons pas victimisation, ce terrorisme à l'envers. Nous parlons de ce qui est, et de celui qui est en voie d'être détruit, sous les meilleures raisons rationnelles du monde, et qui reste debout, comme un arbre, face aux légions de tronçonneuses en marche.



Les nouvelles lois en fabrication découperont aussi bien les trahisons extrémistes offensives et criminelles, les purs anges défenseurs de l'idéale nature éternelle que les bêtes de sincérité brute de nature décoffrée. Celles qui, passant par une Loi Biodiversité, en cours de lecture chez nous, en France, permettront l'introduction de « réserves d'actifs naturels » et « d'obligations de compensations écologiques » sous les lobbyings compétents, créant des « banques d'actif biodiversité » permettant de développer « une compensation par l'offre », appuyée, ici, par la Commission Européenne (…) ; mécanique stratégique de précision qui permettra de poursuivre toujours plus loin l'expansion « constructiviste » mondiale contre la Nature et son royaume peau de chagrin. Il est déjà trop tard pour ne pas se battre : la vérité est une arme de paix. Il faut aussi au système technicien déforester les hommes dans la tête pour atteindre le cœur du bois.






lundi 3 novembre 2014

LE DIABLE EN RIT ENCORE






Un gamin pacifique, aimant la nature, plus que son jeune confort consommateur moyen de masse, se fait tuer dans une manif « dégénérée » par des extrémistes. Tué par tir tendu de grenade « défensive », légitime aux yeux de beaucoup trop, puisque les forces de police décomptent plusieurs dizaines de blessés, qu'elles doivent maintenir l'ordre, et se « défendre » contre cette sorte de guerre sociale rampante que promeuvent les opposants violents à un projet de trop de plus. De belles légitimités, vite dites, des deux côtés, quand ces deux côtés font la politique.



L'une, comme violence étatique obligée et même nécessaire, pour les légalistes purs et durs, ne se discuterait pas : la fin ordonnée justifierait tous les moyens : à la guerre comme à la guerre civile. De l'autre côté, le progressiste en contre-pouvoir, quand il s'agit de fascistes dénoncés, tout est permis, même les flacons d'acide... parmi d'autres barbaries traditionnelles de rue. Ce ne serait qu'un Carnaval des Méchants sans la jeunesse, la vraie.



Une haine bien rationnelle des deux côtés, mais ce gamin, qui, sans doute, fervent botaniste dit-on, n'a pas supporté qu'on rase impunément une forêt, une de plus, sous prétexte de décisions démocratiques officielles progressistes au pouvoir, c'est à dire nécessairement truquées, d'une façon ou d'une autre, pour faire aboutir un projet contesté, apparemment démesuré. Il n'y a pas qu'en Amazonie qu'elles sont menacées, les forêts, c'est partout. Et même les arbres, presque chaque arbre, des forêts défrichées aux platanes des routes de France, en passant par ceux de centres villes obsédés par les m2 commerciaux.



Pourquoi des décisions truquées ? Parce beaucoup de gens, de plus en plus de gens, ne veulent plus qu'on sacrifie la nature, et surtout des arbres. Mais on ne les écoute pas : leurs arguments n'ont pas de valeur économique ou industrielle, ils ne visent qu'à défendre une culture qui a perdu, celle de peuples et d'une raison de tradition, de sagesse, de partage, d'équilibre et de respect globaux. Il ne s'agit pas de la « ressource naturelle » des spéculateurs, mais de nature, de milieu au sens strict, c'est à dire de référence existentielle autant qu'essentielle. Contre une culture urbaine industrielle de remplacement de milieu, une culture techniciste qui ne veut plus entendre parler ni de nature ni de nature humaine.



La mort de ce gamin innocent, mais conscient des enjeux, regrettable fatalité pour les uns, qui estiment excessif et irresponsable la forme de son engagement de manifester contre un chantier « commencé », et du même coup font peser sur son choix une sorte de suspicion de responsabilité irresponsable, frisant un soupçon de culpabilité diffuse mais subtile. Cette mort, vite devenue, comme à chaque fois, un enjeu pour le camp des victimes « martyrisées », est jetée en avant comme un crime, un assassinat froid et volontaire, ce qu'elle n'est sans doute pas, tout en étant bel et bien un irréparable meurtre légal autorisé.



