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dimanche 27 mars 2016

FRAGMENTS 5 -- MIRACLE DE LA RÉSISTANCE, INFINITION DE LA « CHOSE » CHRÉTIENNE









On se demande souvent mutuellement ce qu'est l'amour, sans trouver, évidemment, de réponse satisfaisante : belle expérience des limites ! On se demande, pas assez, ou plus du tout, ce qu'est le vrai Christianisme, celui renonçant à la Tolstoï, celui de chrétienté à la Bernanos, ou le désespérément serein à la Kerouac, et de tant d'autres encore, si loin, dans le temps et l'espace spirituels, du fatras baroque prévertien du catholicisme ou du double jeu pragmatiste-puritain du protestantisme. Loin des pouvoirs spirituels – cette contradiction dans les termes.

Bien sûr, on rapproche, on approche en rond, en des temps modernes chaplinesques, Christianisme et autres religions, comme le Bouddhisme (…) – mais il manque le retour aux sources de la quête de vérification ou d'identité ; on s'attarde sur son côté « libertaire », voire sur son prétendu communisme primitif, (…) en en faisant le créateur de l'Histoire, de la Modernité, du Socialisme (alors que le dominant, le scientifique, n'est de toute évidence qu'une fabrication anglo-saxonne autour du XVIIème, pour supprimer positivement les guerres de religion, avant de prendre le pouvoir à son tour en tant que pseudo-religion universelle de droits et profits humains dans un monde perdu pour la vérité). Ou alors, on vante et vend au temple sa charité absolue à travers l'image sainte de son Christ-Homme martyrisé par la très symbolique Rome moderne, désarmé comme un argumentaire mou.

Quoi encore ? Mais tout ça sent le réchauffé, pour ne pas dire l'angélisme philosophique exterminateur de synthèse, enfer pascalien, faiseur de bêtes immondes, religions temporelles décervelantes, écœurantes, tellement éviscérantes de vérité vivante que les sacrilèges sacrifices humains de l'antiquité sont fariboles primitivistes à côté des méthodologiques massacres de masse, dans les brumes épaisses d'un nouveau matin des magiciens de l'Idéologie Progressiste, se répandant comme les vagues glauques d'une nouvelle peste noire sur le monde, avec la douceur feinte et tiède d'une messe toute aussi sombre et ténébreuse, sublime et perfectionniste – bénissant le saint massacre mondialisé du déracinement et de la déforestation humaines accélérés.

Tout ça sonne plutôt faux, à un point tel qu'on sait tous qu'il va falloir tout reconstruire, comme toujours : tout est toujours à refaire tant qu'on n'a compris ni le mythe ni Sisyphe heureux. Ce qui fait la fortune et l'ignoble, mais trébuchante exaltation de certains « entrepreneurs » d'après-guerre culturelle, après, aussi, celle de profiteurs-artistes de tout poil du même nom de sale guerre, de guerre sale – , les pieds léchés de reconnaissance mafieuse, pourvoyeurs bénis d'emplois utiles en ces temps maudits de retour du mal à l'envoyeur. « Thank you Satan », comme aurait dit Ferré du haut de sa vendetta du désespoir.

En ce sens, Gandhi ou Martin Luther King ont ouvert un chemin de croix apparent au scientifique regard qui doute, dont le moins qu'on puisse dire est que peu s'y précipitent, freinés dans leur bel élan par l'aspect – disons « pragmatique » des choses – Entendez l'affrontement essentiellement non-violent que suppose la bonne marche de la vérité – chrétienne ou pas d'ailleurs, conformément à la direction donnée par le Christ, mais aussi par tant d'autres maîtres spirituels convergents ou divergents, qu'importe la face humaine devant ses formes parfaites ?

En attendant, la politique du pire, elle, a de beaux jours devant elle, à mordre les fesses divines de la mystique péguyienne à belles dents, à lui faire un sort philosophique à la Sade, une sorte de sort de faveur en étranglement final, mécanique psychotique, saccadée, de l'horreur filmée, répétant ad nauseam la pathologie monstrueuse des temps. Mais c'est sur sa ruine et son viol collectif, tournant, que l'on reconstruira, sur la révélation que cette ruine, cette destruction même promet et initie à contrario, comme réponse indéterminée exacte, comme à chaque fois, le plus tragique chemin de vérité permettant la plus étonnante éclosion de grâce gratuite, libératrice, absolue : Remember la Résistance ! Celle du génie d'un peuple incroyable de foi sous la botte des Marquis Noirs du nord.

