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jeudi 25 février 2016

LA FLEUR DE FÉVRIER






Ces jonquilles aux longues jupes de crêpe jaune, sorties en février, trois semaines avant l'heure, ne luttent pas tant contre une nature hostile, cherchant à les tuer à la naissance ou à s'autonomiser de leur vie par l'indifférence d'un pouvoir pur, – qu'elle ne font héroïquement face à un déséquilibre climatique déterminant leur naissance, hélas, prématurée. Aucune conférence climat, ou même des oiseaux, ne les sauvera, si elles doivent mourir prématurément, aussi.

Au matin, épuisées, courbées sur leur tige gothique, les voûtes croisées de leurs arcs en touffe verticale pendent, arc-boutées contre le poids du ciel, soutenant leur fière solitude muette : elles ont vaincu une nuit de plus, à la limite des fractures du gel, avant que le premier chien du matin ne vienne leur pisser dessus sans haine, presque amicalement, comme pour les réchauffer de son cynisme animal spontané.

Comme certaines de leurs sœurs arboricoles roses pointillant, à l'impressionniste, les branches japonaises de certains arbres – discrètement estampés dans un paysage urbain déchu, – d'incroyables pétales de délicatesse divine – n'ayant pu retenir, non plus longtemps, leur orgasme cosmique immobilisé, – leur mortel courage dans l'indifférence générale est infini : il participe au prix sans prix des vraies fleurs, pas forcément nées pour vivre longtemps, mais pour être dans leur incroyable intensité de vie et d'énergie, derrière les apparences du temps des choses, une des plus hautes formes de permanence d'un monde dont nous avons rejeté rationnellement le mystère suprême dans sa fragilité même, la transformant en sacrifice confortable et normalisé.

La jeunesse la plus naïve comme le matérialisme le plus primaire pensent, vivent et croient dans l'illusion savamment entretenue que l'humanité aurait créé les dieux, sans entrevoir que les humains n'ont fait que donner forme humaine à des énergies qui les dépassent sans les humilier, n'humiliant que leur maladif désir de puissance. Forme humaine ou pas : c'est la même chose : la machine n'étant qu'une idole déchue dans un sens absurde rejoignant sans doute certaines forces hors de compréhension naturelle.

Pour ce qui est du matérialisme, le chien le plus coprophage ne fait, lui, pas l'erreur de prendre des vessies pour des lanternes magiques : il sait que c'est le monde qui créé les dieux, leur mouvement subtil et insaisissable dans la lumière dorée de l'être ou l'ombre maléfique du néant. Et il le sait d'instinct, malgré la chute de sa vie horriblement domestique, – quand ses dieux à lui sont un homme, une femme, un enfant ou un os de sacrifié sécularisé. Le monde créateur, la nature et les hommes et surtout – ce qu'ils en font et ce qu'elle fait d'eux, naturellement, dans cette maltraitance unilatérale vendue en querelle de ménage.

Il n'y a pas de place pour deux ordres différents ni pour le doute négateur ni pour les remises en questions autonomistes dans la nature : tous viennent et se posent sans s'opposer, avec le respect, l'amour, le courage, la solidarité, la solitude et la légèreté dans la mort. Mais qui parle encore des fleurs avec des sentiments humains ? Les orientaux auront toujours l'infinie sagesse de ne pas les séparer du combat quotidien des vérités de la vie. Pour nous, l'accord est perdu. Pour combien de temps encore ? Comme la fleur de février...





samedi 18 avril 2015

CHRÉTIENS DES MONTAGNES # 1 DE NATURE







Ce christianisme-là était si naturel, si naturalisé que nous n'en étions pas conscients : c'était un christianisme de transmission orale, familial, spirituel, fraternel comme la jeunesse non corrompue, populaire et noble à la fois, pas une propagande, une caricature étayée par des livres dogmatiques, étrangers aux sensibilités innées et acquises, un fond de commerce aux prêches répandus par des sorciers en soutane sombre, même si quelques uns d'entre eux étaient visiblement des exceptions, et quelques autres, encore plus rares, des saints. Aux yeux de qui savait voir encore l'humain dans le divin.



Pas de croyance donc, mais un art, une raison – l'art d'une raison, la raison d'un art d'aimer, une joie franche, soumission enthousiaste et tranquille à ce qui, passant par le sens commun, le dépassait en le fondant, et aussi, une belle rébellion spontanée contre le mal, comme cette dernière guerre encore fumante – contre le fascisme ouvert et découvert, tellement on avait du mal à imaginer le mal ! Non seulement volontairement, mais encore par delà son malheur, comme si le bien était chose plus désirable que l'argent, jusque dans des détails aujourd'hui bizarrement réservés au Diable : l'amour était ordre sacré et volupté, jusque dans son anarchisme, pas encore un désordre sacralisé obligatoire.



Cette Ancienne Religion n'avait rien de logique, tout d'une liberté, et même d'une liberté populaire supérieure. C'était la culture naturelle de France et d'Europe, lumière sensible, innée, ouverte à tout et à tous – yeux grands ouverts sur la misère et le devoir imposé à celui qui n'est pas déchiré par ses griffes de fer, yeux ouverts à toutes les discussions, tellement elle éclairait bien, cette culture populaire, tellement on voyait et se sentait bien en elle. 

