Affichage des articles dont le libellé est Vérité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vérité. Afficher tous les articles

vendredi 25 mars 2016

FRAGMENTS 4 -- À LA RECHERCHE DU TROISIÈME OEIL











«  Si je voulais être malveillant, je pourrais avancer que la science n'est qu'une technique permettant à de non-créatifs de créer. Et je ne me moque pas du tout des scientifiques. Il me semble remarquable que des êtres humains limités puissent se mettre au service de grandes causes sans être eux-mêmes de grands hommes. La science est une technique sociale et institutionnalisée, où même des gens inintelligents peuvent s'avérer utiles au développement de la connaissance. (…) Ainsi, je me mets à appréhender toute éventuelle découverte comme le produit d'une institution sociale, d'une collaboration. Ce que l'un ne découvre pas aujourd'hui, un autre le trouvera un jour ou l'autre. (…)

(…) toutes les définitions connues qui utilisent la créativité ( et la majorité des exemples de créativité que nous utilisons) sont essentiellement masculines. Nous avons rejeté pratiquement toute prise en compte de l'inventivité des femmes par simple technique sémantique consistant à ne définir comme inventives que des productions masculines et à négliger totalement la capacité à créer féminine. J'ai commencé récemment (…) à considérer la créativité des femmes comme un bon champ opératoire de recherches en ce qu'elle est moins axée sur les produits, le résultat, l'apogée dans un évident triomphe et dans le succès, et plus engagée dans le processus lui-même. »
                                                                                    A. M.
                                                                                                     



On connaît la nature taoïste de « l'engagement dans le processus » de ce qui est, permettant de le vivre de l'intérieur, hors du hors-jeu de l'observateur analytique et « objectif » coupé de la réalité, insensible à l'ensemble de ses formes, aussi bien que le rejet, tout aussi négatif, de la nécessaire réflexion profonde à partir de ce « direct », comme retour à soi et à sa spécificité intégrée et intégrante. D'ailleurs, cet approfondissement peut-il, pour être vrai, être autre chose qu'une boucle du processus permettant d'accorder deux consciences : celle du monde et celle de soi, finissant par exprimer l'une par l'autre ?

Quel est le moi qui parle et que dit-il qui ne serait qu'un moi séparé ? Permettant d'accorder les deux faces d'une même réalité humaine, non « re-construite » par l'analyse, mais naturellement sexuée dans une unité de complétude plus qu'une complémentarité de reconstitution théorique, interdisant par sa différence essentielle spontanée, non essentialisée par l'analyse – justement – toute forme d'égalité et de concurrence ? L' exemple le plus simple venant à l'esprit étant par exemple les deux yeux, hors de la considération « d'œil directeur » soumis à une visée précise. La science véritable pourrait être cette vision plutôt qu'une visée déconnectée, séparative, abstractive de rupture et de viol.

La science comme technique sociale institutionnelle telle que vue et entrevue plus haut nous en dit long sur l'aspect socialiste et démocratique de ses fins et de ses moyens : elle est d'abord un pouvoir politique de collaboration sociale transcendant les différences de classe (…) dans une théorie pure, même si cet idéal d'entraide affichée, ou plutôt de surhumanité intellectuelle surplombante comme un dieu archaïque, indifférent aux valeurs humaines a priori – c'est à dire non soumises à l'analyse refusant de prendre en compte, par exemple, la capacité féminine de créer dans son alliance naturelle, innée et spontanée avec « l'objet » de la recherche – même si donc, cet idéal masque d'un voile valeureux une pratique beaucoup moins sociale et démocratique qu'il n'y paraît.

Mais ce manque de démocratie réelle est subtilement compensé par le résultat mirifique, crédible et mythique à la fois de l'entorse : le pouvoir que procure le résultat d'un tel contrat intellectuel, comme connaissance toujours en progression supérieure de puissance pure sur le monde, – le progrès – en principe partagée par tous, même si ce partage théorique masque une pratique beaucoup moins…

C'est un jeu de rôle où l'on gagne à tous les coups, la péréquation entre l'un ou l'autre  découvreur d'un jour ou l'autre permettant de gagner à tous les coup, avant et après-coup. Il y a pari, spéculation, défi plus que définition, et même, à la fin des fin, contestation – pour ne pas dire remplacement pur et simple du monde, de sa discutable et réfutable réalité autre qu'humaine, humaniste, autant par la masse qualifiée et effective des données récoltés que par les résultats produits par leur utilisation orientée vers une transformation radicale et absolue du monde dans le sens d'une humanisation intégrale, que par enfin et surtout, la mobilisation illimitée dans le temps et l'espace, de toute la main-d’œuvre intellectuelle nécessaire à l'aboutissement du projet de maîtrise cartésienne absolue du monde.

