Initialement publié en commentaire du post la haine française du 7/05/2015 sur le blog Venator.
Quelqu'un a dit qu'en
France, la liberté officielle ne se concevait que contre
la religion. Ce fait premier, soigneusement dissimulé
derrière un écran de fumée laïque – laïcité en soi, dont le
principe ne gênait nullement un Hugo profondément chrétien – ne
saurait être effacé, pas plus que les crimes et massacres de la
Saint Barthélemy ou de Thermidor, et bien d'autres encore. La
mémoire du peuple français, l'un des rares
peuple du monde récent,
avec celui du Japon, à avoir eu une culture millénaire, n'est pas
un tableau noir, fut-il d'école de la République.
Qui ne voit, concernant
tous ces génocides, hélas contemporains, partout activés,
la nécessité absolue d'une part, de faire la paix avec
les morts, de
les enterrer dignement,
comme le disait en substance le Bernanos d'après 14, d'autre part,
d'un dialogue sans complaisance aucune avec les bourreaux
– non pour les condamner, quand le
sens commun de « la
décence commune »
des valeurs – valeurs
ni étatisées ni nationalisées ni naturalisées, ni
idéologisées, mais culturelles-naturelles d'origine
dans leur unité humaine historique sentimentale autant
que spontanée, géographique – , les
juge comme il se doit ;
mais pour examiner le point
de départ de leur délire génocidaire
à partir de leur genèse
a priori « rationnelle » et
rien que rationnelle.
Il
n'est pas jusqu'à l'exemple de la Russie, dans sa récente
libération du terrorisme soviétique,
qui ne nous ait montré combien était importante la remise à
l'heure des pendules,
à l'heure d'avant le crime, dans ce que le crime de masse
a tenté de nier par sa violence théorique
pratique;
l'importance
de restituer, intact
au mieux, ce qui, pendant 70
ans, n'avait été finalement que suspendu :
que la vérité ne
s'efface pas, mais son occultation tue le respect des
choses, de la vie, de leur esprit premier, de leur sens.
Il
s'agit là de Grande Réparation, réparation qui
ne peut venir des idées (…)
mais de principes précis,
et notamment de celui de noblesse humaine.
Réparation
des
crimes, spoliations et
impostures (…), mais aussi
et surtout réparation de
la rupture opérée par
le
crime chirurgical de
masse, de guerre ou pas,
dans la continuité
culturelle supérieure
d'un peuple,
celle qui fait autant son unité profonde que celle de la personne
humaine qui le constitue organiquement, spirituellement.
Les
cours, internationales ou
pas, de justice (…) ne sont
qu'une
expression lointaine,
parfois très éloignée, de ces principes –
anciens au sens
d'éprouvés – , qui
seuls – n'importe
quel hugolien de base le sait –
, peuvent effectivement
opérer le miracle de ce que
l'ancienne culture européenne nommait le pardon –
.
Pardon conditionnel, non laxiste, non intellectuel, mais juste,
non au sens de justice, mais
de justesse. Justesse d'équilibre
non né d'une annulation de forces, mais du
partage d'une
douleur engendrant la limite non
franchissable, sur la base
de principes communs supérieurs : dans
le drame humain quotidien, la violence, comme le jugement, ont des
règles absolues qu'on
respecte absolument comme principe relativiseur,
non des règles relatives
dans l'absolu idéal ou réaliste d'une
visée pure.
Tout
ceci n'a rien à voir avec on ne sait quelle contrition, repentance
ou charité trop naïve, donc complice, mais avec la
pratique équilibrée d'un certain honneur,
celui d'une
culture, hélas soumise aussi, puisque aucun peuple authentique n'est
sécable de sa mémoire
culturelle, au génocide moderne généralisé,
et qu'il est de bon ton de railler au nom du principe cynique
d'efficacité immédiate dans
sa raison dialectique
pratique.
Notre problème « républicain » est d'abord celui de la réécriture de l'histoire : la démocratie exige le respect de la culture d'origine d'un peuple et de sa civilisation – dans son essence plus encore que dans son histoire – , aussi apparemment archaïque puisse t-elle paraître aux yeux des obscurantiste du progrès social terroriste, du terrorisme social-progressiste.
Notre problème « républicain » est d'abord celui de la réécriture de l'histoire : la démocratie exige le respect de la culture d'origine d'un peuple et de sa civilisation – dans son essence plus encore que dans son histoire – , aussi apparemment archaïque puisse t-elle paraître aux yeux des obscurantiste du progrès social terroriste, du terrorisme social-progressiste.
Pour
que le respect ne soit
plus « condamné à errer sans pouvoir s'accrocher au sommet de
l'État », pour dénouer les « hiatus dévastateurs »
entre certains principes à somme nulle
de la République, il faut d'abord que celle-ci commence par
reconnaître, comme l'Église catholique d'ailleurs,
ses crimes de masse et
personnels, puis identifie
précisément, dans ses
principes fondateurs, ceux qui sont faux, donc
dé-constructeurs,
ainsi que ceux détournés
de leurs esprit, retranche
les uns et refonde les autres en
retrouvant la
continuité qui les relie aux origines et
à leurs valeurs supérieures,
par delà cycles et aléas du temporel court et immédiat
purement historique.
La
France sortira alors de sa situation « d'orpheline », la
présidence de sa République
de sa « perversion pratique », les syndicats de leurs
« luttes » suicidaires, pour trouver
le « compromis
tranquille », et n'aura
plus aucune raison profonde de s'alcooliser au républicanisme
frelaté : la démocratie redeviendra une joie de
vivre aristocratiquement naturelle.
Démocratie de
« grandeur libre ». Mais
elle n'en sortira pas avant : le
temps ne compte pas :
la vérité a l'éternité devant elle.
Quand
le désespoir de ne jamais y parvenir dans la voie actuelle
– comme résultat d'un passé mystifié – sera
devenu si incontournable
et virulent qu'il
n'y aura plus que l'inévitable
remise en question de ce cul
de sac moral, intellectuel et
spirituel comme issue
envisageable, alors, la
haine, comme monnaie d'échange du mensonge couvrant
le crime, n'aura plus aucune valeur marchande pour acheter
la misérable vérité
truquée
de nos vies et de nos valeurs : nous serons libérés de
l'imposition de ce mensonge vendu
comme républicain,
mais vérifié comme fasciste
– et pas seulement par le médiatique Todd, mais par des cœurs
hauts.