Dans cette main-là, on y voyait les lignes d'un destin commun, particulier et fier à la fois. Qui ne cherchait pas d'argument mais la confiance, tellement plus vraie, vivante, libre, éternelle. Des gaulois civilisés, métissés, libres dans la vertu de valeurs sûres, sans moralisme ni bigoterie.



La fraternité ni la charité, majoritairement, n'étaient encore devenues slogans commerciaux, mais principes pratiques de vie largement partagés, de l'enfance à la vieillesse : le mal était réservé aux dirigeants, aux chefs indignes, aux traîtres et aux malades mentaux, ce n'était pas encore un idéal baudelairien de masse répandu par l'instruction moderne, obligatoire et méprisant, corrompu, assoiffé et cruel, d'un mal plus cruel encore que celui des Frères Jésuites... 

Pas encore mondialisé, qui se cantonnait aux terribles ghettos coloniaux lointains et interdits, niés avec une si cynique conviction que ça le circonscrivait de fait, pas encore comme un bien nécessaire... mais comme une honte, comme une infamie. Ce qui excusait un peu ceux qui, s'ils avaient su, n'auraient jamais laissé faire...



On pouvait encore le combattre ouvertement, naturellement, librement, sa suprématie souterraine, sa corruption réduite n'avait pas encore gagné le monde des beaux esprits comme une réalité indépassable, Hitler n'avait pas eu le temps de refroidir dans les mémoires à vif. Les militants étaient inutiles, leur propagande, sur-pondérale. La fin de l'Histoire n'était pas encore une guerre déclarée ni aux vérités premières ni aux peuples premiers d'Europe.



La loi d'oubli productif n'avait pas encore opéré ses « innocentes et vitales » malfaisances, on ne pouvait encore rien ré-écrire des vies effacées, rasées de frais. Mort et souffrance héroïque d'un quotidien terrorisé, si récent, pas encore à vendre, à brader, à liquider. L'oubli, l'officiel, n'avait pas encore collectivisé, gelé les mémoires en rituel, désarmant légitimes indignations et révoltes.



Au milieu, aujourd'hui indifférent, retourné, sentimentalement aliéné, et même hostile, au nom même de ce « droit à la vie » pour lequel tant et tant acceptèrent la mort ; au milieu impitoyable d'une barbarie finalement si trépidante et permissive que la guerre, par certains côtés, libérée du peuple historique et de sa culture propre, naturelle, ressemble à cette paix hors de prix ivresse barbare s'il en est, pour laquelle tous les sacrifiés de frais, tellement de paysans, paraît-il, moururent, sans le savoir, ni vouloir ni pouvoir le croire, morts de cette autre religion que celle de l'argent, qui devait s'effacer aussi, avec eux, laisser place à sa nouvelle Loi, tout droit tirée du bon prophète Darwin...



L'Ancienne Religion, syncrétisme fidèle, pas fidélité de messe seulement, mais partout interdit en Europe « évangélisée », trahissant l'esprit celtique des ses innombrables saints d'origine, sorte de sainte « féerie païenne » face à Rome, avec le Christ au milieu, scandale insupportable, tradition révolutionnaire chrétienne, mobile immobile, ancré, enraciné, établi, stabilisé comme une table ronde stabilisa la fièvre hiérarchique.

Insupportable Moyen-Âge aux Temps Modernes, Charlot survivant arriéré comme un paysan breton crasseux, terre aux ongles, priant sa Sainte-Anne ou son Anne de Bretagne. Ou occitan ou... russe ou polonais. Mais les hommes comme les pommes de terre, pour les consommer hygiéniquement, il faut leur laver le cerveau. Les laver de toute spiritualité, de ce qui sacralise la vie équilibrée, l'exalte, l'embellit, la grandit.



Comme un Kerouac fils d'immigré de France et du Québec, de l'autre côté de l'océan, c'étaient des chrétiens naturels, des transformés, des trans-chrétiens, comme le Bernanos des tranchées et des Cimetières, des transfigurés de vieille chrétienté. Pas des chrétiens de curés, de dogme, d'Église ou de théologie, – des chrétiens de sainteté quotidienne, d'enfer quotidien, de joies quotidiennes, des chrétiens du peuple, des chrétiens de souffrance, d'horreur et de charité, mais des chrétiens d'espérance innée, transmise profond, indéracinable au « Progrès ».  

Des chrétiens de nature. Des chrétiens des valeurs, de parole. Anarchistes chrétiens comme ceux que les Rouges nettoyèrent méthodiquement avant d'injecter le venin de l'Évangile  du rien aux masses. Pas des chrétiens de pouvoir, mais des combattants à l'esprit clair et net, sans haine, de ceux qui ne demandent pas, mais exigent que ce qui est demeure en paix.







jeudi 19 mars 2015

LE LANGAGE DES OISEAUX





Cher C.



Le monde des oiseaux ne peut pas être séparé de celui des humains, ou plutôt c'est l'inverse, mais l'humain étant séparé de lui-même autant que des oiseaux, la référence ne lui appartient pas, les oiseaux, eux, appartenant à un monde qui ne leur appartient pas, alors que l'humain considère que le monde, qui n'est pas plus celui des oiseaux que de l'humain, lui appartient. 

L'essentiel étant de retrouver ce monde que les oiseaux, comme beaucoup d'autres, n'ont jamais perdu et qui, n'appartenant à personne, est partagé de tous.



Le religieux n'a pas de tâche, il est une « fonction » qui est de tout relier à tout. Et de permettre ainsi une vraie science.