Il y a donc là une immense et précieuse intelligence collective ne nécessitant pas beaucoup d'intelligence « primaire » de départ – au sens d'énergie créatrice, tout en ne fonctionnant qu'à partir d'intelligences primaires moyennes dans une structure de recherche statistique de masse. C'est une sorte de passage du musculaire à l'intellectuel de masse ou industriel, si on veut. Simplement, comme pour le musculaire, là où le problème démocratique ou social commence, c'est quand ce projet met en œuvre une dictature humaniste de droit contre une gauche naturelle du cœur et de l'esprit. C'est un peu comme si on perdait un œil – qui aurait pu, dans son intégrité non exclusive, être le troisième ! Mais tout le monde humain dira qu'il vaut mieux être sourd que d'entendre ça : à quoi aurait servi la science face à l'animalité d'où nous émergeons ?












lundi 13 avril 2015

ÊTRE OU NE PAS ÊTRE : LA CHARITÉ CONTRE L'ESPÉRANCE



Commentaire au post La charité contre l'Espérance
du 12/04/15





La charité chrétienne n'a rien à voir avec la survie : elle est l'une des expressions les plus haute de la vie ou l'une des expressions de la vie la plus haute. Mais comme toute forme de charité, si l'on considère que la chrétienté en soi n'a pas le monopole de cette charité particulièrement épanouie dans son esprit, elle exprime quelque chose de plus haut que la vie, qui vaut plus dans son essence ni seulement humaine ni seulement matérielle, de lié au surnaturel de valeurs supérieures.

Elle en est la pure incarnation ou n'est pas. En ce sens et en tant que telle, elle ne peut donc pas être déterminée comme seulement chrétienne. Sans doute un des essentiels sens du Christ.

L'espérance est trop souvent liée à la survie, pas assez à la vie dans sa part charitable et dans sa part supérieure à elle-même. Qu'est-ce qu'une espérance purement humaine sinon une forme d'égoïsme liée au non-respect de la vie que suppose le combat pour la vie au sens américain, le struggle for life, ce darwinisme social-humaniste ? Le vrai combat pour la vie ne peut être séparé de celui pour la vérité, de la vérité – qui est d'abord contre soi-même comme ego humaniste-existentiel. 

Même si rien d'humain ne peut nous demeurer étranger, touchant par là le cœur de la charité, cette part-là, non étrangère, ne peut être séparée du reste dans son tout, qui, lui, d'ailleurs n'espère rien pour autant : il lui suffit d'être pour durer éternellement. Mais cette suffisance n'a rien d'humain.

Il y a donc illusion à croire pouvoir survivre au suicide en séparant les deux choses : charité et espérance, comme on croit pouvoir séparer corps et esprit à partir de leur différence. C'est à partir de cette division (diabolo) contre-nature et contre-spirituelle à la fois, de cette dissociation maléfique, que l'on manipule esprits et corps les uns contre les autres, corps et esprit l'un contre l'autre, comme si une vie était possible sans l'unité supérieure qui les sacralise, dans le divorce qui les viole.





Même si la volonté de maintenir en vie ce couple fracturé est encore plus diabolique que sa fracturation elle-même, puisqu'on les tue réciproquement avec leur amour mutuel séparé et désespéré au nom d'une espérance privée de charité. Le vieil honneur européen disait : mieux vaut la mort.

mardi 13 janvier 2015

NOUS SOMMES DES MILLIONS




« Nous sommes des millions », dit la chanson. Si c'est vrai, alors, comme avant la Grande Peur de 68, nous nous mettrons, après avoir éteint nos petits portables aux grandes oreilles, à parler et à nous reparler. 

À parler à ceux qui sont payés pour nous écouter, dans tous les sens du terme, et alors la formule devoir de vérité reprendra le sens qu'elle n'aurait jamais dû perdre dans ce pays, ni ailleurs, par delà toute mondialisation du mensonge des uns et des autres.



lundi 12 janvier 2015

LA GRANDE PEUR





« Ne vous laissez pas diviser ! », entend t-on partout martelé en ce moment, au lendemain des 7 et 11 janvier français.

