Nul n'ignore
théoriquement la loi, mais plus personne, hormis en logique
– mais peut-on parler de foi, à ce niveau si neutralisé,
voire annihilé ? – ne parvient plus à y croire.
Si la loi n'est plus qu'une contrainte aveugle, au lieu d'un
accord profond et élevé à la fois, alors le manque de
respect viral se répandra jusqu'à la rupture généralisée
des canalisations. Moment où l'on se rendra, trop tard
pour dormir encore, compte que ces canalisations n'étaient
pas constructions théoriques, mais comme un mystère qui nous
dépasse infiniment dans ses éternelles fertilisations.
Et que ne plus croire en
ce mystère ni en cet infini, c'est ne plus croire en rien,
dans ce nihilisme constructiviste, maintenant à la racine des
maux rhizomés qui nous réveillent et nous lèvent,
que nous combattrons jusqu'au bout.
Nous placions, en France,
tellement d'espoir dans l'Esprit de Résistance, refondateur
de vraies valeurs, progressivement trahi, dès la
Libération, pour et par des raisons utilitaristes, qu'il
ne pouvait que renaître plus
fort, à la
première déclaration de guerre jetée à la
figure de son peuple. Nous n'accepterons jamais ni
l'enclume fasciste maquillée en « islamisme » qui
nous tombe du ciel,
ni le marteau jacobin-laïcard techniciste qui
cherche, sournoisement et
cyniquement, depuis 89-68,
à nous détremper
sur une
masse de pesanteur
théocratique inerte, ou une autre.
On
ne tuera pas une seconde fois l'Esprit des Camus, Giono,
Weil, Mounier, Ellul et de tous
les autres « justes » anonymes, si
exemplaires pour l'élite survivante à « la
guerre de trente ans » de 1914-2014,
soulevée "net" au cœur, et qui pense, encore, sans Descartes, avec autre
chose qu'un cerveau castré de « veau »
sous la mère.

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