Formes
hexagonales que l'on retrouve quelque part dans certains motifs
sacrés ou décoratifs orientaux ou moyen-orientaux au niveaux des
dallages, de céramiques ou de décorations de poteries etc…
permettant une imbrication parfaite et infinie à la fois, dans leur
répétition et juxtapositions. Je me suis toujours demandé comment
et pourquoi ces formes avaient été inventées et peut-être
en donnes-tu une explication possible, passant par l'observation
d'une ruche ? Par ailleurs d'autres animaux construisent des
« alvéoles de vie » géométriques me semble t-il. À ce
niveau de la réflexion, je ne peux m'empêcher de relier
certaines formes traditionnelles artisanales à certains
travaux animaux, comme par exemple le tressage d'un panier et la
structure d'un nid d'oiseau. Je suis en effet particulièrement
intéressé par une sorte d'art ou d'ingénierie communs à l'humain
et à l'animal, sans doute à la suite des réflexions d'un
Kropotkine dans son livre sur l'Entraide. Nous nions trop les liens
techniques et culturels animaux-hommes, ce qui n'est ni scientifique
ni honnête ni respectueux de la réalité dont nous parlons
tant.
Pour
ce qui est de Darwin, en extrapolant, on peut imaginer intuitivement
que ce qu'il a dégagé pour la biologie doit quelque part pouvoir
être validé pour ce qu'on peut globalement nommer une certaine
spiritualité, ce qui aurait le mérite très important d'amener des
questionnements essentiels sur le chamanisme dans son ensemble, par
exemple, puisque ces « liens et extensions » naturels
d'un rayonnement source que tu évoques (…) et qui à tellement
de niveaux semblent tellement évidents, se sont sans doute
diffusés à tous les règnes – donc sans oublier le minéral
ou n'importe quel élément (mémoire de l'eau…).
Nous
serions, à travers la planète elle-même et la matière apparente
et subtile dont elle est constituée et qui nous constitue, comme
l'expression vivante ou stabilisée, enregistrée et « transmutée »,
effectivement, de ce rayonnement dont tu parles avec une justesse qui
me semble difficilement contournable. Je suis d'accord aussi pour lui
trouver un certain sens d'affinage (plus que de purification,
qui suppose un déchet dont je ne vois rien de tel dans la nature) et
de liberté vertueuse (au sens d'orientée dans le sens de ses propre
fins primaires et secondaires). D'accord encore sur la puissance
créatrice de la source de ce rayonnement vital cosmique infiniment
prolongé jusqu'à des maturités qui nous dépassent tout aussi
infiniment. Et qui serait aussi à la source immobile d'un
temps continu au milieu de toutes les discontinuités du devenir.
Il
faudrait donc infiniment plus décloisonner encore (règnes,
classements, subdivisions…) le vivant et le spirituel que nous ne
l'avons fait depuis Darwin pour pouvoir approcher des vérités que
nous ne pouvons qu'imaginer intuitivement sans avoir les outils
pratiques et intellectuels pour les percevoir et les vérifier, et
aussi, pour rejoindre ce que tu dis, pour les fortifier contre ce qui
cherche à les anéantir de la façon la plus aveugle qui soit ;
enfin, oui, construire ou plutôt découvrir une morale interne à
leur véritable hauteur de vie, qui elle-même, tout logiquement,
guiderait aussi une science nouvelle dans un sens convergent,
unitif et finalement créateur retrouvé, sans retrancher rien
aux merveilles de connaissance que le passé de ce rayonnement nous a
déjà transmis, on peut le dire, je crois, de façon héroïque sur
un certain plan humain englobant aussi bien le Christ que Galilée ou
l'art rupestre que l'informatique.
Je
demeure très sensible à l’Évolution cependant et l'angoisse
humaine qui ne peut que lui être liée, avec la perte du
paradis naturel et d'une certaine innocence animale, et il semble que
le bien, défini comme plus haut, effectivement ne peut – dans tous
les cas n'en être que la première et dernière justification du
monde ou du cosmos, même si je n'adhère aucunement aux théories de
réincarnation par exemple, qui introduisent pour le moins des
boucles et des hasards non-liés, selon moi, avec l'esprit
d'ensemble, et qui supposent des psychismes autonomisés d'une
façon absurde alors que le sens est de toute évidence dans et
par les liens naturels. Donc dans et par le sens surtout de cette
évolution, jusque dans ses détails.