Pour préserver « l'unité nationale » d'une France coupée en deux, trois, quatre (…) depuis des décennies, ou même des siècles, mais qui a toujours su « se retrouver » pour défendre ses valeurs supérieures menacées, partagées au delà du clivage plus idéologique que culturel entretenu pour diviser et exploiter son peuple ; pour préserver l'unité politique des politiques donc, ne sortez pas de la pensée unique unitaire mondiale.

Face à la « guerre mondiale du terrorisme » menée, contre l'Alliance à laquelle nous appartenons de par la volonté de nos gouvernants, en vertu d'accords passés sans accord ni même consultation du peuple ; guerre aujourd'hui menée contre la France. Cette guerre, dans laquelle nous sommes engagés sur des « théâtres extérieurs », est « un défi mondial » auquel nous répondons par une guerre au nom de nos valeurs universelles, de nos valeurs mondiales.

Voilà ce que veut dire d'un côté ce slogan, et, de l'autre ce qu'on nous en dit.

« Ne vous laissez pas diviser. » Comme il est non seulement trop tard pour ça, mais encore comme c'est un désordre de fausse différence, implanté et maintenu de fait et de force en ordre prétendument supérieur, il faut bien trouver une parade logique, une « para-logique » pour le faire régner, cet ordre fabriqué, malgré tout ce qui arrive, sous l'indiscutable et imprescriptible autorité toujours plus protectrice de l'État, en répondant, par un slogan de sagesse théorique, à la peur liée aux conséquences de ce désordre, et tenter de faire face à une situation à laquelle il n'est pas étranger du tout, cet ordre des choses.

L'indivision donc ou la mort, à la fois très concrète et virtuelle, liée à chaque menace de cette guerre faite à la population, nommée terreur, puisqu'il n'y a, à proprement parler ici, pas de terreur militaire, en apparence restreinte et comparative, si elle est encore ou d'abord possible.

Il y a la peur des gens, et la peur, très bien fondée, de ceux qui dirigent, que l'ennemi public profite des faiblesses constitutives du système, comme s'il ne l'avait pas déjà fait. Il s'agit donc d'une peur des limites de l'aggravation de la situation, qui n'a pas tout à fait le même sens, à travers les mêmes mots, pour les uns et pour les autres.

Limites, par delà lesquelles, évidemment, gouvernance oblige, tout serait permis pour rétablir un semblant d'ordre, ou d'équilibre normal ou normalisé de la situation. Y compris l'engagement complet de la nation dans une guerre totale, entendez : sans limite non plus. Totalitarisme criminel collectivisé, comme d'habitude, évidemment souhaité par personne, mais perçu, aux deux niveaux, comme menace à la fois si lourdement virtuelle et déjà tellement réelle, que nous ne pouvions, et ne pouvons que, si naïvement et mensongèrement, continuer méthodiquement de la nier.

D'où le malaise dans la civilisation républicaine française. Entendez par là ces valeurs qui sont à la fois nôtres et universelles, sans pour autant parvenir, et pour cause – quand on voit leur mise en pratique – , à ne pas être exclusives et sélectives, orientées et instrumentaliées, puisque nous en sommes aux conséquences directes de cet exclusivisme hégémonique (et parfois même, négrier, dans un si récent passé). L'imposition barbare et cruelle de ces prétendues valeurs civilisationnelles universelles étant l'une des matrices naturelles et culturelles des terrorismes réactionnels modernes, partout où, de près ou de loin, cette République-là eut des colonies, aujourd'hui encore associées selon diverses formules.

Mais il y a plus, « en interne » : les dissociations de l'intelligence que l'application volontairement dévoyée de certaines de ces valeurs a finalement provoquées, a abouti, par exemple, via les manipulations mentales post 68, cristallisées en révolution culturelle de masse autour de vraies valeurs au départ, à la destruction en cours de toute vérité hiérarchique et d'autorité naturelle ou légitime, avec un pour horizon final un conformisme nihiliste déconstructeur de type totalitaire bourgeois et mou, après le passage à la moulinette existentialiste sociétale, non encore achevé...