L'humain ne donne pas de sens au monde pas plus que le monde a un sens humain. L'humain véritable est relié au sens du monde, qui ne lui est ni étranger ni soumis. L'humain est unifié en lui-même quand il l'est au monde : la nature, la culture, l'appartenance (…) ne peuvent avoir que, et aller dans ce sens qui ne lui appartient pas, à l'inverse de ce que voudrait l'humanisme contre-nature. L'humain n'est la mesure de rien, il ne l'est même pas de lui-même...



Si ma culture est chrétienne c'est par un hasard de racines nécessairement naturel  qui fait qu'elle pourrait être bouddhiste sans que rien ne soit changé à ses principes de base ou à sa nature universelle première, puisque tout vient des noces du chamanisme et d'une certaine spiritualité du cœur, plus que d'une église, d'une révélation ou d'un dogme, et encore moins d'une philosophie ou d'une science.



Comme nous sommes les oiseaux, nous sommes aussi cette rivière à l'agonie, si la condition que nous leur faisons est anormale c'est que nous sommes sortis depuis longtemps de la normalité naturelle et de sa mesure commune : nous ne connaissons plus que l'égoïsme humaniste qui nous place au centre d'un tout qui n'est plus rien ni personne ni nulle part. 

En vérité nous sommes devenus l'utopie ce centre exclusivement humain qui exclut la nature et la seule façon de la retrouver est de s'éloigner de ce centre de mort – la ville.



Je ne crois pas que nous devions nous nourrir les un des autres, mais que nous pouvons nous nourrir ensemble de la nature retrouvée et relevée, dans sa physique et sa métaphysique, dans sa matière et sa spiritualité, hors de tout système philosophico-religieux. 

Cet esprit qui est à leur origine première dans son corps mystérieux et infini – Univers ou Création, peu importe son état en nous, si nous pouvons encore sentir le sens de son souffle d'Animal-Monde.


mardi 10 mars 2015

L'ÂGE D'OR (PROLOGUE)






L'ÂGE D'OR (Prologue)

 Prologue extrait du commentaire du texte de Clausd : La Technique et l'Humain 5, Domestication.
L'ÂGE D'OR


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« (…) en ce qui concerne l'activité morale, ce progrès dans la connaissance de la loi naturelle qui est l'exemple le plus irrécusable de progrès dans l'histoire de l'humanité. » Jacques Maritain



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L'Âge d'or, vérité humaine éternelle plus essentielle que l'impressionnante réalité passagère de son éclipse destructrice. Il est parfois meilleur d'avoir tort en défendant une cause perdue que d'avoir raison en justifiant le pire dans son minable mérite d'exister.



Sa demande perverse de durer à notre esprit désorienté le temps d'une illusion, partagée comme un virus, à notre esprit malade, n'est ni acceptable ni acceptée.



L'ambition technicienne de nos temps maudits, dans les ravages de ses conséquence sur le vrai « milieu », n'est pas plus envisageable, malgré les puissantes « vertus » de sa « vertu » de

puissance pure, que ne le fut le nazisme, ni que ne le fut jamais toute forme de fascisme – avant que le monde n'entre en guerre sainte laïque contre eux. Ce mal absolu ne peut être combattu que par le la non-violence et la non-collaboration.



Jamais nous ne sacrifierons, nous, derniers mohicans gréco-celtiques chrétiens d'Europe, aucune forme de Sagesse ni à la Technique ni à la Science. Nous, qui savons depuis toujours qu'il n'y a de « magie blanche » que dans la divinité qui habite la Nature. 


 




vendredi 6 mars 2015

LA ZONE DES Z.A.D.







Réduire une cause à ses moyens est la pire façon de la défendre : aucune cause ne se défend par tous les moyens. Réduire une cause à ses moyens est le propre du médiatique spectaculaire de « la zone ». Les moyens de défense d'une cause indiquent la noblesse et la vérité de ses fins qui sont moyens choisis, les meilleurs maintenus à tout prix, pas par des zonards des bois, mais par des humains entiers. C'est une question de dignité humaine et transhumaine.

Ces meilleurs à qui on sacrifie non les principes, mais tout dévoiement possible de ceux-là, c'est à dire, et plutôt que la perception de leur nature par l'image autonome qu'ils pourraient donner,  que ces meilleurs expriment, sans la vendre, mais proprement, la nature universelle d'une cause dans ce qu'elle a de plus déterminé, net et précis, de plus supérieur, plutôt que dans la corruption visuelle de la présentation ou représentation extérieure de n'importe quelle construction-interprétation cinématographique possible de son mythe dégradé.

Détermination déterminant les moyens et non l'inverse médiatisé, même s'ils la vérifient et l'authentifient, qui ne peuvent être que supérieurs d'une part, supérieurement employés d'autre part. C'est à dire créés et perçus dans ce sens absolu. Tout le reste est histoire, cinéma, espace, temps perdus pour la cause au niveau effet. Toute cause doit, en effet, sortir de l'histoire si elle veut, comme mémoire, avoir une chance d'enracinement et de vie efficaces : aucune mémoire ne sort ni ne vit d'une, ni dans une poubelle.

