Commentaire au post La charité contre l'Espérance
du 12/04/15
La charité chrétienne
n'a rien à voir avec la survie : elle est l'une des expressions
les plus haute de la vie ou l'une des expressions de la vie la plus
haute. Mais comme toute forme de charité, si l'on considère que la
chrétienté en soi n'a pas le monopole de cette charité
particulièrement épanouie dans son esprit, elle
exprime quelque chose de plus haut que la vie, qui vaut plus dans son
essence ni seulement humaine ni seulement matérielle, de lié
au surnaturel de valeurs supérieures.
Elle en est la pure
incarnation ou n'est pas. En ce sens et en tant que telle, elle ne
peut donc pas être déterminée comme seulement chrétienne.
Sans doute un des essentiels sens du Christ.
L'espérance est trop
souvent liée à la survie, pas assez à la vie dans sa part
charitable et dans sa part supérieure à elle-même. Qu'est-ce
qu'une espérance purement humaine sinon une forme d'égoïsme
liée au non-respect de la vie que suppose le combat pour la vie au
sens américain, le struggle for life, ce
darwinisme social-humaniste ? Le vrai combat pour la vie ne peut
être séparé de celui pour la vérité, de la vérité – qui est
d'abord contre soi-même comme ego humaniste-existentiel.
Même si
rien d'humain ne peut nous demeurer étranger, touchant par là le
cœur de la charité, cette part-là, non étrangère, ne peut
être séparée du reste dans son tout, qui, lui, d'ailleurs n'espère
rien pour autant : il lui suffit d'être pour durer
éternellement. Mais cette suffisance n'a rien d'humain.
Il y a donc illusion à
croire pouvoir survivre au suicide en séparant les deux choses :
charité et espérance, comme on croit pouvoir séparer corps et
esprit à partir de leur différence. C'est à partir de cette
division (diabolo) contre-nature et contre-spirituelle à la fois, de
cette dissociation maléfique, que l'on manipule esprits et
corps les uns contre les autres, corps et esprit l'un contre l'autre,
comme si une vie était possible sans l'unité supérieure qui les
sacralise, dans le divorce qui les viole.
Même si la volonté de
maintenir en vie ce couple fracturé est encore plus
diabolique que sa fracturation elle-même, puisqu'on les tue
réciproquement avec leur amour mutuel séparé et
désespéré au nom d'une espérance privée de charité. Le
vieil honneur européen disait : mieux vaut la mort.

"L'espérance est un risque à courir. c'est même le risque des risques. L'espérance n'est pas une complaisance envers soi-même. Elle est la plus grande et la plus difficile victoire qu'un puisse remporter sur son âme".
RépondreSupprimerG. Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?
La charité est la plus importante des vertus théologales (les deux autres étant l'espérance et la foi). Elle constitue une sorte de ciment, de lien. En vertu de quoi (si j'ose dire), elle est le point faible que tout ennemi se doit d'attaquer s'il veut vaincre. Or, cette idée de charité est aujourd'hui mal en point. En la travestissant, en la trahissant, en faisant un produit de l'entertainment, les "bien-pensants" médiatiques, politiques et culturels l'ont affaiblie. Cette version "canada dry" sert aujourd'hui de référence à un monde qui ne prend plus le sens des engagements ni la valeur des actes. C'est de cette charité que J. Raspail veut se séparer, prônant une charité proprement individuelle, faite d'actes, petits ou grands, non publicisés, afin pense-t-il de préserver ce qui peut l'être, la foi et l'espérance.
Oui, mais pourquoi se séparer du, ou changer le mot, considérant seulement sa corruption ? Faudra t-il aussi se séparer le la vérité, comme l'ont fait les scientifiques modernes ? Un Bernanos eut-il approuvé cette idée, lui qui affirmait parler pour les plus simples ? Ne faut-il pas défendre plus les mots que les idées contre l'imposture ?
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