Mais laissons-là la Grande Trahison des libéraux « libertaristes » de tous poils, qui, si elle paraît hors sujet, (et fermons donc la parenthèse), n'en est pas moins liée à la décadence morale qui permit l'affaissement central des idéaux républicains authentiquement construits en dehors de tout complot de pouvoirs et de domination-manipulation du peuple passant par l'institution d'une sorte de religion rationnelle civique imposée par la Terreur (déjà).

Revenons à nos moutons, pour finir.
« Ne vous laissez pas diviser ! » Ne dites pas ni ne pensez pas les vérités spontanées du sens commun face aux « évènements irréels » produits par l'actualité de la rue et des esprits malades choqués. Laissez la logique pure et son esprit critique penser les choses pour vous. Laissez la logique de troupeau guider vos réactions « officielles » les plus « spontanées » et vous accompagner psychologiquement jusqu'à la victoire finale la plus assurée.

Mort, quelle est ta victoire ? Les pleureuses noires, officiellement excommuniées, du « sursaut » entonnent déjà leur pathétique et maléfique « Vive la mort ! ». L'envers du décor est toujours le même, le spectacle continue en intérieur nuit.

Même Camus est dépassé : tout le monde est devenu la victime de quelqu'un. L'absurde est bouclé pour le bouquet républicain, un, indivisible et dérisoire. Le rideau se lève sur les monstres de « l'aube dorée » d'un nouvel ordre. Personne n'est déjà plus défendable, et pourtant il faut défendre la vérité au milieu de tous, sans tremblement ni haine, fermement.





vendredi 9 janvier 2015

LA VÉRITÉ # 8 L'EAU DU TAO










« La vérité est comme le soleil.
Elle fait tout voir
et ne se laisse pas regarder. »
Victor Hugo

*


La vérité secrète du monde n'aura jamais fini de nous étonner : elle est l'histoire du mensonge qui recouvre le crime. Tant que nous croyons la vérité officielle, nous collaborons à la fabrication du mensonge.

Les sages taoïstes avaient parfaitement vu que toute normalisation tue instantanément la vérité.
La vérité apparaît au moment précis où nous cessons de croire au mensonge.

La vérité « se dévoile » à partir du moment où ce que recouvrait le mensonge disparaît. Ce qui apparaît ne peut être reconnu au sens normalisé qui le répand comme mensonge.

Comme une eau morte enfermée dans sa propagation au grand jour, la vérité perd ses qualités essentielles. Son paradoxe est incompatible avec toute forme de savoir.

Si une science devient une normalisation hors de la conscience non sociale, elle n'a plus rien à voir avec la connaissance, qui naît et apparaît à l'approche de la vérité personnelle du monde.


En ce sens la vérité est un pur mystère taoïste. Le mystère, à ne pas éclaircir, est bien sa qualité principale comme purement divine, n'en déplaise aux passionnés du dévoilement brûlant de désir terrestre.

Le mystère est (ou plutôt les mystères antiques sont) sa qualité essentielle comme protection naturelle de toute clarté solaire : le voile ne peut recouvrir que la vraie réalité, tant que le mensonge fugace règne et menace.

Comme le soleil, y compris œdipien, ce qui nous éclaire de l'intérieur ne peut être contemplé à l'extérieur et encore moins mesuré et contrôlé.

Ce n'est pas d'une prétendue toxicité de la vérité toute nue dont nous sommes ainsi protégés, comme le croient les imbéciles cachés derrière leur fausses lois matérielles.

Le lien amoureux que nous entretenons passionnément avec elle n'est jamais gratuit ni hasardeux : ce libre lien détermine notre vie en passant avant tout le reste, sans exception.

La coupure de ce lien est une vertigineuse chute dans le néant existentiel, une chute dont on ne remonte pas : le puits est sans fond. Sa vitesse est proprement hallucinante et défigurée.