« La poésie de la rue », ce conte romantique pour aveugles associés, regarde le ciel invisible encagé, pas le caniveau écarlate où l'immondice de la trahison se mêle au sacrifice criminel couvert par la démocratie corrompue. Loin d'Hollywood et de sa propagande infantile infiltrant les cervelles massifiées de ses messes noires, elle a plus à voir avec une cause sans rebelle que l'inverse. La nature n'est pas un théâtre de contre-opérations médiatiques de maintien du désordre, où des zones à défendre parodieraient impunément le cinéma tragique des guerres civiles urbaines avec son décor de béton blême, impacté et découpé sur le ciel d'encre d'imaginaires fascinés, fascisés.

La nature n'est pas une république à vendre, c'est, comme les fins, le contraire de la cité et de ses guerres. C'est non une paix civile, mais une paix profonde, intouchable, incivile dans ce sens strict. 

C'est une sérénité qui ne vient pas de la loi humaine, mais qui la fait et la vérifie à ses origines autant qu'à ses fruits. Ce n'est pas une cause matérielle ou idéologique, c'est une fin, un principe qu'on respecte ou pas. Et son non respect est sanction immédiate, déracinement, exil, trahison, urbanisme, misère, déspiritualisation, enfermement, histoire, accaparement, exclusion, épuisement, intégration, asservissement, aliénation, remplacement, objectivation industrielle de toute liberté donnée de ce qui est.

Le reste est indifférent ou pire, complice. La nature n'est pas une cause – fut-elle commune – qu'on peut défendre comme un « bien humain » par une violence inhumaine pire que sa négation, elle est la source de toute cause et de toute défense. 

Et cette source, plus que n'importe quelle femme, est inviolable à tous les niveaux. Ce sacré ne vient pas de l'humain, il vient de ce qui le dépasse comme une mère insultée, mais debout, le visage aussi fier que calme face aux haches des lâches. Le lien est autant parental, transparent que trans-humain. Les nazis qui le tranchent, destructeurs ou prétendus protecteurs, perdent le nord à jamais. Mais qui défend encore à cette zone obscure de nous pénétrer ? Qui nous endort de ses fables malsaines, urbaines ?

Zones humides, zones érogènes (…) qu'est-ce que ça veut dire ? Les lieux sacrés de nature sont tous à célébrer et à aimer, non à penser "pénétré" comme par un nuage toxique de pensée unique déguisée en écologie alter-mondialiste : il n'y a qu'un monde, qu'une terre, qu'une seule vérité qu'une seule mesure et s'il sont niés, que du mensonge et du faux-nez. 

On respecte un ennemi, pas ses erreurs ni ses principes. On ne respecte pas des principes qui ne respectent rien. On ne corrige pas ses fautes par des principes de précautions qui feront des ghettos naturels comme dans ces endroits "préservé" où des espèces déséquilibrées de protection pullulent en attendant les prélèvements de rééquilibrage nécessaires. Il y a seulement des choses auxquelles on touche qu'avec d'infinies précautions. TOUT doit être préservé !

C'est le système qui doit être mis en question, non par la violence mais par une intelligence supérieure incorruptible : celle d'un ordre naturel unique de solidarité et d'entraide populaire non-violente, créatrice d'espaces de liberté spontanée retrouvée avec une nature proche.  

La destruction de la nature ne peut que nous blesser à mort, mettre le vrai monde inaliénable en suspension temporaire, en grève de la faim et de tout désir. Ce qui nous intéresse c'est cette vérité profonde, pas une « deep ecology » d'importation mondialiste financée par des politiciens « révolutionnaires » avec l'argent du système.

mardi 10 février 2015

ISIS # 1 MONDES DIVERGENTS








Monstration et démonstration, souvent de force, l'ordre politique de la cité. Massification et soumission "salutaires" des esprits derrière les murs, plutôt que l'inscription de leur éternité spirituelle dans une pierre libre. Monstration ostentatoire, codifiée, artificielle, pure technicienne, tacticienne. Monstre froid.


L'ordre naturel, dans sa chaleur matricielle, cache et protège, relativise géographiquement les richesses partagées, discrètement, selon une distribution de mœurs adaptée, plutôt que légalisée et collectivisée. Peut-être le seul partage qui ait jamais vraiment « fonctionné »...



Non la vitrine, mais le voile, non l'interdit, mais la douceur, la noblesse. Mystère naturel, qui n'est percé que par l'expérience : tout savoir est vain qui ne participe pas. Rien ne double l'ordre. Tout trouble n'est que transitoire comme  passage provisoire. 

Tout devenir demeure centré sans être nulle part forcé ou empêché. Puisque tout est lié, l'équilibre coule de source vers un aval culturel où raison et culte s'étreignent dans une douce frénésie spirituelle. De la relativisation même naît et renaît tout l'absolu incarné.



Territoire de chacun, en viager, qui se connaît et respecte, avec ses limites spontanées ou organiques, nécessaires à l'ensemble plus qu'au "vivre ensemble", sans règles imposées de l'extérieur. Là, sans publicité, le vivre heureux se cache : rien à montrer ni démontrer qui s'écarterait d'un ordre accordé, celui d'un orchestre d'harmonie : du plus faible au plus puissant. Chacun ne prend que ce qu'il lui faut sans faire trop de sentiment, mais sans cruauté. Mais cette musique n'est pas moderne.



Ce que manifeste, mais silencieusement, cet ordre d'un monde dit naturel, comme s'il avait jamais pu en exister un autre qui soit un tant soit peu viable , par opposition factice à l'humain qui se voudrait social et meilleur que celui-ci trop injuste ou dégradant – donc insoumis à une volonté séparée et coupée par pure folie de puissance obscure, est bien autre chose qu'un triste mur protecteur face au chaos présumé d'un cosmos qui nous a tout appris, mais dont nous avons oublié le Tout, pour mieux le maquiller et présenter en haut épouvantail.