Comment oublier que ce fut, tellement – même si pas seulement – , celui du génie d'un certain Christianisme de souche non officielle ? Première répétition « générale » d'une future réémergence ou renaissance rédemptrice – toute différence des profondeurs confondue dans la vague mouchée mort-née de 68 ? Nous ne le pensons pas : nous le croyons, comme dans un film en noir et blanc de Rossellini ou de Bunuel (Mexico-City Blues), peu importe la face…, puisque, tournée contre terre, nous mourrons avec ça au cœur, au moins ! C'est dans l'épreuve au et du quotidien seulement , sous le regard du monde entier que vient la preuve…, droite hors des bottes de parade ou ferrées à écraser les visages, comme la flèche non empoisonnée du miracle ordinaire d'un peuple martyrisé, décochée par une enfance humaine humiliée invisible, au milieu de haines et d'aboiements golgothesques, grotesques et pitoyables, avec leur sourire en coin défoncé, hollywoodien, non crédible. Moins crédible qu'une annonce de poker menteur, du temps où les dieux étaient des choses, antédiluvien, madame la Modernité venue d'ailleurs.



« En faisant de Jésus le fils de l'homme, le christianisme a imprégné l'humanité de miracle et de charité à un degré inconnu auparavant, lorsque les dieux étaient autre chose que les hommes. (Aussi peut-on affirmer très logiquement, très scientifiquement, que depuis le Christ, la substance de l'histoire a changé.) Désormais, puisque Jésus est AUSSI un homme, les miracles sont accomplis sous une apparence humaine, tous les jours. Avant lui, ils étaient thaumaturgiques, exceptionnels, dramatiques. Après lui, ils sont humains, et par conséquent on ne peut pas les reconnaître.

Le miracle se distingue du fait ordinaire (explicable, produit par des forces naturelles, cosmiques, biologiques, historiques) seulement parce qu'il ne peut pas être distingué. Pour paradoxale qu'elle paraisse, cette définition n'en est pas moins très simple. (…) La forme parfaite de la révélation divine n'est pas reconnaissable ; car la divinité ne se manifeste plus, ne se réalise plus dans le contraste, elle agit au contact de l'humanité, en prise directe.

Ici, l’occurrence change de valeur (…) (Maintenant, elle ne signifie pas quelque chose d'exceptionnel ou d'imprévu, ni de fatal ou de prédestiné, mais tout simplement un « fait », quelque chose qui s'est passé, s'est réalisé.) Si le miracle est méconnaissable – c'est à dire un fait selon toute apparence ordinaire –, tous les faits ordinaires acquièrent une importance maximale, car chacun peut receler une intervention irrationnelle, divine. L’occurrence peut alors devenir le guide de notre existence.

Il y a autre chose, d'encore plus important. L’occurrence signifie une chose réelle, une chose réalisée, et nous orienter vers les occurrences est donc réaliste. (…) C'est une conception antimystique du miracle, car elle délimite très strictement l'expérience religieuse, c'est à dire l'expérimentation du miracle par des voies exceptionnelles.

Dieu ne se laisse plus connaître par la seule voie de l'expérience mystique – une voie grave, obscure, jonchée de tentations et d'obstacles – il se laisse « connaître » surtout par la voie de ce qui n'est pas reconnaissable. Autrement dit, comme il se doit et il en a toujours été : la connaissance quotidienne de Dieu (différente des autres degrés, plus clairs, de la connaissance divine : la contemplation, la mystique, l'extase) est obscure, elle est involontaire, elle est naturelle. »
Mircea Éliade, Océanographie, Du miracle et de l’occurrence.




vendredi 23 octobre 2015

L'ÉTERNEL RETOUR DE CAMUS # 1 L'ÉTRANGER DE VISCONTI









« Je n'ai pris aucune liberté avec l'œuvre de Camus sauf quelques coupures nécessaires dans la transposition de l'écriture à l'image et du style indirect au style direct. [...] Pourquoi trahirais-je une œuvre que j'ai aimée et que j'aime ? La fidélité n'est pas manque de pouvoir créateur. » Lucino Visconti



« L'Étranger » de Camus, sans doute l'un des romans des temps modernes les plus lus au monde. 

Parce que chacun, n'importe où, s'y reconnaît un peu-beaucoup, identifiant obscurément, mais en profondeur cachée, une sorte de sociologie du système qui partout gère nos vies et valeurs. Valeurs auxquelles nous sommes censés adhérer comme à un parti invisible, mais omniprésent.