 



dimanche 14 décembre 2014

DERNIERS PREMIERS






Dans cette guerre sans fin, nous sommes en paix jusqu'à la fin. Face aux terrorismes des uns et des autres, nous sommes debouts, seuls, impassibles, armés de paix : nous ne nous battons que pour la vérité, le reste est mensonge, leurre, illusion, manipulation, engrenage. La non-violence, celle des premiers chrétiens – parmi d'autres premiers nous pensons, chez nous en Europe, aux stoïciens oubliés, est le seul moyen qui soit la vraie fin. Le refus de la puissance, la seule voie sans sentiment d'impuissance. La voie du Samouraï, là-bas, à l'autre bout du monde, dit aussi que le vrai guerrier n'a pas besoin de se battre. Sereins sont le combat spirituel et l'esprit d'enfance : même la mort est heureuse dans notre Tradition, comme au Japon ancien. Le reste est propagande ordinaire, moderne, vieille comme le vieux monde. Un monde qui a perdu son honneur au jeu du hasard et de la nécessité. Nous sommes les derniers premiers, et c'est tous les jours un beau jour rouge. Les sagesses se rejoignent, non sur les mots, mais sur la chose, le principe et son langage.



lundi 8 décembre 2014

DE NOTRE DAME








De Notre-Dame à Sivens, les écologistes dits « radicaux » sont dans la ligne de mire. Sans que soit définie jamais, évidemment, la nature de cette radicalité, amalgamant donc violence et exigence, violence et conscience, désobéissance civile et révolte violente, les médias sont lâchés contre ce qu'ils assimilent à un « terrorisme écologique » bien connu du renseignement américain depuis les années 70. S'appuyant sur, et en généralisant, pour mieux les condamner à raison a priori, en les isolant et abstrayant des contextes, les actes de violence objectivement inacceptable, gratuits, niant la liberté individuelle de certains, délinquants, criminels ou terroristes... Juste et triste retour des choses de la propagande dans un sens, mais dans un sens seulement.



Puisque le camp le plus hétérogène n'est sûrement pas celui du système, dont les objectifs sont simples, comme tout objectif financier en soi, à vendre. Du côté des zadistes, assimilés désormais à des terroristes standards, les vrais pacifistes, les vrais amants de la Nature ont du souci à se faire d'avoir trop longtemps laissé des extrémistes de tous poils les protéger, un peu comme de l'autre côté, les mafias, légales ou pas, protègent la finance en action. S'il y a un camp qui ne peut grenouiller sans tout perdre, avec les basses mains et les basses œuvres, ce sont bien ceux qui prétendent, parfois avec toute honnêteté et intention voulue, défendre la Nature. Cette chose en voie de disparition galopante qu'on nomme, avec les pincettes voulues : l'environnement, neutralisant bien ainsi, des deux côtés, son essence sacrée et éternelle, pour en faire un objet savant normalisé, calibré. L'objet d'un enjeu politico-financier.



Les stratèges de la guerrilla de zad feraient bien de changer leur fusil à fleur d'épaule, et pas seulement à cause des conséquences, parfois plus que dramatiques de leur manque de conscience morale, et de morale tout court, et de laisser ce cynisme terrorisant aux seules forces chargées de maintenir l'ordre financier.

L'internationalisation par le haut de ces forces répondant à la leur par le bas... Chacun de bien né sait que le haut, en ce qui concerne la bassesse, est invincible. Quand la machine de guerre de sa propagande est lancée, on peut être assuré que beaucoup de morts vont venir couvrir et fabriquer beaucoup de mensonges – jusqu'à plus soif de victoire.



Une sale guerre est en train de naître, et non seulement les zadistes vont la perdre, mais ils vont surtout permettre et provoquer toutes les expérimentations légales, qui pourront ensuite entrer en vigueur partout dans le monde pour très longtemps. Puisqu'il faut quand même pas mal de temps avant qu'une loi soit discréditée, et à refaire autrement. Les légalistes de tout poil bien rasé ne diront pas le contraire, qui pensent, par principe, que toute désobéissance est déjà un acte violent en soi, une violence sociale inacceptable faite à leur déesse de la force nue du plus grand nombre.



Que cette sale guerre, comme toutes les autres, soit activée, en sous-main, des deux côtés, ne peut faire aucun doute. La défense, ici, armée de la Nature est une trahison, une infamie, une abjection morale et même politique. La vraie guerre sainte, celle des saints, se fait en la refusant au niveau de la puissance, comme n'importe quel objecteur de conscience le sait. La sainteté d'une cause, ce mot qui fait peur, n'a jamais rien eu à voir avec la terreur ou la violence, qui prétend ne pas le voir ?