Dans l'arbitraire concurrent claquemuré des cités de la puissance matérielle et de la contrainte "spirituelle", prétendant la justifier dans les cœurs malades en réglant la vie en zoo humain, chacune construite et expansée sur la peur, non sur la confiance. 

L'économie villageoise naturelle partagée, elle, en rien liée, au départ, avec la gestion urbaine, rationalisée du troupeau enclos de la domesticité politique. Ces deux mondes n'ont à échanger que des points de vue divergents : ils n'ont pas les mêmes liens avec un monde réel, dont l'un ne peut que nier la vérité immuable dans son entreprise démente de transformation perpétuelle, pour et à croire pouvoir toujours l'adapter à sa cruelle inadaptation chronique.

Toute extériorité humaniste au monde s'emmure de logique "ouverte" à tout vent comme une girouette folle, coupant les ponts pour un sens unique construit "d'entrée" aux péages d'urbanités pestiférées, assiégées de doute et de corruption internes, comme un seul ghetto culturel en manque et trop plein à la fois, mais inverseurs. L'antique fable des viscères révoltées. 

Cul par-dessus tête, bien coiffée des terrorismes intellectuels. Monde de chiens, infiniment plus cynique que celui de nature. Monde de droits à exhiber et "défendre" : ceux, misérables, du jouir sans limite ni devoir, dans l'enferment même du bocal célinien : Mort à Crédit universel.





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samedi 10 janvier 2015

LE NOUVEL ARBITRAIRE



En dernière analyse, l'économisme du dogme libéral est un nihilisme : tout vaut tout, tout est interchangeable dans les cycles de destruction-création de la marchandise, rien n'a de valeur supérieure ou irremplaçable, puisque rien n'est irréversible, il n'y a ni destruction ni nature ni temps ni histoire ni hiérarchie* ni vraie valeur : tout est marchandise, figure de l'instabilité absolue du monde moderne.

Il n'y a que l'illimité d'une matière plastique abstraite soumise aux formes infinies du hasard providentiel opportun d'une sélection naturelle industrialisée de ces formes, dans les cycles standards d'un temps de production-consommation de soi et du monde, en échange et transformation permanents, issus de l'évidement permanent épuisant le sens de ce monde.

« L'économie, cette science de l'utilité, passe son temps à calculer les avantages et les inconvénients de la destruction de la nature. » disait Bernard Maris, assassiné le 7 janvier avec les caricaturistes de Charlie Hebdo.

* En réponse au commentaire de Clausd sur « Humanisme comptable » du 7/01/15 sur ce blog.







lundi 8 décembre 2014

DE NOTRE DAME








De Notre-Dame à Sivens, les écologistes dits « radicaux » sont dans la ligne de mire. Sans que soit définie jamais, évidemment, la nature de cette radicalité, amalgamant donc violence et exigence, violence et conscience, désobéissance civile et révolte violente, les médias sont lâchés contre ce qu'ils assimilent à un « terrorisme écologique » bien connu du renseignement américain depuis les années 70. S'appuyant sur, et en généralisant, pour mieux les condamner à raison a priori, en les isolant et abstrayant des contextes, les actes de violence objectivement inacceptable, gratuits, niant la liberté individuelle de certains, délinquants, criminels ou terroristes... Juste et triste retour des choses de la propagande dans un sens, mais dans un sens seulement.



Puisque le camp le plus hétérogène n'est sûrement pas celui du système, dont les objectifs sont simples, comme tout objectif financier en soi, à vendre. Du côté des zadistes, assimilés désormais à des terroristes standards, les vrais pacifistes, les vrais amants de la Nature ont du souci à se faire d'avoir trop longtemps laissé des extrémistes de tous poils les protéger, un peu comme de l'autre côté, les mafias, légales ou pas, protègent la finance en action. S'il y a un camp qui ne peut grenouiller sans tout perdre, avec les basses mains et les basses œuvres, ce sont bien ceux qui prétendent, parfois avec toute honnêteté et intention voulue, défendre la Nature. Cette chose en voie de disparition galopante qu'on nomme, avec les pincettes voulues : l'environnement, neutralisant bien ainsi, des deux côtés, son essence sacrée et éternelle, pour en faire un objet savant normalisé, calibré. L'objet d'un enjeu politico-financier.



Les stratèges de la guerrilla de zad feraient bien de changer leur fusil à fleur d'épaule, et pas seulement à cause des conséquences, parfois plus que dramatiques de leur manque de conscience morale, et de morale tout court, et de laisser ce cynisme terrorisant aux seules forces chargées de maintenir l'ordre financier.

L'internationalisation par le haut de ces forces répondant à la leur par le bas... Chacun de bien né sait que le haut, en ce qui concerne la bassesse, est invincible. Quand la machine de guerre de sa propagande est lancée, on peut être assuré que beaucoup de morts vont venir couvrir et fabriquer beaucoup de mensonges – jusqu'à plus soif de victoire.