Côté pouvoir, l'argument-massue amalgamique répété avec une satiété écoeurante, c'est celui de stopper des casseurs organisés, et leur violence nue et ouverte, par une violence supérieure plus aveugle encore, comme toujours. C'est la guerre à la guerre, la terreur à la terreur, l'éternelle rengaine de la puissance publique impuissante, sourde, aveugle et muette. Il y a les principes à chaque fois bafoués par les mêmes ordres irresponsables ou calculés, ce qui revient au même. Toujours les mêmes manipulations des foules grandes ou petites, la même psychologie des camps.



C'est la violence de principe de l'État dans sa défense présumée d'intérêts collectifs d'une majorité dite démocratiquement représentée... contre celle de défenseurs de zones menacées par la cupidité d'affairistes, minoritairement organisés et représentés aussi, même si cette minorité est bien souvent, au départ, non violente. Mais au départ seulement. L'indignation est captée, la révolte canalisée vers des symbolismes logiques de foire d'empoigne ou de bataille rangée contre des fonctionnaires de l'ordre et de la loi, militairement conditionnés, bridés et entraînés. Et les lois de la guerre sans principe reprennent leurs droits dans la majorité des esprits retournés, dans la complicité active ou passive, parfois de l'ignoble.



La violence canalise indignation et colère en exutoire obligé, comme une sublimation de sentiments les plus profonds, qui passent des principes aux actions et situations de masse, d'actualité ou de circonstances, au lieu de se traduire par des choix de vie personnels définitifs. 

Il y a un chantage à l'action, à la réaction : c'est le principe militaire-militant des rapports de forces dualisants, dilemmiques et binaires du « ou bien ou bien ». Le coup de « tous ceux qui sont contre » et de « ceux qui sont pour », avec ses stratégies et tactiques partagées et récupérées, selon d'où vient le vent, par les deux camps, sans parler des propagandes croisées.



Gandhi n'aurait certainement ni accepté ni validé aucune violence de son « camp », dans ses « actions », même s'il estimait que parfois, la violence peut être légitimité défensive, comme une guerre de résistance, ce que pas mal de « zadistes » d'ici ou là estiment faire, parfois avec une raison pleine et entière. Dans ce sens « extrême », on voit bien qu'il ne s'agit pas que de violence, mais d'une autre chose liée à des principes qui la dépassent, fort heureusement. Principes qu'observait strictement le père des luttes non-violentes et l'inspirateur de Martin Luther King, au même titre qu'un Thoreau.



Il y a une façon pacifique de s'opposer à, ou plutôt de refuser (un chantier ou un "projet"), mais il faut aller jusqu'au bout, risquer les coups, la haine, les blessures et sa vie, sans agressivité, mais fermement, de façon déterminée, sans se laisser enrager par la violence professionnelle psycho-physique du pouvoir d'en face, ni convaincre par sa logique pseudo économico-démocratique médiatisée. 

Cette résistance, ce boycott des logiques et ce refus civils ne sont pas compatibles avec un fanatisme militant de masse aveuglées ou des stratégies politiciennes de contestation intégrée (on conteste pour mieux faire faire autrement, sans s'opposer sur le principe de ne pas faire du tout, puisque tout est relatif au système unique).



Il y a un mépris des principes dans les deux camps : leur morale, bassement utilitariste-systémique – surtout quand il s'agit de défendre des principes respectables, est la même. Le but et le moyens sont quasiment les mêmes : seules deux théories différentes, visant un même objectif de pouvoir rationnel sur le monde et les esprits, s'opposent, dans des logiques parallèles comme deux rails idéologiques systémiques.



Ce qui ne veut absolument pas dire que tous se valent : au contraire, c'est leurs différences que l'on égalise en mobilisant chacun sur un mot d'ordre-chiffon-rouge, fabriqué à partir de vraies convictions souvent, celles d'un monde coupé en deux : l'ancien et le nouveau, où le nouveau s'arrange toujours pour que le vieux monde, méthodiquement frustré de ses droits, et refoulé de son honneur, lui coure après, comme derrière une fille facile, avec une violence d'indigné indigne.



