De Notre-Dame à Sivens,
les écologistes dits « radicaux » sont dans la ligne
de mire. Sans que soit définie jamais, évidemment, la nature de
cette radicalité, amalgamant donc violence et exigence, violence et
conscience, désobéissance civile et révolte violente, les médias
sont lâchés contre ce qu'ils assimilent à un « terrorisme
écologique » bien connu du renseignement américain depuis les
années 70. S'appuyant sur, et en généralisant, pour mieux
les condamner à raison a priori,
en les isolant et abstrayant
des contextes, les actes de violence objectivement
inacceptable, gratuits, niant la liberté individuelle de certains,
délinquants, criminels ou terroristes... Juste et
triste retour des
choses de la propagande dans un sens, mais dans un
sens seulement.
Puisque
le camp le plus hétérogène
n'est sûrement pas celui du système, dont les objectifs sont
simples, comme tout objectif financier en soi,
à vendre. Du côté des zadistes, assimilés désormais à des
terroristes standards,
les vrais pacifistes,
les vrais amants de la
Nature ont du souci à se faire d'avoir trop longtemps laissé des
extrémistes de tous poils les protéger,
un peu comme de l'autre côté, les mafias, légales ou pas,
protègent la finance en action. S'il y a un camp qui ne peut
grenouiller sans tout perdre, avec les basses mains
et les basses œuvres,
ce sont bien ceux qui prétendent, parfois avec toute honnêteté et
intention voulue, défendre
la Nature. Cette
chose en voie de
disparition galopante qu'on nomme, avec les pincettes voulues :
l'environnement,
neutralisant bien ainsi,
des deux côtés, son
essence sacrée et éternelle, pour
en faire un objet savant normalisé,
calibré. L'objet d'un enjeu politico-financier.
Les
stratèges de la guerrilla de zad feraient bien de changer leur fusil
à fleur d'épaule,
et pas seulement à cause des conséquences, parfois plus que
dramatiques de leur manque de conscience morale, et de morale tout
court, et de laisser ce cynisme terrorisant
aux seules forces chargées
de maintenir
l'ordre financier.
L'internationalisation
par le haut de ces
forces répondant à la leur par le bas...
Chacun de bien né sait que le haut, en ce qui concerne la bassesse,
est invincible. Quand la machine de guerre de sa propagande est
lancée, on peut être assuré que beaucoup de morts vont venir
couvrir et fabriquer beaucoup de mensonges – jusqu'à plus soif de
victoire.
Une
sale guerre est en train de naître, et non seulement les zadistes
vont la perdre, mais ils vont surtout
permettre et
provoquer toutes les
expérimentations légales,
qui pourront ensuite entrer en vigueur partout dans le monde pour
très longtemps. Puisqu'il faut quand même pas mal de temps avant
qu'une loi soit discréditée, et
à refaire autrement.
Les
légalistes de tout poil bien
rasé ne diront pas le
contraire, qui pensent, par principe, que toute désobéissance
est déjà un acte violent en
soi, une violence sociale
inacceptable faite à leur déesse de la force nue
du plus grand nombre.
Que
cette sale guerre, comme toutes les autres, soit activée, en
sous-main, des deux côtés, ne peut faire aucun doute. La défense,
ici, armée
de la Nature est une trahison, une infamie, une abjection morale et
même politique. La vraie
guerre sainte, celle des saints, se
fait en la refusant au
niveau de la puissance,
comme n'importe quel objecteur de conscience le sait. La
sainteté d'une cause, ce mot
qui fait peur, n'a jamais rien eu à voir avec la terreur ou la
violence, qui prétend ne
pas le voir ?
La
« guerre sainte » vraie et raisonnable est
celle du martyr que l'on subit passionnément
sans l'accepter en raison, pas celui que l'on inflige : on ne
tue pas pour une cause, on meurt pour elle. Ce
qui n'a absolument rien à voir.
Mourir pour notre mère Nature est une cause sainte,
et même très chrétienne, même si elle ne paraît pas très
catholique, bien qu'un pape se soit engagé sur la Création. Gandhi
et Luther King l'ont assez montré. Mais n'est pas saint qui veut, et
encore moins qui calcule. Le saint, comme le Christ, ne peut être
que ridicule et crucifiable,
symboliquement, et parfois, réellement. Sa position en tout cas est
très claire : toujours du côté des victimes, comme le voulut
le révolté athée Camus, dans son sens
de l'histoire sainte laïque. Nous ne disons pas victimisation, ce
terrorisme à l'envers.
Nous parlons de ce qui est, et de celui qui est en voie d'être
détruit, sous les meilleures raisons rationnelles du monde,
et qui reste debout, comme un arbre, face aux légions de
tronçonneuses en marche.
Les
nouvelles lois en fabrication
découperont aussi
bien les trahisons extrémistes offensives et criminelles, les purs
anges défenseurs de l'idéale nature éternelle
que les bêtes de sincérité brute de nature
décoffrée. Celles
qui, passant par
une
Loi Biodiversité, en cours de lecture chez
nous, en France, permettront
l'introduction de « réserves d'actifs naturels »
et « d'obligations de compensations écologiques »
sous les lobbyings
compétents, créant
des « banques d'actif biodiversité »
permettant de développer « une compensation par
l'offre », appuyée, ici,
par la Commission Européenne (…) ; mécanique stratégique de
précision qui permettra de
poursuivre toujours plus loin l'expansion
« constructiviste »
mondiale contre la Nature et son
royaume peau de chagrin. Il
est déjà trop tard pour ne pas
se battre : la vérité est une arme de paix. Il
faut aussi au système technicien déforester les hommes dans
la tête pour atteindre le cœur du bois.

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