La vérité n'est pas le
sommeil du « juste » dans ses certitudes conquises,
encore moins le doute inquiet du relativisme triomphant. Le mensonge
est toujours acquis, lui, quand il se leurre avec méthode. La
vérité n'est ni confession catholique, ni strip-tease protestant,
ni dépouille antique ni maquillage frais.
Elle est paix de l'âme au
combat, ni juste milieu ni calculée, ni dionysiaque. Équilibre
des contraires, sans choix, prise en compte sans compter, ni
dialectique jésuitique. Ne fait pas la guerre ou la paix, elle part
en paix à partir de la paix. Elle ne fait pas de comptes, elle les
rend possibles ou impossibles.
La vérité permet
d'aimer absolument, sans posséder ni déposséder, à chaque
instant, par delà rationalisme et ultra-violence, sans les
combattre, en les dépassant sans cesse, les rendant à leur mesure
et démesure. Ni établie ni déstabilisée : elle se contente
d'être dans l'espace-temps, sans lui appartenir ni le renier.
Elle est continuité dans
la discontinuité des jours et des temps, reflet infini face
aux questions et aux réponses, aux défis faits ou défaits dans son
esprit, dans la vertigineuse
négation et la lumineuse
ouverture, croisées, métissées, tissées, de son éternité non
contradictoirement unie et séparée.

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