Une sale guerre est en train de naître, et non seulement les zadistes vont la perdre, mais ils vont surtout permettre et provoquer toutes les expérimentations légales, qui pourront ensuite entrer en vigueur partout dans le monde pour très longtemps. Puisqu'il faut quand même pas mal de temps avant qu'une loi soit discréditée, et à refaire autrement. Les légalistes de tout poil bien rasé ne diront pas le contraire, qui pensent, par principe, que toute désobéissance est déjà un acte violent en soi, une violence sociale inacceptable faite à leur déesse de la force nue du plus grand nombre.



Que cette sale guerre, comme toutes les autres, soit activée, en sous-main, des deux côtés, ne peut faire aucun doute. La défense, ici, armée de la Nature est une trahison, une infamie, une abjection morale et même politique. La vraie guerre sainte, celle des saints, se fait en la refusant au niveau de la puissance, comme n'importe quel objecteur de conscience le sait. La sainteté d'une cause, ce mot qui fait peur, n'a jamais rien eu à voir avec la terreur ou la violence, qui prétend ne pas le voir ?



La « guerre sainte » vraie et raisonnable est celle du martyr que l'on subit passionnément sans l'accepter en raison, pas celui que l'on inflige : on ne tue pas pour une cause, on meurt pour elle. Ce qui n'a absolument rien à voir. Mourir pour notre mère Nature est une cause sainte, et même très chrétienne, même si elle ne paraît pas très catholique, bien qu'un pape se soit engagé sur la Création. Gandhi et Luther King l'ont assez montré. Mais n'est pas saint qui veut, et encore moins qui calcule. Le saint, comme le Christ, ne peut être que ridicule et crucifiable, symboliquement, et parfois, réellement. Sa position en tout cas est très claire : toujours du côté des victimes, comme le voulut le révolté athée Camus, dans son sens de l'histoire sainte laïque. Nous ne disons pas victimisation, ce terrorisme à l'envers. Nous parlons de ce qui est, et de celui qui est en voie d'être détruit, sous les meilleures raisons rationnelles du monde, et qui reste debout, comme un arbre, face aux légions de tronçonneuses en marche.



Les nouvelles lois en fabrication découperont aussi bien les trahisons extrémistes offensives et criminelles, les purs anges défenseurs de l'idéale nature éternelle que les bêtes de sincérité brute de nature décoffrée. Celles qui, passant par une Loi Biodiversité, en cours de lecture chez nous, en France, permettront l'introduction de « réserves d'actifs naturels » et « d'obligations de compensations écologiques » sous les lobbyings compétents, créant des « banques d'actif biodiversité » permettant de développer « une compensation par l'offre », appuyée, ici, par la Commission Européenne (…) ; mécanique stratégique de précision qui permettra de poursuivre toujours plus loin l'expansion « constructiviste » mondiale contre la Nature et son royaume peau de chagrin. Il est déjà trop tard pour ne pas se battre : la vérité est une arme de paix. Il faut aussi au système technicien déforester les hommes dans la tête pour atteindre le cœur du bois.






lundi 3 novembre 2014

LE DIABLE EN RIT ENCORE






Un gamin pacifique, aimant la nature, plus que son jeune confort consommateur moyen de masse, se fait tuer dans une manif « dégénérée » par des extrémistes. Tué par tir tendu de grenade « défensive », légitime aux yeux de beaucoup trop, puisque les forces de police décomptent plusieurs dizaines de blessés, qu'elles doivent maintenir l'ordre, et se « défendre » contre cette sorte de guerre sociale rampante que promeuvent les opposants violents à un projet de trop de plus. De belles légitimités, vite dites, des deux côtés, quand ces deux côtés font la politique.



L'une, comme violence étatique obligée et même nécessaire, pour les légalistes purs et durs, ne se discuterait pas : la fin ordonnée justifierait tous les moyens : à la guerre comme à la guerre civile. De l'autre côté, le progressiste en contre-pouvoir, quand il s'agit de fascistes dénoncés, tout est permis, même les flacons d'acide... parmi d'autres barbaries traditionnelles de rue. Ce ne serait qu'un Carnaval des Méchants sans la jeunesse, la vraie.



Une haine bien rationnelle des deux côtés, mais ce gamin, qui, sans doute, fervent botaniste dit-on, n'a pas supporté qu'on rase impunément une forêt, une de plus, sous prétexte de décisions démocratiques officielles progressistes au pouvoir, c'est à dire nécessairement truquées, d'une façon ou d'une autre, pour faire aboutir un projet contesté, apparemment démesuré. Il n'y a pas qu'en Amazonie qu'elles sont menacées, les forêts, c'est partout. Et même les arbres, presque chaque arbre, des forêts défrichées aux platanes des routes de France, en passant par ceux de centres villes obsédés par les m2 commerciaux.



Pourquoi des décisions truquées ? Parce beaucoup de gens, de plus en plus de gens, ne veulent plus qu'on sacrifie la nature, et surtout des arbres. Mais on ne les écoute pas : leurs arguments n'ont pas de valeur économique ou industrielle, ils ne visent qu'à défendre une culture qui a perdu, celle de peuples et d'une raison de tradition, de sagesse, de partage, d'équilibre et de respect globaux. Il ne s'agit pas de la « ressource naturelle » des spéculateurs, mais de nature, de milieu au sens strict, c'est à dire de référence existentielle autant qu'essentielle. Contre une culture urbaine industrielle de remplacement de milieu, une culture techniciste qui ne veut plus entendre parler ni de nature ni de nature humaine.