Vers le même trou béant, – gluant – diraient certains homosexuels haineux, théorisant leur ressentiment fielleux envers le féminin fascinant-fascisant le monde de la puissance, plus obsédés encore que le commun des malades sexuels par l'envie égalitariste concurrentielle inoculée à même leur surface sentimentale primaire, trop longtemps niée par le système pour revenir au respect le plus élémentaire de la mère, même la plus désaxée, côté construction sociale contre-humaine.

Quand on patauge dans la bassesse, la tête prend la place du fondement, la chute est sans fond. A ce niveau, interviennent les provocateurs de tous poils, payés indifféremment par les deux camps : ces casseurs, parfois les plus bas criminels qu'on puisse trouver en solde, font avancer ou reculer les mouvements, c'est selon. 1789, 1917, 1968 , dates qui résonnent étrangement à nos oreilles, quand on examine ces éléments là, payés toujours autant par une police efficace que par d'incorruptibles vertus . Peu importe le flacon ou le con...



Un jeune homme vient d'être tué dans une histoire de barrage, celui qui meurt, en général d'overdose compensatoire de cet idéalisme héroïque admirable qui nous manque tellement après, que nous ne pouvons même plus vivre vivants, dès que nous perdons le pucelage de notre esprit d'enfant, le bernanosien ; celui qui meurt pour des idées, comme disait Brassens, n'est pas seulement victime des acteurs actifs de la "circonstance", comme il est bien trop simple de le croire et de le dire sur les toits médiatiques.



Personne n'a raison dans une vraie maison de fous livrés à eux-mêmes. L'idéalisme n'est pas compatible avec les réalismes qui s'opposent dans un bordel sadien conventionnel de guerre intestine larvée...

Les "réalistes" professionnels de la contestation et de la révolte, rationnellement organisés, deviennent les sectaires de  redoutables sectes en action, en imposition mentale, à la manœuvre et manipulation de cœurs purs et innocents, jetés, vierges, au milieu du grand rut criminel collectif de la basse cuisine politicienne d'opposition, acceptant ignomineusement que des éléments incontrôlés viennent leur apporter, par leur bonne barbarie autorisée, des sensations lâchées et des victoires abjectes, propulsant ces amants enragés du réel extasié au 7ème ciel de la défonce psycho-politique ou psycho-critique, dans leur irrésistible élan de prophètes patentés ou de maquereaux officiels des idées nouvelles

Les bavures seront imputées au fascistes de l'autre camp, désarmés dans leur esprit de justice officielle par la grâce du sacrifice au dieu de la plus forte raison marginale, bien séparée du mal à conjurer. Comme par un cordon sanitaire de pestiférés à abattre. Dieu reconnaitra les siens...



Nous avons mal à ce jeune homme, comme à un fils, plus bêtement que méchamment sacrifié -- pour rien. La corruption ne rapporte rien, et même moins que rien. Quand dans le camp des anges, on fait la bête, c'est pire que la bestialité dénoncée des malades systémiques. C'est un gamin qu'on tue aussi, notre gamin, bien plus que notre pauvre chair, c'est notre esprit qu'on trahit, plus loin que le plus bas, par un défi plus criminel que le crime le plus "sauvage"

A patauger dans la haine et la propagande, nous fabriquons sans fin une montagne de honte qui dégoûte même le larron criminel ordinaire. Le Diable, sans doute, rit encore de ce sang si frais, encore si pur, abreuvant les misérables sillons de nos illusions perdues..

 Jamais nous ne remonterons la pente sans une guerre à l'horreur et la cruauté malheureusement la plus inédite. Ainsi, Bernanos avait tristement raison, quand après avoir vécu 14 comme une apocalypse ordinaire radicale, il déclarait, sans l'ombre d'une provocation, hélas, que "la souffrance est une merveille". Sous le Soleil de Satan l'aveugle est roi.