Auxquelles nous sommes censés croire ou plutôt faire semblant de croire, comme tous ces croyants du dimanche.



Crime, dans ce réquisitoire par l'absurde contre l'absurde du système ou contre un système de l'absurde, si proche par certains côtés implicites, atmosphériques, de celui du « Procès » de Kafka, se résume d'abord et tout entier, au niveau formel de l'Accusation, dans la délinquance « objective » en soi de ne pas faire ouvertement semblant « d'y croire » comme tout le monde ; et surtout avec un naturel si existentiel qu'il en devient presque paradoxalement "innocent" comme un vieil enfant par rapport au mal profond, systémique.



Au vu de la bassesse générale du monde ambiant trempe plus que vit Meursault, son meurtre paraît finalement relativement léger en responsabilité profonde, comme ces efflorescences apparemment absurdes de crimes récurrents  n'obéissant qu'à l'air du temps, en ces périodes éternisées dites troublées, aux repères mouvants, selon les retournements conjoncturels de finalités aussi incertaines que manipulées.



Meursault, lui, est le contraire d'un manipulateur, mais les détails retournés contre lui le désignent comme tel, responsable pour et à la place d'un système qu'il semble ignorer, comme dans un défi qu'il ne pose pas, mais qui finit par le définir par défaut, au cœur du soupçon investigateur de mobiles facteurs. 

Le mal social, sa pathologie patente-latente, sont traités dans une pure logique nominaliste : il faut détruire le symptôme à la source, tuer le messager, le porteur « sain » pestiféré. 

Vision judiciaire clinique, froide comme une cellule de 1984 ou de Brazil. Ce sont les formes qui définissent le fond du jugement à venir. Les manières de vie de l'accusé sont en cause, considérées comme la source du mal, non comme ses conséquences. Il y a inversion de principe du principe humain.



Le crime est défini par son contexte, jamais en soi. Ce n'est pas Meursault qui est jugé, mais son image interdite, réputée repoussante : elle définit le crime, elle ne peut qu'en être l'origine, non le système qui la génère dans une sorte de dégénérescence douce et molle, tiède et fétide, étrange, étrangère à l'humain dans sa vérité vécue. Le système n'est pas responsable, Meursault, lui, est irresponsable dans le mauvais sens.



Quelle est la position de celui qui fait semblant de croire à la validité établie de l'absurde ? Sinon celle d'un système banalisé, se servant de chacun pour réaliser ses basses œuvres quotidiennes ?

Les systèmes des vraies-fausses valeurs qui nous font vivre ou échouer ou refuser, sont des systèmes de systèmes elluliens. 

Nous sommes ses médiateurs incarnés ou désincarnés, volontaires ou involontaires. 

Même celui qui refuse ou échoue, le fait au nom du système, avec -- pour ou contre -- ses valeurs et leur vide de simulacre remplissant notre trop plein "naturel" de vie, sinon où serait l'échec ou le refus ?



A moins que ce refus ne soit d'une autre trempe que celui qui nie ce qui le nie, pour affirmer sa propre négation, finalement conforme défensive, humaine, coupable-innocentée, couverte et recouverte.



Meursault ne croit ni dans l'absurde ni contre lui, il le vit et le subit sans comprendre : qui, d'ailleurs peut la comprendre, cette absurdité du monde ? 

Il n'accorde pas de valeur spéciale à ce monde, tout en en jouissant comme il peut ; ce qui fait qu'il lui donne une relative valeur, une valeur pour le moins modérée,  qui l'engage involontairement, anonymement, infantilement, honnêtement donc, dans un sens.



C'est d'ailleurs dans ce sens que ses amis le défendent du mortel « accident »  involontairement provoqué.

Donc il y croit sans y croire, comme on peut  le faire quand on "sommeille" une vie active, sauf qu'il fait partie de ceux qui n'arrivant pas vraiment à y croire – tout simplement –, et pour qui tout vaut tout, banalement,  légèrement en quelque sorte, depuis la première petite trahison entre soi...



Il ne peut simplement pas croire qu'il y croit, ce qui ne veut absolument pas dire qu'il n'y croie pas, au fond : c'est bien le système qui le fait vivre, qui lui donne son droit humain collectif naturalisé de vivre

C'est un "collabo" détaché, déconnecté, paumé, mais finalement passivement actif. Il y croit à sa façon décalée et indifférente, sceptique, mais indifféremment consensuelle, rattachée, liée, intégrée. 