La « guerre sainte » vraie et raisonnable est celle du martyr que l'on subit passionnément sans l'accepter en raison, pas celui que l'on inflige : on ne tue pas pour une cause, on meurt pour elle. Ce qui n'a absolument rien à voir. Mourir pour notre mère Nature est une cause sainte, et même très chrétienne, même si elle ne paraît pas très catholique, bien qu'un pape se soit engagé sur la Création. Gandhi et Luther King l'ont assez montré. Mais n'est pas saint qui veut, et encore moins qui calcule. Le saint, comme le Christ, ne peut être que ridicule et crucifiable, symboliquement, et parfois, réellement. Sa position en tout cas est très claire : toujours du côté des victimes, comme le voulut le révolté athée Camus, dans son sens de l'histoire sainte laïque. Nous ne disons pas victimisation, ce terrorisme à l'envers. Nous parlons de ce qui est, et de celui qui est en voie d'être détruit, sous les meilleures raisons rationnelles du monde, et qui reste debout, comme un arbre, face aux légions de tronçonneuses en marche.



Les nouvelles lois en fabrication découperont aussi bien les trahisons extrémistes offensives et criminelles, les purs anges défenseurs de l'idéale nature éternelle que les bêtes de sincérité brute de nature décoffrée. Celles qui, passant par une Loi Biodiversité, en cours de lecture chez nous, en France, permettront l'introduction de « réserves d'actifs naturels » et « d'obligations de compensations écologiques » sous les lobbyings compétents, créant des « banques d'actif biodiversité » permettant de développer « une compensation par l'offre », appuyée, ici, par la Commission Européenne (…) ; mécanique stratégique de précision qui permettra de poursuivre toujours plus loin l'expansion « constructiviste » mondiale contre la Nature et son royaume peau de chagrin. Il est déjà trop tard pour ne pas se battre : la vérité est une arme de paix. Il faut aussi au système technicien déforester les hommes dans la tête pour atteindre le cœur du bois.






vendredi 5 décembre 2014

LA VÉRITÉ # 4 FAUTE DE VÉRITÉ







Il n'y a pas de système, pas de complot, il n'y a que paranoïa et subversion, passéisme masqué, des contestataires professionnels, des émotions malsaines, du pathologique, des déséquilibrés, des extrémistes traditionalistes, des pauvres, des drogués, des beatniks et des hippies, des manipulés manipulateurs, des profiteurs de tout sans rien payer, des marginaux qui ne représentent qu'eux-mêmes, des hétérogènes, des anti-tout organisés pour casser, saboter, renverser, accuser, critiquer, déstabiliser, affaiblir, discréditer, terroriser, attaquer, miner, salir, détruire, mentir, pervertir, exploiter, profiter, abuser, diviser.



Il n'y a pas de propagande, de conditionnement de masse, d'orientation de l'opinion, de contrôle des esprits, pas de psychologie sociale, pas de guerre idéologique, pas de guerre psychologique, pas de modes intellectuelles, pas de mensonge d'État, pas d'organisations secrètes, pas de rencontres au sommet, pas de programmes mondiaux, pas de plans secrets, pas d'internationales de l'argent, du pouvoir ou de la puissance. Ce sont des fables, des légendes urbaines, des ragots, des salissures, des infamies, un complot, une diffamation, une sortie de la réalité crédible, un découvert intellectuel insolvable.



Non, rien de tout cela et de tout ce que l'on vous raconte : en vérité, il n'y a que des gens de bonne volonté, de bonne foi, des modérés, des honnêtes, des dévoués, des justes, des méritants, des responsables, des experts, des dignes de confiance, des spécialistes, des savants géniaux, des élus, des représentatifs, des mandatés, des compétents, des autorités en la matière, des reconnus, des officiels comme au foot, des légitimes, des symboles, des raisonnables, des gens comme tout le monde qui font, comme tout le monde, tout ce qu'ils peuvent pour que tout aille pour le mieux, ou mieux : pour le moins pire, ou le moins pire possible pour le mieux scientifiquement prouvé. Tout étant dans les moyennes statistiques, étudiées et interprétées – forêt de tableaux de bord et de leviers.



