« Quand nous sommes blessés, nous allons à notre mère et nous efforçons d'étendre la blessure contre elle pour la guérir. Les animaux font de même, ils couchent leurs blessures sur la terre. Quand nous chassons, ce n'est pas l'arc ni la flèche qui tue l'élan. C'est la nature qui le tue. La flèche se plante dans son flanc et, comme tout être vivant, l'élan va à notre mère la terre pour être guéri. Il veut appliquer sa blessure contre la terre et fait ainsi pénétrer la flèche plus profondément. » Bedagi ou Big Thunder, vers 1900, de la nation des Wabanakis, tribu disparue vivant près de la rivière Kennebec
***
Cher
R.,
D'accord
avec « le consubstantiel et l'affectif » de la
nature et non d'un environnement extérieur dont nous serions
l'anthropocentre de pilotage naufragé. Nous sommes exactement
dans la position que nous attribuons à une nature "imparfaite
et limitée" : dans sa destruction, et ce faisant, nous ne
faisons que projeter notre rage de finitude et d'impuissance.
Ce
texte sur la finance oblige à une douloureuse lucidité : la
corruption atteinte est sans commune mesure avec ce que nous
prenions, leurrés, pour le mal absolu. Elle dépasse
infiniment le fascisme en lourdeur pathologique, en profondeur
de corruption et de destruction. Douloureux constat donc que de voir
que les nazis eux-mêmes respectaient encore la nature et n'étaient pas
allés aussi loin dans la négation ! Le modernisme, c'est à
dire l'argent, nous leurre comme des enfants sur ses intentions
cachées, y compris à lui-même.
Seule
la perte de la nature est perte de sens et donc d'espoir, celle de
Dieu ne semblant, dans ce sens, que celle de son expression
sociale, temporelle. La religion finalement, cherchant aussi, trop
souvent, une domination parfois plus primaire que la force
brute d'une nature unie. Sans la nature, le spirituel fait office et effet de
positivisme à l'envers,
signe pathologique de la
désunion humaine.
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