La mort de ce gamin innocent, mais conscient des enjeux, regrettable fatalité pour les uns, qui estiment excessif et irresponsable la forme de son engagement de manifester contre un chantier « commencé », et du même coup font peser sur son choix une sorte de suspicion de responsabilité irresponsable, frisant un soupçon de culpabilité diffuse mais subtile. Cette mort, vite devenue, comme à chaque fois, un enjeu pour le camp des victimes « martyrisées », est jetée en avant comme un crime, un assassinat froid et volontaire, ce qu'elle n'est sans doute pas, tout en étant bel et bien un irréparable meurtre légal autorisé.



Côté pouvoir, l'argument-massue amalgamique répété avec une satiété écoeurante, c'est celui de stopper des casseurs organisés, et leur violence nue et ouverte, par une violence supérieure plus aveugle encore, comme toujours. C'est la guerre à la guerre, la terreur à la terreur, l'éternelle rengaine de la puissance publique impuissante, sourde, aveugle et muette. Il y a les principes à chaque fois bafoués par les mêmes ordres irresponsables ou calculés, ce qui revient au même. Toujours les mêmes manipulations des foules grandes ou petites, la même psychologie des camps.



C'est la violence de principe de l'État dans sa défense présumée d'intérêts collectifs d'une majorité dite démocratiquement représentée... contre celle de défenseurs de zones menacées par la cupidité d'affairistes, minoritairement organisés et représentés aussi, même si cette minorité est bien souvent, au départ, non violente. Mais au départ seulement. L'indignation est captée, la révolte canalisée vers des symbolismes logiques de foire d'empoigne ou de bataille rangée contre des fonctionnaires de l'ordre et de la loi, militairement conditionnés, bridés et entraînés. Et les lois de la guerre sans principe reprennent leurs droits dans la majorité des esprits retournés, dans la complicité active ou passive, parfois de l'ignoble.



La violence canalise indignation et colère en exutoire obligé, comme une sublimation de sentiments les plus profonds, qui passent des principes aux actions et situations de masse, d'actualité ou de circonstances, au lieu de se traduire par des choix de vie personnels définitifs. 

Il y a un chantage à l'action, à la réaction : c'est le principe militaire-militant des rapports de forces dualisants, dilemmiques et binaires du « ou bien ou bien ». Le coup de « tous ceux qui sont contre » et de « ceux qui sont pour », avec ses stratégies et tactiques partagées et récupérées, selon d'où vient le vent, par les deux camps, sans parler des propagandes croisées.



Gandhi n'aurait certainement ni accepté ni validé aucune violence de son « camp », dans ses « actions », même s'il estimait que parfois, la violence peut être légitimité défensive, comme une guerre de résistance, ce que pas mal de « zadistes » d'ici ou là estiment faire, parfois avec une raison pleine et entière. Dans ce sens « extrême », on voit bien qu'il ne s'agit pas que de violence, mais d'une autre chose liée à des principes qui la dépassent, fort heureusement. Principes qu'observait strictement le père des luttes non-violentes et l'inspirateur de Martin Luther King, au même titre qu'un Thoreau.



Il y a une façon pacifique de s'opposer à, ou plutôt de refuser (un chantier ou un "projet"), mais il faut aller jusqu'au bout, risquer les coups, la haine, les blessures et sa vie, sans agressivité, mais fermement, de façon déterminée, sans se laisser enrager par la violence professionnelle psycho-physique du pouvoir d'en face, ni convaincre par sa logique pseudo économico-démocratique médiatisée. 

Cette résistance, ce boycott des logiques et ce refus civils ne sont pas compatibles avec un fanatisme militant de masse aveuglées ou des stratégies politiciennes de contestation intégrée (on conteste pour mieux faire faire autrement, sans s'opposer sur le principe de ne pas faire du tout, puisque tout est relatif au système unique).



Il y a un mépris des principes dans les deux camps : leur morale, bassement utilitariste-systémique – surtout quand il s'agit de défendre des principes respectables, est la même. Le but et le moyens sont quasiment les mêmes : seules deux théories différentes, visant un même objectif de pouvoir rationnel sur le monde et les esprits, s'opposent, dans des logiques parallèles comme deux rails idéologiques systémiques.



Ce qui ne veut absolument pas dire que tous se valent : au contraire, c'est leurs différences que l'on égalise en mobilisant chacun sur un mot d'ordre-chiffon-rouge, fabriqué à partir de vraies convictions souvent, celles d'un monde coupé en deux : l'ancien et le nouveau, où le nouveau s'arrange toujours pour que le vieux monde, méthodiquement frustré de ses droits, et refoulé de son honneur, lui coure après, comme derrière une fille facile, avec une violence d'indigné indigne.



Vers le même trou béant, – gluant – diraient certains homosexuels haineux, théorisant leur ressentiment fielleux envers le féminin fascinant-fascisant le monde de la puissance, plus obsédés encore que le commun des malades sexuels par l'envie égalitariste concurrentielle inoculée à même leur surface sentimentale primaire, trop longtemps niée par le système pour revenir au respect le plus élémentaire de la mère, même la plus désaxée, côté construction sociale contre-humaine.

Quand on patauge dans la bassesse, la tête prend la place du fondement, la chute est sans fond. A ce niveau, interviennent les provocateurs de tous poils, payés indifféremment par les deux camps : ces casseurs, parfois les plus bas criminels qu'on puisse trouver en solde, font avancer ou reculer les mouvements, c'est selon. 1789, 1917, 1968 , dates qui résonnent étrangement à nos oreilles, quand on examine ces éléments là, payés toujours autant par une police efficace que par d'incorruptibles vertus . Peu importe le flacon ou le con...



