Il
est faux de croire, ou pire, de faire croire
que ceux qui ne connaissent pas
le monde de l'Entreprise,
cette soit-disant enclave de soit-disant liberté et
de progrès, aux monstrueuses
dimensions psychologiques d'abord, seraient de dangereux incompétents
et irresponsables dans les domaines de l'activité humaine contrôlée.
Ils sont, malgré eux-mêmes,
et malgré le système qui
les exclut, pour mieux les inclure défaits et soumis,
au contraire, tout
l'espoir du monde. Notre bien
le plus précieux, notre spiritualité
cachée et vraie.
D'un
monde sous influence. L'espoir
du monde, comme limites naturelles survivantes de ce que n'est
pas l'Entreprise, ne sera
jamais, mais dont nous aurons
absolument besoin pour
rester humains. Cette réserve d'être
est même ce qui sauvera un jour l'Entreprise de ses dévoiements
infinis actuels, trop souvent
abjects, à travers les
figures adulées du self made businessman
et du voyou efficace.
L'Entreprise,
cet État dans l'État
prétendant vivre en apesanteur
monopolistique-concurencielle,
comme toute dictature idéologique, dans
l'arbitraire réaliste de ses valeurs obligées,
se paie de plus en plus le luxe, impuni et encouragé,
d'une agressivité illimitée
et d'une violence ignoble vis
à vis de ceux qui échappent naturellement, mais malheureusement
sursitairement, si
rien n'est dit ni fait , à
son emprise mentale
poulpesque : peuples,
femmes, enfants, vieillards, animaux, climat, nature, biologie,
religion ou tradition, mais aussi novateurs, artistes ou science
classique.
La
chasse d'extermination productive
est ouvertement
ouverte. La ressource humaine
vraie, avec ses hautes valeurs, est en voie d'épuisement et
d'extinction par le fait
ce braconnage culturel impitoyable. Ethnocide et génocide larvé et
masqué, sous l'intérêt général obligé, ou plutôt contraint
sous les limites montantes des expansions de consommation et de
démographies liées à la modernisation
systémique sauvage normalisée
de la condition humaine.
Ceux
qui ne connaissent pas le monde de l'Entreprise sont les dernières
tribus.
Des
innocents aux mains pleines, que
d'autres mains, plus sales, peuvent scandaleusement manipuler pour
occulter les fausses ingénuités
d'un système qui fonctionne toujours mieux à son cynisme le
plus bestial, et même de
plus en plus sous-animal ; innocents déstabilisateurs
de leur seul fait d'être,
« introduits », non dans la bergerie, mais dans le
cloaque des affaires de ce monde, pommadé parfumé au légalisme et
à l'humanisme le plus
formellement calculateur
calculé.
Le
scandale n'est donc pas tant, aux yeux « dollariens »
d'orfraie
offusquée de tout intégrisme financier unifié par le Plan
Comptable Universel, l'heureuse et salvatrice
incompétence de ces analphabètes
des systèmes évolués de gestion intégrée,
que l'inadmissible risque
que leur toute relative blancheur fait courir à l'opacité
cohérente d'un monde construit
en sociétés secrètes de fabrication et de
transformation du
monde.
Nul
ne peut ignorer ce secret mondial,
et encore moins sa
Loi. Tout
ce qui ne relève pas de l'Entreprise est donc brutalement
mis hors la loi
économique commune, et donc
aussi, dénoncé, par les
chiens de garde de
ces systèmes, comme
responsable des malheurs
programmés du monde, après
Dieu. Les belles âmes, pas
plus que Dieu, ne veulent voir cette réalité construite par
eux-mêmes dans leur foi panurgienne, de leur propre
vie, dont autant qu'autrefois
la présumée, mensongère et spectaculaire colère de celui-ci, ils
redoutent les effets sur leur sécurité conforme
devant laquelle ils s'agenouillent impuissants,
infantilisés et tétanisés comme devant un autel terroriste et
sacrificiel majeur, surpuissant, omnipotent et omniscient, leur
nouvelle mère cruelle,
leur nouvelle maîtresse à penser et à jouir sous le fouet
psychologique de sa
loi étincelante.
Comme
le remarquait déjà, en un sens, Aristote il y a longtemps, la
comédie humaine de la Cité heureuse-malheureuse commence d'abord
par celle des
familles. Dévoyées,
égalitaires, fraternelles et enrichies à la misère
commerciale démocratique commune
d'une pensée unique, universalisant
sa stérilité en sentiment de bonheur conforme, partagée
idéalement dans des pratiques privées d'être
de vie privatisée, dans
leur consommation d'avoirs inutiles, produits pour agents
standards schématisés dans leurs droits fonctionnels existentiels à
péage.
Désormais
trop heureux d'être embauchés,
agents interchangeables
que l'Entreprise se targue exhibitionnellement
de produire pour
produire son nouveau
monde à elle, bien séparé de tout, et
sans but autre que son infini développement réducteur-destructeur.
Le monde unifié de sa haute
débauche. La guerre est
ouvertement ouverte au
non-monde et au dés-ordre qui n'est pas le sien.
Comme autrefois aux Païens
barbares, animaux et infernaux.

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