« On
peut très bien être humaniste et savoir compter. » Cela va de
soi, ami social libéral : comme si l'humanisme
interdisait de compter ! Un homme est un homme quand 2 et 2 font
4, même si ils font parfois 3, comme le disait Dostoïevski, je
crois...
Comme si là
résidait le sens du proverbe : Quand on aime on ne compte
pas. Ce qu'exprime ce dicton,
c'est la mise au second plan de la comptabilité ordinaire devant
plus grande valeur
qu'elle. Valeur
sans prix, donc
incompatible avec le calcul pratique, utilitaire,
qui doit rester bien à sa place : au niveau matériel. Et
surtout pas se mêler de donner des leçons de vie au sens
même de la vie.
Puisque
ici, comme partout ailleurs, n'en déplaise aux niveleurs
de tous poils, il y a un haut et un bas,
une « hiérarchie », Mesdames,
ce mot tabou
du cul par dessus la tête, que
respecte même la bête la plus sauvage.
Par
contre, que la comptabilité pure
et dure, interdise
presque toujours, elle,
l'humanité la plus élémentaire, est un fait malheureusement trop
accepté, une sorte de fatalité culturelle
– un peu trop, à notre goût français de souche
spirituelle, en
demande de naturalisation et de
reconnaissance, ces temps maudits-ci.
Que la comptabilité, cette
quasi-pseudo-science humaine, revendique un domaine
réservé, pourquoi pas, après
tout ? La pègre a bien le sien. Il faut de tout pour faire un
monde des plus vieux métiers.
Et
cet interdit tacite,
dans sa logique interne, interdit bien d'interdire tout ce qui n'est
pas comptable, renversant ou plutôt inversant l'interdiction
catholique ancienne concernant
l'argent, et notamment l'esprit d'usure et de profit,
la retournant en jouissance absolue, légitime et morale à
défouler en masturbation
éthique-intellectuelle, progressiste moderne,
humaniste intéressée.
Le
meilleur humanisme est celui qui rapporte le plus d'argent, de
chiffre d'affaire. De l'égoïsme rationnel randien
à tous les business de charité associés.
Un humanisme rationnel, c'est à dire rentable et profitable, le plus partagé possible, mais au sens de virus, comme on partage non un bien, mais un mal, non une vraie richesse, mais une réelle misère, absence de richesse à soulager par une consommation compulsive imposée par le bon vieux sens des affaires volant au secours de besoins non satisfaits. Un humanisme de marché. On nous fait marcher. Sur la tête.
Un humanisme rationnel, c'est à dire rentable et profitable, le plus partagé possible, mais au sens de virus, comme on partage non un bien, mais un mal, non une vraie richesse, mais une réelle misère, absence de richesse à soulager par une consommation compulsive imposée par le bon vieux sens des affaires volant au secours de besoins non satisfaits. Un humanisme de marché. On nous fait marcher. Sur la tête.
Le
problème de fond est évidemment celui de la compatibilité de la
comptabilité, – ce
scientisme économique moderne,
et de ses visées hégémoniques, libérées par une
récente et agressive autonomisation sauvage,
– avec
les traditionnelles
valeurs supérieures.
On
hésite d'ailleurs à bien discerner si c'est ce qui lui est
supérieur, que la
comptabilité chiffrée
combat, ou si c'est tout simplement le sens universel de
l'humanité, au plan pratique,
même si, évidemment, les deux choses se rejoignent : non
seulement les anges ont un sexe, mais ils ont aussi une bouche à
nourrir, comme tout un monde
démocrate en concurrence vitale.
Nous
sentons obscurément, derrière les
sophismes et syllogismes du
Plan Comptable à la
mode américaine, qui nous envahissent jour après jour, par
vagues massives de propagande contrôlées,
qu'il s'agit d'abord d'une attaque de plus en plus frontale contre le sens universel de la vérité,
méthodiquement saboté
et terrorisé par la violence
sournoise des réalités les plus brutales, projetées sur le théâtre des opérations chiffrées, les plus éloignées du
noyau transcendantal de
la civilisation universelle des humains.