Un jeune homme vient d'être tué dans une histoire de barrage, celui qui meurt, en général d'overdose compensatoire de cet idéalisme héroïque admirable qui nous manque tellement après, que nous ne pouvons même plus vivre vivants, dès que nous perdons le pucelage de notre esprit d'enfant, le bernanosien ; celui qui meurt pour des idées, comme disait Brassens, n'est pas seulement victime des acteurs actifs de la "circonstance", comme il est bien trop simple de le croire et de le dire sur les toits médiatiques.



Personne n'a raison dans une vraie maison de fous livrés à eux-mêmes. L'idéalisme n'est pas compatible avec les réalismes qui s'opposent dans un bordel sadien conventionnel de guerre intestine larvée...

Les "réalistes" professionnels de la contestation et de la révolte, rationnellement organisés, deviennent les sectaires de  redoutables sectes en action, en imposition mentale, à la manœuvre et manipulation de cœurs purs et innocents, jetés, vierges, au milieu du grand rut criminel collectif de la basse cuisine politicienne d'opposition, acceptant ignomineusement que des éléments incontrôlés viennent leur apporter, par leur bonne barbarie autorisée, des sensations lâchées et des victoires abjectes, propulsant ces amants enragés du réel extasié au 7ème ciel de la défonce psycho-politique ou psycho-critique, dans leur irrésistible élan de prophètes patentés ou de maquereaux officiels des idées nouvelles

Les bavures seront imputées au fascistes de l'autre camp, désarmés dans leur esprit de justice officielle par la grâce du sacrifice au dieu de la plus forte raison marginale, bien séparée du mal à conjurer. Comme par un cordon sanitaire de pestiférés à abattre. Dieu reconnaitra les siens...



Nous avons mal à ce jeune homme, comme à un fils, plus bêtement que méchamment sacrifié -- pour rien. La corruption ne rapporte rien, et même moins que rien. Quand dans le camp des anges, on fait la bête, c'est pire que la bestialité dénoncée des malades systémiques. C'est un gamin qu'on tue aussi, notre gamin, bien plus que notre pauvre chair, c'est notre esprit qu'on trahit, plus loin que le plus bas, par un défi plus criminel que le crime le plus "sauvage"

A patauger dans la haine et la propagande, nous fabriquons sans fin une montagne de honte qui dégoûte même le larron criminel ordinaire. Le Diable, sans doute, rit encore de ce sang si frais, encore si pur, abreuvant les misérables sillons de nos illusions perdues..

 Jamais nous ne remonterons la pente sans une guerre à l'horreur et la cruauté malheureusement la plus inédite. Ainsi, Bernanos avait tristement raison, quand après avoir vécu 14 comme une apocalypse ordinaire radicale, il déclarait, sans l'ombre d'une provocation, hélas, que "la souffrance est une merveille". Sous le Soleil de Satan l'aveugle est roi.











jeudi 18 septembre 2014

L'ARBRE ET LA TEMPÊTE






L'arriviste absolu Voltaire, technicien progressiste d'une tolérance radicale, moquait les superstitieux « criminels » de la Colère de Dieu.

A quand un Génie Sécuritaire absolu qui nous ordonnera de supprimer les arbres pour éviter les tempêtes ?



C'était un ancien – mais très jésuitique, avec de rares essences américaines – Jardin du Bon Dieu. Transformé en parc par une "sénioriale" cité résidentielle. Un matin, une grosse branche de pin parasol tombe devant les fenêtres. Le lendemain, un bel arbre, dans la force de l'âge, tombe, sur la pelouse de derrière, sous les dents d'acier d'une tronçonneuse.


Comment a t-il été reconnu que cet arbre était dangereusement creux ?



Arbre magnifique, à terre, débité en tronçons pour une hache de vengeance, dans l'éclatante couleur d'une santé parfaite, comme ce jeune "nègre" non armé, récemment abattu d'un demi-douzaine de balles policières en pays du Nouveau Monde, avant la tempête annoncée d'une émeute virtuelle.



Comment ces deux communautés, hommes et arbres, en sont-elles venues à de pareils extrémismes unilatéraux ? Nous ne répondrons pas à cette question, qui relève de la science et de ses inhumains experts humains.

Mais nous savons, de douloureuse expérience – d'abord pour nos frères arbres –, que la santé parfaite de cet arbre était d'un autre monde, d'un au delà naturel disparu, après le surnaturel. Monde où le bois de leur chair ne menaçait nullement le béton armé des esprits, mais était sacrifié avec amour et respect pour armer longtemps les montants de façades de terre battue.



Mais dans le nouveau monde qui nous a « construit », toute force naturelle non contrôlée est devenue, par la force des choses humaines les plus inhumaines, une insupportable menace pour notre si ridicule et cynique sécurité d'esprit.

dimanche 10 août 2014

MORALE ET NATURE

Donner une signification morale à des actes naturels est contre-nature : si l'on veut que la Nature se soumette librement à ce qui lui est supérieur, il faut la laisser trouver ses propres équilibres et lui donner envie de trouver et de demeurer dans un ordre qui la dépasse et la transcende pour son plus grand épanouissement, un ordre qui permette les formes les plus belles de perfection relative, reconnues et assumées jusqu'au bout de cette relativité même.