Mais sans se concerter, se distribuer, se répartir, se soutenir, planifier, calculer, gérer, construire, prévoir, orienter, canaliser, provoquer, fabriquer, justifier, programmer, ajuster, compenser, manipuler, conditionner, soumettre, intervenir, systématiser, rationaliser, moderniser, remplacer, privilégier, choisir, imaginer, détruire, sanctionner, promouvoir, mettre en concurrence, diviser, acheter, vendre, punir, récompenser, trahir, déclarer, révéler, oublier, publier, encadrer, contrôler, maîtriser, dominer, moraliser, mailler, développer, totaliser, exclure, réduire, égaliser, supprimer, exterminer, radicaliser, médiatiser, transformer, chercher, appliquer, expérimenter, imposer, contraindre, faire croire ou discréditer. Pas d'action concertée ni de coordination à aucun niveau. La main gauche ignorant ce que fait la main droite, c'est certain.



Non, il n'y a ni système ni complot, il n'y a que démocratie illimitée, développement naturel des forces productives et créatrices libérées, citoyens idéaux, recherche et régime du bien être humain moyen maximum, sens de l'intérêt général raisonné, dévouement bien ordonné, travail d'exception des dirigeants, que des bons citoyens du monde global, d'irremplaçables entrepreneurs et créateurs multinationaux, des héros de la modernité économique et sociale, un nouvel ordre ontologique mondial, démocratique et juste : celui du marché de la liberté, de la liberté de marché. Des héros du marché, des leaders, des gagnants, des battants, des challengers, des combattants, des skippers, des guerriers, des rugbymen du progrès tous azimuts des gens qui bougent, un monde qui bouge, en révolution permanente.



Il n'y a pas de « système » au sens du mot employé par les subversifs et contestataires, mais synergie spontanée, convergence heureuse des intérêts, heureuse et nécessaire rencontre des grands esprits, transcendance des fruits de leur génie, production culturelle d'un monde neuf, différent, libéré, supérieur, définitif, incomparable, pur, absolu, universel, sans barrière ni substance définie, plastique et total – pétrolier – hautement fidèle aux réalités, fragile comme une technologie de pointe, finement articulé, suprêmement architecturé, efficace, pointu, abouti, affiné, adapté, auto-engendré et infiniment reproductible et perfectible, incontestablement non-négociable et rationnellement moral,
mathématiquement social et économiquement profitable. Une économie-monde libre et naturelle, dynamique comme une place de marché le dimanche matin, bien nettoyée du don et du contre-don de l'humain primitif, de ses représentations et de ses systèmes archaïques rétrogrades et contre-productifs dans un monde en faillite.



Un système sans système, abstrait, irréel, insaisissable ascèse rusée de la puissance pure et simple, mais évidente en diable comme un dieu du stade. Que du moyennement bon et positif en catalogue, ce bon vieux remède contre la folie des révoltés contre la volonté et le bonheur des masses catégorielles. Ceux du moins pire des mondes possibles, scientifiquement organisé comme un sursis positif en camp, en parc, en attendant plus rien de mieux ou même historiquement de plus qu'un credo écran comparatif truqué dans le bon sens de son image instantanée, faute de temps et de distance. Faute de vérité.


dimanche 23 novembre 2014

LA VÉRITÉ # 3 DE SOURCE






La vérité n'est pas le sommeil du « juste » dans ses certitudes conquises, encore moins le doute inquiet du relativisme triomphant. Le mensonge est toujours acquis, lui, quand il se leurre avec méthode. La vérité n'est ni confession catholique, ni strip-tease protestant, ni dépouille antique ni maquillage frais.

Elle est paix de l'âme au combat, ni juste milieu ni calculée, ni dionysiaque. Équilibre des contraires, sans choix, prise en compte sans compter, ni dialectique jésuitique. Ne fait pas la guerre ou la paix, elle part en paix à partir de la paix. Elle ne fait pas de comptes, elle les rend possibles ou impossibles.

La vérité permet d'aimer absolument, sans posséder ni déposséder, à chaque instant, par delà rationalisme et ultra-violence, sans les combattre, en les dépassant sans cesse, les rendant à leur mesure et démesure. Ni établie ni déstabilisée : elle se contente d'être dans l'espace-temps, sans lui appartenir ni le renier.

