Un combattant pour et de
la vraie culture n'est ni un mercenaire idéologique ni un soldat
fonctionnaire.
Le combat pour la vérité
n'est pas une empoignade guerrière ni un enjeu politique. C'est un
combat qui n'a rien à voir avec la quantité. Il s'appuie sur une
transcendance, pas sur une descendance.
Le combat pour la vérité
n'est pas une guerre civile, c'est un combat spirituel – contre
soi-même d'abord, s'il le faut. La guerre civile est toujours contre
une culture partagée. Ce que la vérité exige que l'on combatte, ce
sont des idées et des valeurs fausses – pas la religion
sécularisée concurrente de la vérité.
Mais j'entends
l'argument : combien de divisions ? Heureusement la qualité
humaine n'a rien à voir avec sa mesure politique. L'important n'est
pas la quantité humaine, mais la vérité qui touche juste, au cœur,
vainc l'angoisse et convainc la criminalité organisée du désespoir.
Le combat n'est pas de ce
que sont les hommes en qualité ou quantité, ou si peu, finalement,
mais de « ce qui est », qui les fait, les pousse, les
grandit, les libère et bonifie, et qui a nom : Culture, non pas
tant officielle et contrôlée, que transmise, vivante, créatrice,
fertile, fiable, juste, lucide, libre et partagée.
Son combat de chaque
instant est une attitude, un geste, une pensée, une écoute, une
attention, une perception, une sagesse, un sentiment, une réalité,
« une grandeur libre » qui n'a nul besoin d'être
mesurée, étant elle-même mesure du monde.
Ce qui est vrai est rare
ou plutôt raréfié, c'est pourquoi il appartient au futur, qui le
re-découvrira bientôt comme les poilus de 14, au milieu de l'enfer,
ont tout compris d'un coup, et pour ceux qui se sont sortis de cet
enfer, l'ont transmis au monde, pour des décennies de résistance
souterraine, un peu comme ces premiers chrétiens... Le combat
continue.

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