De
leurs qualités les plus précieuses, les plus fertiles, les plus
enrichissantes. Le
voyou blanchi par la manipulations experte des colonnes de
quantification bien alignées,
ferait la loi morale et le droit civique, en pure fonction
armée du chiffre. La
loi du chiffre, comme il y a une loi de la rue ou
de la jungle, contre celle de l'Entraide Kropotkinienne, répondant
le plus naturellement du monde à la darwinienne sociale au pouvoir.
On
pense à Capone dans le film Les Incorruptibles, batte de base-ball sous le
bras, « narquois » en smoking,
à son goût de l'opéra et des formules médiatiques, à son
démocratisme maffieux,
à sa haine des minables et des « ramasse-merde » :
ceux qui n'ont pas sa morale utilitariste absolue sur
le coeur, et encore moins
l'expertise de sa
pratique criminelle royale éclairée
de rancœur réaliste
politique et spectaculaire.
Imaginons-le
un instant déguisé
en économiste à la mode : vous aurez à peu prés une idée de
ce qui arrive en continu, à tir tendu, sur nos
gauloises têtes depuis peu,
3 ou 4 décennies, dans notre bonne vieille Europe.
Évidemment tous n'ont pas l'écœurant panache du Capone du film, son aura fascisante et fascinante, ses mimiques à vomir, pures et péremptoires. Alors, restent, mécaniquement, les mots d'ordre martelés à la batte baratin, la propagande des « spécialistes » diplômés ou entrepreneuriaux, vent-debout contre l'État-providence des Rois Fainéants.
Évidemment tous n'ont pas l'écœurant panache du Capone du film, son aura fascisante et fascinante, ses mimiques à vomir, pures et péremptoires. Alors, restent, mécaniquement, les mots d'ordre martelés à la batte baratin, la propagande des « spécialistes » diplômés ou entrepreneuriaux, vent-debout contre l'État-providence des Rois Fainéants.
Vive
la République du Dieu Dollar, sa
Démocratie Commerciale et ses Pratiques Comptables Échangistes.
A bas l'amour humain, vive l'amour libre. Comme
disait Orwell : « La liberté, c'est
l'esclavage ! » Sans
oublier ce qui nous attend,
au dessus de la tête basse, comme un bonnet d'âne, inscrit à l'entrée du camp, en avertissement anachronique
universel : « Le travail rend libre. »
Demain sera soft
à Buckenwald, amis hexagonaux internés dans leurs têtes.
Que
restera t-il en fin de compte ?
Le civisme productif contre l'humanisme
transcendantal.
La participation contre le partage, le droit contre l'obligation morale, l'impôt et la taxe contre le principe, le droit payant contre le droit naturel d'avoir une culture partagée, le droit de consommer contre la liberté d'aimer ou de créer, le droit humain contre la conscience, le droit des affaires contre le droit au travail (ou au logement), inscrits dans la constitution française de De Gaulle (honneur unique au monde, même si jamais appliqué).
La participation contre le partage, le droit contre l'obligation morale, l'impôt et la taxe contre le principe, le droit payant contre le droit naturel d'avoir une culture partagée, le droit de consommer contre la liberté d'aimer ou de créer, le droit humain contre la conscience, le droit des affaires contre le droit au travail (ou au logement), inscrits dans la constitution française de De Gaulle (honneur unique au monde, même si jamais appliqué).
Que
reste t-il de la culture amérindienne en Amérique ? Une
industrie du tourisme, notre
avenir français tracé,
partagé avec les peuples premiers d'Europe
et du monde, bien conforme au Plan Comptable Mondial ET aux Droits de
l'Homme Libre.
Ce monde qui fabrique et interchange tous les autres. Libre d'humanité espagnole, d'humanitas perdidas, comme d'honneur. Monde statistique pourcenté, déjà acté au pays des Dieux penchés sur l'humanisme nouveau, doigt levé...
Ce monde qui fabrique et interchange tous les autres. Libre d'humanité espagnole, d'humanitas perdidas, comme d'honneur. Monde statistique pourcenté, déjà acté au pays des Dieux penchés sur l'humanisme nouveau, doigt levé...

Franck Lepage a fait remarquer à ce propos que le mot « hiérarchie », autrefois symbole de la culture d’entreprise, est devenu totalement absent des actuels manuels de management. L’égalité est bien l’ultime piège dans lequel finiront de croupir les « derniers hommes ».
RépondreSupprimerEn réponse : voir l'article "Le nouvel arbitraire" du 11/01/15.
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