Camus disait que pour que l'absurde existe, il faut commencer par y croire et que pour le combattre il fallait, inversement, refuser d'y croire, y compris dans sa part belle et avantageuse, tombant au hasard d'un numéro tiré à la roulette – le malheur des uns faisant le bonheur des autres. Un credo crucial en quelque sorte.



On se croit d'abord, dans ce théâtre d'ombres, acteur de sa vie et dans celle des autres, alors que ce sont que quelques uns qui, par les autres, proches ou pas, mais de proche en proche, agissent, réagissent et inter-agissent sur notre vie. Ne pas ou ne pas pouvoir jouer "son rôle" dans ce jeu distribué est bien pire que d'avoir le plus mauvais.



Ça porte malheur, la poisse, apporte le crime et mal tombant du ciel et retombant sur cette mécréance sociale, comme une honte fautive, coupable, impardonnable, normale, "juste". 

La "Justice" ici n'est donc qu'un doublage, une sorte de doublure de situation, traduction sociale, interprétation officielle de la condamnation "logique" de celui qui ne se rend pas à « l'évidence absurde » sécuritaire grégaire, pour reprendre une expression de Daumal. 

La superstition sociale vécue est une des racines du système social.



L'innocent relatif devient absolument coupable dès qu'il "ignore", volontairement ou pas, là n'est pas la question – personne ne peut jamais  savoir le vrai dans l'hyper-complexité partiale du système, avec ses milliers de dispositions quadrillant les cas – puisque tout revient au volontariat passible obligé du crime supposé. La vérité n'existe donc théoriquement pas. 

Dès qu'il ignore, cet innocent étymologique, le code commun liquide et rusé remplace toute vérité, infiniment plus lourd que la loi, qui n'en est que l'expression théorique fondatrice, coulant sa règle d'airain psycho-social dans son moule, comme la rivière sculpte le roc des rives. 

Dans ce cas, l'Accusation suppose et dispose en même temps, d'un seul coup de lame de guillotine.



Meursault est jugé coupable de nihilisme passif d'abord, vis à vis d'un système nihiliste actif : sorte de double négation à la Hegel qui s'affirmerait, dangereusement, comme un au delà personnel, inadmissible, de la loi. Le positivisme de superstition représentative, d'illusion collective, ne s'en relèverait pas.



L'absurde de l’Étranger est d'un absurde d'humour noir qui fait rire très jaune. La somme des pièces apportées au dossier finit par être cruellement nulle, non pas tant pour Meursault, qui n'est malheureusement qu'un produit parmi tant d'autres, relativement irresponsable, absolument coupable, mais pour un système de croyance scientifiquement établi, si on passe sous silence le terrorisme criminel de ses origines. 

Il a été et il sera toujours de bon ton de faire diversion sur le sujet engagé, subtilement, par Camus : il faut égarer le bon intellect moyen par des considérations honnêtement racistes ou politiques, dans tous les cas mystifiantes, idéologiques.

Camus combattait les idéologies, combat rapproché y compris et surtout dans son propre camp, qui lui porta, évidemment, les coups les plus mortels.



La forme littéraire sciemment donnée au roman n'est pas récupérable par analyse : il fallut attaquer l'homme, que voulait être d'abord son auteur.

L'adaptation de Visconti, parfaite s'il en est, ne pouvait que subir l'excommunication morale que vécut Camus : ce chef-d’œuvre, unanimement jugé comme un film "raté", est particulièrement virulent et « efficace » en ce qui concerne le système judiciaire et religieux. 

On ne peut donc que remercier Francine Camus d'avoir obligé le réalisateur à renoncer à un scénario politique qui aurait été d'une infidélité tragi-comique pour la compréhension d'une œuvre dont l'ironie profonde, mais masquée, touche à une perfection aussi douloureuse que le mal absolu qu'elle pointe est indolore.



« Rien de ce qui est humain ne m'est étranger » disait Hugo.  Déclaration qui ferait scandale dans le aujourd'hui : tout a changé : rien de ce qui est humain n'étant plus ni audible ni admissible. 

La différence, ce sacrilège social, est devenue un crime plus odieux qu'un meurtre de droit commun : c'est un crime "raciste" de lèse-pensée unique.



Un meurtrier "standard" minable comme Meursault, dans la négation pure et simple de son inaliénable humanité, opérée par la « vertu » de ses accusateurs, par un contraste absurde renversant, devient presque l'innocente victime d'un monde monstrueusement déshumanisé.