Au
niveau naturel ou cosmique, en sens inverse des
transformations du devenir, je ne vois rien qui, au niveau de l'être,
donc de leur loi, doive se répéter en forme de
perfectionnement : le chemin ne rejette rien de ce qui est ou a
été ou sera, il le (re)met à sa place, dans l'ordre même de sa
progression, sans négliger une seule mémoire ou parcelle de vécu
comme « être » moteur. C'est une spirale
ascendante, non un cercle, comme on croyait la terre plate. Et toute
chute ne fait que sanctionner une erreur de départ, si
infinitésimale ou subtile soit-elle. Je ne crois pas aux erreurs
d'arrivée, je
crois à la responsabilité sociale
d'une illusion transmise ou instituée à tort, hors de la réalité
de ce qui dépasse notre ambition humaine et qui même, à vrai dire
ne semble pas même la nécessiter.
Pourquoi la nature ou la nôtre serait-elle mal faite ? Serait-elle
trop morale ou trop tragique
à porter ? L'aristocratique Nietzsche a bien parlé là dessus.
C'est
pourquoi je suis aussi intraitable sur la vraie nature de
cette ÉVOLUTION : non seulement la misère, la peine et le sang
versé et toutes les destructions (…) interdisent, dans un sens,
absolument tout retour en arrière sur l'objectif humain, ou
le vécu consommé dans ce sens, invoqué pour les justifier,
mais l'équilibre psychique et spirituel du monde dans la plénitude
de sa réalité semble en jeu, aussi bien à l'intérieur qu'à
l'extérieur de chaque parcelle ou unité de vie, que dans son
invisible ensemble. Et je n'ai nulle intention de jouer avec ça, ni
pour moi humain pensant ni pour les autres, ni pour la nature qui
nous fait jusqu'à la fin dans un sens relatif.
Il
semble nécessaire, comme tu le suggères, que quelque part, cette
évolution exprime et exige une morale unifiée par delà les
variations différentielles de la Création (je pense à une fugue de
Bach) et que cette morale nouvelle doive être pratiquement
(ré)unifiée à travers une nouvelle alliance entre science
et spiritualité, laissant les outils archaïques des anciennes
approches être « transformés », intrinsèquement et
respectivement intacts en tant que pièces d'origines du
puzzle, quand à leurs vérités premières, en formes plus
évoluées, mais demeurées fidèles à leur sens impulsé
dans l'énergie de leur instinct créateur, évoluant vers une
intelligence plus approfondie en science et conscience réunies, même
si cette sorte de Révélation ne semble plus pouvoir se faire que
dans le plus grand chaos et la plus grande souffrance, inévitables
prix à payer, malheureusement.
Peut-être
d'ailleurs est-ce là l'une des preuves absolues que nous ne pouvons
jamais ni nulle part nier quelque parcelle que ce soit du
monde ou du cosmos, le chaos induit n'étant qu'un retour automatique
de manivelle obligeant à une rectification de la dérive de
la navette intellectuelle ou sensible. Ce qui veut dire que la
coopération ne peut jamais être que totale ou en tout cas la plus
rapprochée possible avec le monde, l'autre, humain, animal,
minéral ou sidéral, donc en fait avec la source, rationalisée
ou transcendée.
Je
ne crois plus que quelque désordre que ce soit puisse
demeurer maintenant acceptable dans la tête d'un enfant :
il faut tout refaire, comme quand une pièce de bois est complètement
ratée. Stratégique et immobile est la chose ou la loi
indéfinissable et pourtant si douloureusement réelle et pratique, à
partir de laquelle opérer, œuvrer, travailler, faire, vivre, parler
et mourir. La liberté n'est effectivement pas une déviation ni une
perversion, UN ARBITRAIRE, c'est une destination, but conforme
au principe qui nous fait vivre et être. Mais elle n'est pas, ne
peut jamais être plus que le jeu naturel d'une pièce
à sa place, que la barbarie universelle est en voie de fausser dans un délire libéré de sa loge. Il
y a là la leçon d'une mesure
absolue et relative à la fois, croisée
aux intersections des dimensions, au cœur de nos valeurs
universelles données
non par la logique, mais par la nature, une nature libre, elle aussi
de son jeu, elle qui ne joue pas tout en se jouant de tout.
Peut-être
la paix véritable n'est-elle qu'au bout de la leçon de guerre la
plus cruelle et sacrificielle : l'ordre peut-il souffrir, comme en
mathématiques, la moindre erreur, pour demeurer relativement
possible ? Vu dans ce sens, l'attente et l'entente du
possible semblent bien ne dépendre, au départ comme à l'arrivée,
que de ce qui demeure et est absolument. C'est une balance de forces.
Un respect. Un ordre sans pouvoir ni désir extérieurs, qui
est aussi et encore, selon le mot de Giono, « grandeur
libre », comme l'est celle de n'importe quel astre
humain, animal, minéral ou sidéral, ce qui
ramène un peu, concrètement
à la lumière des
anges de nature et d'esprit tels qu'une poésie
de l'être, du faire et d'une science véritables
pourrait défendre sans
violence d'aucune sorte, vérité incarnée rêvée
– y compris technique ou technicienne.

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