Elle est continuité dans la discontinuité des jours et des temps, reflet infini face aux questions et aux réponses, aux défis faits ou défaits dans son esprit, dans la vertigineuse négation et la lumineuse ouverture, croisées, métissées, tissées, de son éternité non contradictoirement unie et séparée.







lundi 8 septembre 2014

KEROUAC JACK MEMORIAM # 1 PERDANT MAGNIFIQUE





Kerouac, perdant magnifique, loser transcendantal dans « un monde à l'agonie », un après-guerre de gueule de bois où le jazz des nègres sauve la mise de blancs encore amoureux de la vie et de la vérité – en place de l'argent – puisque vie et vérité ne doivent jamais être séparés, même si, comme dans un satori inexpliqué il admit que celle-ci devait être aussi vendue – comme si il fallait vivre ce "péché" de la condition humaine, là-bas – NYC –, pour s'en libérer ensuite ou la laisser faire son indomptable office.

 Quand tout semblait perdu, le jazz était encore une espérance, tant qu'il survivait pur témoin, original et marginal, tendre et brutal.



Kerouac, révolté artiste, mais parce qu'artiste, non pas artiste parce que révolté, choisit d'écrire par vocation religieuse d'abord, pour la gloire après seulement, ce qui le sauva, à peu prés seul, du pouvoir intellectuel

Jeté sur les routes par la mort de son père autant que par folie d'aventure et de vérité, dans la révolte artiste des beats, dont il fut plus un inspirateur qu'un suiveur, sauf pour les prêtres noirs de la Révolution totale et de la défonce nihiliste prétendument créatrice préfigurant la déviance utile de masse des seventies, il oeuvra pour une fraternité des pauvres – de tous les pauvres – tirée vers une béatitude héroïque de solitaires, américaine, comme dans un grand Blues prolétarien sacré partagé.



L' art pour lui – son art, ou l'universel – était un « devoir sacré » dans le monde matériel "noir" des blancs, réponse transcendante à sa démesure et démence cruelles et inhumaines, un retour au spirituel invoqué et provoquant chez les récompensés de leurs œuvres

Kerouac, révolté révoltant parce qu'artiste ; artiste ayant choisi de témoigner de la souffrance humaine – et parfois aussi de la joie sauvage exultant et exsudant du fond de sa condition, par delà les limites des misères et des geôles – souffrance matérielle psychique karmique, moderne infinie, d'un monde en ruine spirituelle et d'une jeunesse abandonnée au système.



Kerouac oeuvra pour la rédemption de tous, à commencer par la sienne, très nécessaire, sans se faire curé communiste, terroriste intellectuel ou nihiliste pseudo nietzschéen, il choisit d'être un artiste dostoïevskien écrivant dans la misère lumineuse des nuits blanches avec des pensées d'éternitéau milieu même de la déchéance. Ce qu'il fit. 

Il ne passa jamais à la Révolution ni à ses logiques obscures aux mains sales, ou à l'esprit tordu d'angoisse, de haine et de supériorité morale.



Kerouac, même celui que la honte bien-pensante d'une « nouvelle gauche » puritaine en fabrication considéra comme le « repoussant » alcoolique réac de la fin, resta toute sa vie en quête de Révélation et de Satori, errant de Dieu, marginal génial et inspiré jusque dans sa prose la plus populairement folle, déjantée ou carrément mauvaise : la place de l'esprit ou son fantôme y rôda toujours malgré tout. L'esprit de son oeuvre, ouvert, offert aux vents.

Il resta, tant qu'il put, sincère, confessant son bluesmême au hasard, même « ange déchu » final et abandonné, jusqu'au fond sans fond de son licenciement terminal et de son suicide flambeur, vengeur et décadent.

 Jusqu'au fond d'un désespoir solitaire assumé, en Américain libre du fond de ses entraves et de ses peurs, fou comme un Français du Québec, dansant sur le vide et l'horreur, cette "horreur d'être un homme", et la défiant au nom du sacré de la vie, d'une vie déchue mais fière, comme celle de tant. Non normalisable.

samedi 16 août 2014

LA VÉRITÉ # 1

Celui qui ne croit pas à la vérité comme principe supérieur ne croit en rien, ni en lui-même ni en personne, ni à l'humain ni au plus qu'humain. Il n'est plus qu'existence industrielle ballottée d'une opinion à une autre, d'une vague à l'autre, d'une manipulation  l'autre. Un illuminé du néant et de la négation, au bord de la crise de folie et de fanatisme exterminateur – dès qu'il rencontre quelque chose de vrai et qui résiste comme tel à son nihilisme civilisé –  le vrai, véritable miracle marchant littéralement sur les eaux gluantes des marée noires du relatif qui souille les cœurs.