C'est d'ailleurs ce qui ne manque pas d'arriver, de jouer et de se jouer, au grand dam des familles des victimes, que cette absurdité interne retournée, débordant un système hors-sol humain repousse et pousse directement à l'apprentissage conforme de la haine aveugle, comme chez la bête blessée. 

L’Étranger, ce combat non-violent absolu contre l'absurdité hurlante de cette condition-là, si souterraine que jamais consciente, mais parmi les livres les plus lus, donc. Rien n'est jamais perdu à qui n'y croit pas.




mardi 10 mars 2015

L'ÂGE D'OR (PROLOGUE)






L'ÂGE D'OR (Prologue)

 Prologue extrait du commentaire du texte de Clausd : La Technique et l'Humain 5, Domestication.
L'ÂGE D'OR


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« (…) en ce qui concerne l'activité morale, ce progrès dans la connaissance de la loi naturelle qui est l'exemple le plus irrécusable de progrès dans l'histoire de l'humanité. » Jacques Maritain



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L'Âge d'or, vérité humaine éternelle plus essentielle que l'impressionnante réalité passagère de son éclipse destructrice. Il est parfois meilleur d'avoir tort en défendant une cause perdue que d'avoir raison en justifiant le pire dans son minable mérite d'exister.



Sa demande perverse de durer à notre esprit désorienté le temps d'une illusion, partagée comme un virus, à notre esprit malade, n'est ni acceptable ni acceptée.



L'ambition technicienne de nos temps maudits, dans les ravages de ses conséquence sur le vrai « milieu », n'est pas plus envisageable, malgré les puissantes « vertus » de sa « vertu » de

puissance pure, que ne le fut le nazisme, ni que ne le fut jamais toute forme de fascisme – avant que le monde n'entre en guerre sainte laïque contre eux. Ce mal absolu ne peut être combattu que par le la non-violence et la non-collaboration.



Jamais nous ne sacrifierons, nous, derniers mohicans gréco-celtiques chrétiens d'Europe, aucune forme de Sagesse ni à la Technique ni à la Science. Nous, qui savons depuis toujours qu'il n'y a de « magie blanche » que dans la divinité qui habite la Nature. 


 




dimanche 14 décembre 2014

DERNIERS PREMIERS






Dans cette guerre sans fin, nous sommes en paix jusqu'à la fin. Face aux terrorismes des uns et des autres, nous sommes debouts, seuls, impassibles, armés de paix : nous ne nous battons que pour la vérité, le reste est mensonge, leurre, illusion, manipulation, engrenage. La non-violence, celle des premiers chrétiens – parmi d'autres premiers nous pensons, chez nous en Europe, aux stoïciens oubliés, est le seul moyen qui soit la vraie fin. Le refus de la puissance, la seule voie sans sentiment d'impuissance. La voie du Samouraï, là-bas, à l'autre bout du monde, dit aussi que le vrai guerrier n'a pas besoin de se battre. Sereins sont le combat spirituel et l'esprit d'enfance : même la mort est heureuse dans notre Tradition, comme au Japon ancien. Le reste est propagande ordinaire, moderne, vieille comme le vieux monde. Un monde qui a perdu son honneur au jeu du hasard et de la nécessité. Nous sommes les derniers premiers, et c'est tous les jours un beau jour rouge. Les sagesses se rejoignent, non sur les mots, mais sur la chose, le principe et son langage.



lundi 8 décembre 2014

DE NOTRE DAME








De Notre-Dame à Sivens, les écologistes dits « radicaux » sont dans la ligne de mire. Sans que soit définie jamais, évidemment, la nature de cette radicalité, amalgamant donc violence et exigence, violence et conscience, désobéissance civile et révolte violente, les médias sont lâchés contre ce qu'ils assimilent à un « terrorisme écologique » bien connu du renseignement américain depuis les années 70. S'appuyant sur, et en généralisant, pour mieux les condamner à raison a priori, en les isolant et abstrayant des contextes, les actes de violence objectivement inacceptable, gratuits, niant la liberté individuelle de certains, délinquants, criminels ou terroristes... Juste et triste retour des choses de la propagande dans un sens, mais dans un sens seulement.



Puisque le camp le plus hétérogène n'est sûrement pas celui du système, dont les objectifs sont simples, comme tout objectif financier en soi, à vendre. Du côté des zadistes, assimilés désormais à des terroristes standards, les vrais pacifistes, les vrais amants de la Nature ont du souci à se faire d'avoir trop longtemps laissé des extrémistes de tous poils les protéger, un peu comme de l'autre côté, les mafias, légales ou pas, protègent la finance en action. S'il y a un camp qui ne peut grenouiller sans tout perdre, avec les basses mains et les basses œuvres, ce sont bien ceux qui prétendent, parfois avec toute honnêteté et intention voulue, défendre la Nature. Cette chose en voie de disparition galopante qu'on nomme, avec les pincettes voulues : l'environnement, neutralisant bien ainsi, des deux côtés, son essence sacrée et éternelle, pour en faire un objet savant normalisé, calibré. L'objet d'un enjeu politico-financier.



Les stratèges de la guerrilla de zad feraient bien de changer leur fusil à fleur d'épaule, et pas seulement à cause des conséquences, parfois plus que dramatiques de leur manque de conscience morale, et de morale tout court, et de laisser ce cynisme terrorisant aux seules forces chargées de maintenir l'ordre financier.

L'internationalisation par le haut de ces forces répondant à la leur par le bas... Chacun de bien né sait que le haut, en ce qui concerne la bassesse, est invincible. Quand la machine de guerre de sa propagande est lancée, on peut être assuré que beaucoup de morts vont venir couvrir et fabriquer beaucoup de mensonges – jusqu'à plus soif de victoire.



Une sale guerre est en train de naître, et non seulement les zadistes vont la perdre, mais ils vont surtout permettre et provoquer toutes les expérimentations légales, qui pourront ensuite entrer en vigueur partout dans le monde pour très longtemps. Puisqu'il faut quand même pas mal de temps avant qu'une loi soit discréditée, et à refaire autrement. Les légalistes de tout poil bien rasé ne diront pas le contraire, qui pensent, par principe, que toute désobéissance est déjà un acte violent en soi, une violence sociale inacceptable faite à leur déesse de la force nue du plus grand nombre.



Que cette sale guerre, comme toutes les autres, soit activée, en sous-main, des deux côtés, ne peut faire aucun doute. La défense, ici, armée de la Nature est une trahison, une infamie, une abjection morale et même politique. La vraie guerre sainte, celle des saints, se fait en la refusant au niveau de la puissance, comme n'importe quel objecteur de conscience le sait. La sainteté d'une cause, ce mot qui fait peur, n'a jamais rien eu à voir avec la terreur ou la violence, qui prétend ne pas le voir ?



La « guerre sainte » vraie et raisonnable est celle du martyr que l'on subit passionnément sans l'accepter en raison, pas celui que l'on inflige : on ne tue pas pour une cause, on meurt pour elle. Ce qui n'a absolument rien à voir. Mourir pour notre mère Nature est une cause sainte, et même très chrétienne, même si elle ne paraît pas très catholique, bien qu'un pape se soit engagé sur la Création. Gandhi et Luther King l'ont assez montré. Mais n'est pas saint qui veut, et encore moins qui calcule. Le saint, comme le Christ, ne peut être que ridicule et crucifiable, symboliquement, et parfois, réellement. Sa position en tout cas est très claire : toujours du côté des victimes, comme le voulut le révolté athée Camus, dans son sens de l'histoire sainte laïque. Nous ne disons pas victimisation, ce terrorisme à l'envers. Nous parlons de ce qui est, et de celui qui est en voie d'être détruit, sous les meilleures raisons rationnelles du monde, et qui reste debout, comme un arbre, face aux légions de tronçonneuses en marche.



Les nouvelles lois en fabrication découperont aussi bien les trahisons extrémistes offensives et criminelles, les purs anges défenseurs de l'idéale nature éternelle que les bêtes de sincérité brute de nature décoffrée. Celles qui, passant par une Loi Biodiversité, en cours de lecture chez nous, en France, permettront l'introduction de « réserves d'actifs naturels » et « d'obligations de compensations écologiques » sous les lobbyings compétents, créant des « banques d'actif biodiversité » permettant de développer « une compensation par l'offre », appuyée, ici, par la Commission Européenne (…) ; mécanique stratégique de précision qui permettra de poursuivre toujours plus loin l'expansion « constructiviste » mondiale contre la Nature et son royaume peau de chagrin. Il est déjà trop tard pour ne pas se battre : la vérité est une arme de paix. Il faut aussi au système technicien déforester les hommes dans la tête pour atteindre le cœur du bois.